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Sommaire
Récit
Iceland n’est pas l’Islande. C’est une chaîne de supermarchés britannique, spécialiste du surgelé, qui raconte ses pires erreurs, dirigeants nommés et chiffres à l’appui, dans une section de son site officiel baptisée « The Dark Ages » (« les âges sombres »). Depuis lundi 18 août, le forum américain Hacker News exhume ces pages toujours en ligne, dont une intitulée « Beware management consultants », méfiez-vous des consultants en management.
En bref
- Le distributeur britannique Iceland raconte ses années noires 2001-2005 sur son site officiel, section « The Dark Ages ».
- Il y détaille 120 M£ de pertes après 145 M£ d’exceptionnels, six mois après un profit semestriel de 32 M£.
- Une page entière vise les cabinets de conseil à travers une fable de rameurs.
- Pas d’équivalent français documenté ; le Sénat chiffrait le conseil de l’État à plus d’un milliard d’euros en 2021.
Une autopsie signée de l’intérieur
Tout commence en 2000, raconte la section « The Dark Ages », quand Iceland rachète le grossiste Booker. Stuart Rose, patron de Booker, devait diriger l’ensemble ; il part presque aussitôt. Dans ce vide s’installe début 2001 un nouveau directeur général, Bill Grimsey, venu du bricoleur Wickes avec son directeur financier Bill Hoskins.
En quelques semaines, les deux hommes « affirment avoir identifié des problèmes massifs » (« claimed to have identified massive problems », écrit le site). Suivent 120 millions de livres de pertes, après 145 millions de charges exceptionnelles, alors que le groupe venait d’afficher 32 millions de profit sur les six premiers mois de l’exercice. Additionnez les deux chiffres publiés par l’enseigne : 152 millions de livres de retournement au sein du même exercice. Le fondateur Malcolm Walker et les cadres historiques sont poussés vers la sortie.
Quatre ans de chute, chiffres en main
Rebaptisée The Big Food Group en 2002, l’entreprise déroule ce que le site moque comme la saga du « plan de redressement à un, deux, trois, quatre, cinq ans » (« The one, two, three, four, five year recovery plan »). Les clients partent, les profits ne tiennent que par la reprise de provisions passées en 2001 puis jugées « non nécessaires » (« not needed »). En février 2005, les actionnaires vendent en ne récupérant « qu’une fraction de la valeur » connue en Bourse.
Le récit devient alors inventaire. L’équipe fondatrice, rappelée aux commandes, décrit une entreprise « en crise » : ventes à moins 10 % sur un an, en baisse chaque année depuis 2001 ; siège passé de 800 à 1 400 salariés, soit 75 % d’effectifs en plus pendant que les magasins se vidaient ; 16 millions de livres versés en quatre ans à des consultants externes. Dès 2006, les ventes comparables repartent de 20 %, ce qui fait d’Iceland, selon son propre site, le distributeur alimentaire à la croissance la plus rapide du pays.
| Repère (source Iceland) | Chiffre |
|---|---|
| Profit, premier semestre 2001 | +32 M£ |
| Perte annoncée (145 M£ d’exceptionnels) | −120 M£ |
| Ventes 2005, un an glissant | −10 % |
| Siège, 2001-2005 | de 800 à 1 400 salariés |
| Consultants externes, 2001-2005 | 16 M£ |
| Ventes comparables, exercice 2006 | +20 % |
La fable des rameurs
La page « Beware management consultants » ne cite ni cabinet ni facture. Elle raconte une fable d’aviron : l’équipe verte aligne « 7 rameurs et 1 capitaine », la rouge « 7 capitaines et 1 rameur ». Battue, l’équipe rouge embauche un cabinet de conseil, qui conclut que le problème vient du ratio capitaines-rameurs. La voilà réorganisée en 4 capitaines, 2 managers et 1 directeur senior, « avec une ligne pointillée vers le rameur » (« with a dotted line to the rower »).

L’année suivante, l’équipe verte gagne « avec deux milles d’avance ». La direction rouge licencie le rameur pour « performance insatisfaisante », verse un bonus aux capitaines, commande un nouveau bateau et, pour finir, « externalise l’aviron en Inde » (« outsourced the rowing to India »). Le même menu aligne « It just isn’t fair » (« ce n’est tout simplement pas juste ») et « The Chief Executive’s handbook », le manuel du directeur général. L’auteur a des comptes à régler, et il les règle en public.
Et côté France ?
Reste la question qui fâche : quelle entreprise française ose la même chose ? À notre connaissance, après recherche, aucune : nous n’avons pas trouvé d’équivalent documenté d’un groupe français racontant ainsi ses années noires, dirigeants nommés et pertes détaillées, sur son propre site officiel. L’autocritique passe chez nous par d’autres canaux : rapports parlementaires, livres d’anciens dirigeants, presse économique.
Le débat sur les consultants, lui, a eu son moment français. En mars 2022, la commission d’enquête du Sénat publiait un rapport au titre peu diplomatique, « Un phénomène tentaculaire » : les dépenses de conseil de l’État ont dépassé le milliard d’euros en 2021, plus que doublées pendant le quinquennat. Autre échelle, autre acteur, aucun amalgame : un État n’est pas un vendeur de surgelés. Mais la morale de la fable voyage sans passeport, comme les questions de transparence en rayon : sur le fil Hacker News qui a exhumé la page (plus de 500 points), les récits de réorganisations vécues s’empilent par dizaines. Sept capitaines pour un rameur : chacun, visiblement, a déjà ramé sur ce bateau.
Questions courantes
Iceland, l’enseigne, a-t-elle un lien avec l’Islande ?
Non. Iceland Foods est un distributeur britannique de surgelés ; le nom est une marque, sans rapport avec le pays.
Que contient la section « The Dark Ages » ?
Le récit année par année de 2001-2005 : pertes, plan de redressement moqué, rachat de 2005, retour de l’équipe fondatrice.
Qui est Malcolm Walker ?
Le dirigeant historique d’Iceland Foods, écarté en 2001, revenu en 2005 pour mener le redressement décrit sur le site.
Une entreprise française publie-t-elle un récit comparable ?
Pas à notre connaissance : après recherche, aucun groupe français ne raconte ses pires années sur son site officiel avec ce niveau de détail chiffré.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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