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Sommaire
Questions-réponses
L’objet ressemble à une étoile géante, sauf qu’aucune étoile connue ne peut produire autant d’énergie. Le 12 août 2026, Nature a publié l’analyse d’une source cataloguée MoM-BH*-1 : une enveloppe d’hydrogène extrêmement dense, chauffée de l’intérieur par un trou noir. Avant les chiffres astronomiques, une image à votre échelle. La lumière du Soleil met huit minutes à vous atteindre. Pour traverser la colonne de gaz dense de 40 unités astronomiques que décrit l’étude, il lui faudrait environ 5 h 30, d’après nos calculs.
Qu’est-ce que Webb a vu au juste ?Comment un trou noir peut-il ressembler à une étoile ?À quelle époque se trouve cet objet ?Comment est-on sûr que ce n’est pas une étoile ?Pourquoi apparaît-il rouge ?Qu’est-ce que ça change à ce qu’on croyait savoir ?
Qu’est-ce que Webb a vu au juste ?
Une source repérée par le télescope James Webb dans le relevé « Mirage or Miracle », d’où son nom de catalogue MoM-BH*-1. L’équipe menée par Rohan Naidu (MIT) en décrit le spectre dans l’étude parue dans Nature : « parmi les plus grandes cassures de Balmer de l’hydrogène rapportées à quelque décalage vers le rouge que ce soit », une raie Hβ large et à plusieurs pics, et de l’hydrogène vu en absorption sur plusieurs transitions. En clair, cette lumière a traversé une épaisseur d’hydrogène qu’aucune étoile connue ne reproduit.
Comment un trou noir peut-il ressembler à une étoile ?
Les auteurs ne modélisent pas une étoile mais « un gaz extrêmement dense et turbulent formant une enveloppe sans poussière autour d’un trou noir supermassif ». Ce gaz atteint 1011 particules par centimètre cube, s’agite à 500 km/s et s’étend sur 10 à 100 unités astronomiques. L’ensemble prend l’allure d’une boule de gaz aussi large que notre système solaire, chauffée par son cœur au lieu de brûler son propre hydrogène. Rohan Naidu le résume dans le communiqué du MIT : « Nous pensons qu’il y a au centre un trou noir 100 000 fois plus massif que le Soleil. »

À quelle époque se trouve cet objet ?
Il se montre tel qu’il était 660 millions d’années après le Big Bang, à un décalage vers le rouge de z = 7,7569, mesuré sur les raies du spectre et non déduit d’une couleur. Cette période, que les astronomes appellent l’aube cosmique, est déjà bien fréquentée. Ce qui distingue MoM-BH*-1 n’est pas son ancienneté, c’est sa nature.
Série AAP
Nous suivions déjà cette fenêtre cosmique : le 9 juillet, AAP racontait comment Euclid avait repéré deux quasars à 670 millions d’années du Big Bang. Même époque, autre télescope, autre objet : le quasar se donnait à voir à nu, celui-ci se cache dans son gaz.
Comment est-on sûr que ce n’est pas une étoile ?
Par les mesures, une à une. La cassure de Balmer atteint une force de 7,7, un niveau que les auteurs situent parmi les plus élevés jamais rapportés. La raie Hβ, elle, s’étale sur 3 036 km/s de largeur à mi-hauteur : nous avons converti cette valeur en fraction de la vitesse de la lumière, elle en représente environ 1 %. Un gaz qui bouge aussi vite n’est pas l’atmosphère d’une étoile. Le MIT le dit à sa manière : l’objet rayonne « 100 milliards de fois plus d’énergie qu’aucune étoile connue ne peut physiquement en produire ».
Les mesures publiées tiennent en quelques lignes.
| Mesure | Valeur publiée |
|---|---|
| Époque observée | 660 millions d’années après le Big Bang |
| Décalage vers le rouge | z = 7,7569 (spectroscopique) |
| Cassure de Balmer | force de 7,7 |
| Largeur de la raie Hβ | 3 036 km/s à mi-hauteur |
| Densité du gaz de l’enveloppe | 1011 particules par cm3 |
| Étendue de l’enveloppe | 10 à 100 unités astronomiques |
Pourquoi apparaît-il rouge ?
Pas à cause de la poussière, contrairement au réflexe habituel devant un objet rougi. Le modèle publié décrit une enveloppe dépourvue de poussière, et le co-auteur Robert Simcoe attribue la couleur à « un écran d’hydrogène extrêmement dense ». La reprise anglophone du communiqué retient la même image, celle d’un cocon d’hydrogène de la taille du système solaire. L’enjeu dépasse cet objet : Webb voit dans l’univers jeune une foule de « petits points rouges » qui, selon le MIT, disparaissent presque complètement dans l’univers d’aujourd’hui.
Qu’est-ce que ça change à ce qu’on croyait savoir ?
Deux choses. Un mécanisme d’abord : l’étude avance que la source « pourrait apporter la preuve d’un trou noir précoce enfoui dans du gaz dense, une configuration théorique proposée pour faire grossir rapidement les trous noirs par accrétion super-Eddington ». C’est une piste pour comprendre comment des trous noirs d’un milliard de masses solaires existent déjà dans les 700 premiers millions d’années, une énigme que d’autres modèles de trous noirs abordent autrement. Un chiffre ensuite. Le papier Nature du 12 août 2026 modélise un trou noir de 1 à 10 millions de masses solaires, quand le communiqué du MIT du même jour parle de 100 000 masses solaires : d’après nos calculs, les deux valeurs qui circulent sur MoM-BH*-1 diffèrent d’un facteur 10 à 100. La première sort du modèle publié, la seconde d’une citation d’auteur. Le MIT annonce « un type entièrement nouveau de source astrophysique » ; l’étude, plus prudente, s’en tient à une source aux propriétés singulières.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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