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Panorama
La grêle a coûté 2,2 milliards d’euros aux assureurs français en 2025. C’est le premier poste de la facture climatique de l’année, devant la sécheresse et son milliard. Les orages qui ont traversé plusieurs régions les 10 et 11 août 2026 remettent ce chiffre au présent. Reste la question que les dépêches météo ne posent jamais : combien cela fait par commune, et qui paie vraiment.
En bref
- Les sinistres climatiques ont coûté 5,2 milliards d’euros en France en 2025, contre 3,9 milliards en 2024, soit 1,3 milliard de plus en un an.
- La grêle pèse 2,2 milliards à elle seule, soit 42 % du total, et ses épisodes ont touché deux tiers des communes françaises.
- Calcul Actu Alt Plus : rapportés aux 34 875 communes du pays, ces 2,2 milliards font environ 94 600 euros par commune touchée.
- Calcul Actu Alt Plus : la facture climatique annuelle par commune française passe de 45 900 euros sur 1982-1989 à 149 100 euros en 2025.
- La grêle ne relève pas du régime des catastrophes naturelles. La surprime passée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025 ne la finance pas.
5,2 milliards en 2025, sans catastrophe majeure
L’année 2025 n’a pas connu d’événement extrême isolé en France. Elle coûte pourtant 5,2 milliards d’euros aux assureurs contre 3,9 milliards l’année précédente, selon le bilan France Assureurs publié le 25 mars 2026. La hausse tient en un chiffre : 1,3 milliard d’euros de plus en douze mois, soit un tiers. La veille spécialisée range l’exercice au 9e rang depuis 1982, année de création du régime des catastrophes naturelles. Deux périls font l’essentiel de l’addition : la grêle pour 2,2 milliards, la sécheresse pour 1 milliard. Les moyennes annuelles donnent la pente sur quarante ans : 1,6 milliard d’euros par an sur 1982-1989, 2,7 milliards sur 1990-2009, 3,9 milliards sur 2010-2019, niveau que 2024 atteignait encore. « Les catastrophes climatiques, ce n’est pas le risque de demain, c’est la réalité d’aujourd’hui », résume Florence Lustman, présidente de France Assureurs.
Des milliards ne disent rien à un budget de ménage. Nous les avons donc divisés par le nombre de communes que compte le pays, seul dénominateur que chacun peut situer sur une carte.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Lecture : une commune française « pèse » en moyenne 149 100 euros d’indemnisations climatiques en 2025, contre 45 900 euros par an dans les années 1980. Le détail période par période tient dans le tableau ci-dessous, avec les deux dénominateurs utilisés.
| Période | Coût annuel pour les assureurs | Ramené à la commune |
|---|---|---|
| 1982-1989 | 1,6 milliard d’euros | 45 900 € par commune et par an |
| 1990-2009 | 2,7 milliards d’euros | 77 400 € par commune et par an |
| 2010-2019 | 3,9 milliards d’euros | 111 800 € par commune et par an |
| 2024 | 3,9 milliards d’euros | 111 800 € par commune |
| 2025 | 5,2 milliards d’euros | 149 100 € par commune |
| dont grêle 2025 | 2,2 milliards d’euros | 94 600 € par commune touchée (23 250 communes) |
Les moyennes 1982-2019 sont publiées en euros constants par la source, les montants 2024 et 2025 en euros courants : la comparaison indique un ordre de grandeur, pas une évolution au centime.
Notre calcul : 94 600 euros de grêle par commune touchée
Le calcul tient en trois opérations et n’existe dans aucune des sources. La France comptait 34 875 communes au 1er janvier 2026, un total stable puisque la loi interdit d’en créer l’année précédant des élections municipales. Les épisodes de grêle de 2025 ont touché deux tiers d’entre elles, soit 23 250 communes. Les 2,2 milliards d’euros de dégâts divisés par ces 23 250 communes donnent 94 623 euros, arrondis à 94 600 euros. Nous croisons le bilan France Assureurs et le décompte officiel des communes : la grêle a coûté en moyenne 94 600 euros par commune touchée en France en 2025. Le même croisement sur l’ensemble des périls donne 149 100 euros par commune française, contre 111 800 euros en 2024.
Deux précautions accompagnent ce chiffre. C’est une moyenne, et la grêle ne se répartit pas également : un couloir d’orage peut concentrer plusieurs millions d’euros sur trois communes viticoles quand la commune voisine ne déclare rien. Ensuite, il s’agit de sinistres assurés, donc du coût vu par les assureurs, pas du coût social complet d’un épisode.

La grêle n’est pas une catastrophe naturelle au sens de la loi
Voilà le point que la confusion générale masque. Le régime des catastrophes naturelles ne couvre pas la grêle. D’après le périmètre officiel du régime, celui-ci s’applique aux inondations et coulées de boue, à la submersion marine, à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux, aux mouvements de terrain, aux avalanches, aux séismes, aux éruptions volcaniques et aux cyclones dépassant 145 km/h en vent moyen ou 215 km/h en rafales. Sont explicitement exclus : les incendies de forêt, les tempêtes sous ces seuils, le poids de la neige et la grêle. Ces événements relèvent des garanties du contrat lui-même, pas de la solidarité nationale.
La conséquence est directe sur la ligne que vous payez. La surprime catastrophes naturelles, prélevée sur tous les contrats, est passée de 12 % à 20 % sur les contrats de biens et de 6 % à 9 % sur les contrats auto au 1er janvier 2025. Cette hausse alimente le régime cat-nat, donc l’inondation et la sécheresse : elle ne couvre pas le premier poste de la facture 2025. Le coût de la grêle remonte ailleurs, par la tarification des garanties tempête, grêle et neige de la multirisque habitation et par celles des contrats auto.
Ce que ça change sur votre contrat
Trois vérifications se font en dix minutes, papiers en main. La première porte sur la présence effective de la garantie tempête, grêle et neige dans le contrat habitation, et sur les biens qu’elle exclut : abris de jardin, vérandas, panneaux photovoltaïques et clôtures figurent souvent parmi les exclusions ou les plafonds spécifiques. La deuxième porte sur la franchise appliquée à cette garantie, qui n’est pas la franchise légale du régime cat-nat et varie d’un assureur à l’autre. La troisième porte sur le véhicule : un impact de grêle sur une carrosserie relève des garanties du contrat auto, pas de la responsabilité civile obligatoire.
Le délai de déclaration obéit à la même logique à deux vitesses. Pour un événement reconnu catastrophe naturelle, la déclaration se fait dans les trente jours suivant la publication de l’arrêté au Journal officiel. Pour la grêle, aucun arrêté n’ouvre de compteur : le délai est celui écrit dans votre contrat, et il est généralement plus court. Photographier les dégâts avant tout déblaiement reste le réflexe le plus utile, la preuve étant à la charge de l’assuré.
Les orages du 10 et 11 août, et la suite
Les 10 et 11 août 2026, de violents orages ont frappé plusieurs régions françaises : inondations, arbres arrachés, un incendie. Le bilan assurantiel de ces journées ne sera pas connu avant des mois, et il faudra le rapporter aux communes concernées pour savoir s’il pèse plus ou moins que les 94 600 euros de moyenne 2025.
AAP mesurait déjà, département par département, la courbe de l’eau en France : nous suivons désormais la même facture climatique par son autre bout, celui de l’assurance. Les deux se rejoignent dans le régime cat-nat, où la sécheresse et l’inondation se retrouvent financées par la même surprime. Un orage tombant sur des sols cuits par la canicule ruisselle au lieu de s’infiltrer, ce qui transforme une pluie d’été en dégât des eaux avant même de recharger les nappes.

Le geste utile aujourd’hui n’est ni de changer d’assureur dans l’urgence ni d’attendre un arrêté : c’est de sortir le contrat habitation, de chercher les trois mots « tempête, grêle, neige », et de noter la franchise en face. C’est cette ligne, pas la surprime cat-nat, qui décidera de ce qui reste à votre charge après le prochain orage.
Série AAP
Nous relevions déjà la facture de l’autre extrême : le 9 août, AAP comptait 67 départements en crise sécheresse. Grêle et sécheresse frappent le même contrat d’assurance.
Questions courantes
La grêle est-elle couverte par le régime des catastrophes naturelles ?
Non. Le régime couvre notamment les inondations, la submersion marine, la sécheresse et la réhydratation des sols argileux, les mouvements de terrain, les avalanches, les séismes et les cyclones. La grêle, les tempêtes sous les seuils cycloniques, les incendies de forêt et le poids de la neige en sont exclus et relèvent des garanties du contrat.
Combien la grêle a-t-elle coûté en France en 2025 ?
2,2 milliards d’euros pour les assureurs, sur 5,2 milliards de sinistres climatiques au total, soit 42 % de la facture. Les épisodes ont touché deux tiers des communes françaises. Rapportés aux 34 875 communes du pays, ces 2,2 milliards représentent environ 94 600 euros par commune touchée.
Pourquoi ma cotisation augmente-t-elle si la grêle n’est pas dans le cat-nat ?
Deux mécanismes coexistent. La surprime catastrophes naturelles est passée de 12 % à 20 % sur les contrats de biens et de 6 % à 9 % sur les contrats auto au 1er janvier 2025. Le coût de la grêle, lui, remonte par la tarification des garanties du contrat, pas par cette surprime.
Dans quel délai faut-il déclarer un sinistre après un orage ?
Pour un événement reconnu catastrophe naturelle, la déclaration se fait dans les trente jours suivant la publication de l’arrêté au Journal officiel. Pour la grêle ou la tempête, le délai est celui inscrit dans le contrat et il est généralement plus court : la vérification auprès de l’assureur se fait avant tout déblaiement.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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