Enfants vus de dos montant dans un autocar de colonie de vacances, sacs de voyage posés sur le bitume

780 euros la semaine de colo : 16 jours de SMIC pour 7 jours d’enfant

Les colonies gardent 75 % d'opinions favorables mais ont perdu 132 000 départs depuis 2019. Nous avons converti le prix d'une semaine en jours de salaire au SMIC.

Sommaire
  1. En bref
  2. 1,3 million de départs, 47 000 séjours : l'état des lieux
  3. 75 % de bonne image, 52 % de frein financier
  4. 780 euros la semaine, près de 16 jours de salaire au SMIC
  5. Pass colo, CAF, colos apprenantes : ce qui reste sur la table
  6. Ce n'est pas le BAFA qui manque
  7. Ce qui se joue en février, pas en août
  8. Questions courantes

Décryptage

132 000. C’est le nombre de départs en colonie de vacances qui ont disparu entre l’année scolaire 2018-2019 et l’année scolaire 2024-2025. On les croise pourtant chaque mois d’août, ces cars qui déversent des sacs trop lourds sur un parking de gare, et l’on jurerait que rien n’a bougé. Les comptages du ministère chargé de la jeunesse disent autre chose : 1,3 million d’enfants et d’adolescents sont partis en séjour avec hébergement l’an dernier, environ 9 % de moins qu’avant le Covid. Et ce n’est pas l’envie qui manque, puisque trois Français sur quatre gardent une bonne image de ces séjours. Nous avons donc converti le prix d’une semaine de colo en jours de salaire au SMIC, pour voir où le fil casse.

En bref

  • 1,3 million de départs en séjours avec hébergement en 2024-2025 selon l’INJEP, soit 50 000 de moins en un an (4 %) et environ 132 000 de moins qu’en 2018-2019 (9 %).
  • L’image, elle, tient : 75 % des Français déclarent une bonne image des séjours collectifs, 89 % chez les anciens participants (Ifop, 6 et 7 mai 2026, 1 000 personnes).
  • Le frein numéro un cité par les parents d’enfants de 5 à 19 ans est financier, pour 52 % d’entre eux.
  • Calcul AAP : au prix médian de 780 euros, une semaine de colo représente près de 16 jours de SMIC net, et encore 8,7 jours après le Pass colo maximal.
  • La ligne budgétaire des colos apprenantes passe de 36,8 millions d’euros en 2025 à zéro dans le budget 2026.

1,3 million de départs, 47 000 séjours : l’état des lieux

La statistique publique compte des départs, pas des enfants : un même enfant parti deux fois compte deux fois. Sur l’année scolaire 2024-2025, la fiche de l’INJEP en dénombre 1,3 million en séjours avec hébergement, ce que tout le monde appelle les colos. C’est 50 000 de moins que l’année précédente, soit un recul de 4 %, et environ 132 000 de moins qu’en 2018-2019, dernière année scolaire complète avant la crise sanitaire, soit 9 %. Le périmètre est précis : accueils collectifs de mineurs avec hébergement déclarés au ministère chargé de la jeunesse, toutes durées confondues, séjours de vacances comme séjours courts. L’offre, elle, tient à peu près : 47 000 séjours organisés sur l’année, seulement 600 de moins qu’un an plus tôt. Et le reste du secteur ne s’effondre pas, puisque les accueils de loisirs sans hébergement progressent de 3 %, à 2,5 millions de places. Ce sont bien les nuits passées ailleurs qui reculent, pas l’animation en général.

75 % de bonne image, 52 % de frein financier

Le paradoxe est mesuré, pas ressenti. Un sondage Ifop réalisé les 6 et 7 mai 2026 auprès de 1 000 personnes représentatives de la population âgée de 18 ans et plus, dont les résultats ont été publiés ce printemps, place la bonne image des séjours collectifs à 75 %, et à 89 % chez celles et ceux qui en ont vécu un. Le détail est plus net encore : 91 % y voient une découverte d’activités, 89 % un lieu de sociabilité, 87 % un apprentissage de l’autonomie et de la tolérance, 84 % une parenthèse loin des écrans, ce que nous avions constaté dans les colonies déconnectées. Le mot plébiscite tient donc, chiffres d’opinion à l’appui. Ce que la même enquête établit, c’est la nature du blocage : parmi les parents d’enfants de 5 à 19 ans, 52 % citent le manque de ressources financières comme raison principale. Pas la peur de la séparation. Le prix.

Dortoir vide d'un centre de colonie de vacances, lits superposés faits et volets entrouverts
L’offre n’a presque pas bougé : 47 000 séjours restent organisés, soit 600 de moins qu’un an plus tôt.

780 euros la semaine, près de 16 jours de salaire au SMIC

Reste à savoir ce que coûte l’entrée. Avant de lire la suite, déplacez le curseur.

Combien coûte une semaine de colonie de vacances en France à l’été 2026, au prix médian ?

780 euros pour sept jours, soit environ 115 euros par jour et par enfant.

Ce chiffre vient d’un relevé de tarifs portant sur 1 171 séjours proposés par 41 organismes : médiane à 780 euros la semaine, moyenne à 864 euros. Nous l’avons rapporté au salaire minimum. Au 1er juin 2026, le SMIC net mensuel est estimé à 1 477,93 euros, soit 49,26 euros par jour calendaire. Une semaine de colo au tarif médian représente donc près de 16 jours de ce salaire net, et 52,8 % d’un mois entier, selon nos calculs. Sept jours d’enfant contre seize jours de paie : voilà le rapport que des centaines de milliers de familles posent sur la table de la cuisine en février, quand les inscriptions ouvrent.

Le graphique ci-dessous convertit chaque scénario de prix en jours de salaire.

Au prix médian de 780 euros, sept jours de colonie coûtent près de 16 jours de salaire net au SMIC, et encore 8,7 jours une fois le Pass colo maximal déduit. Calculs Actu Alt Plus sur le SMIC net mensuel estimé au 1er juin 2026 rapporté au jour calendaire ; le relevé de prix porte sur 1 171 séjours de 41 organismes et n'a pas valeur de statistique publique.
Au prix médian de 780 euros, sept jours de colonie coûtent près de 16 jours de salaire net au SMIC, et encore 8,7 jours une fois le Pass colo maximal déduit. Calculs Actu Alt Plus sur le SMIC net mensuel estimé au 1er juin 2026 rapporté au jour calendaire ; le relevé de prix porte sur 1 171 séjours de 41 organismes et n’a pas valeur de statistique publique.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Même en décrochant l’aide nationale maximale, la barre ne descend pas sous une semaine et demie de paie. Le détail chiffré tient dans le tableau suivant.

Une semaine de colo convertie en jours de SMIC net, avant et après aide (calculs Actu Alt Plus, 10 août 2026)
SituationMontant payé par la familleÉquivalent en jours de SMIC netPart d’un mois de SMIC net
Prix moyen d’une semaine864 euros17,5 jours58,5 %
Prix médian d’une semaine780 euros15,8 jours52,8 %
Prix médian après Pass colo de 200 euros580 euros11,8 jours39,2 %
Prix médian après Pass colo de 350 euros430 euros8,7 jours29,1 %

Pass colo, CAF, colos apprenantes : ce qui reste sur la table

Les aides existent, mais elles se sont resserrées. Le Pass colo verse de 200 à 350 euros selon le quotient familial, à condition que celui-ci soit inférieur ou égal à 1 500 euros. Deux limites sautent aux yeux : l’aide ne vaut qu’une seule fois par enfant, et la campagne 2026 ne concerne que les enfants nés en 2015, c’est-à-dire une seule classe d’âge. Les familles connues de la CAF ou de la MSA reçoivent leur notification en février, les autres vérifient leur éligibilité auprès de la Jeunesse au Plein Air. Au-dessus, une ligne a disparu : dotées de 36,8 millions d’euros en 2025, les colos apprenantes tombent à zéro dans le budget 2026, alors que le dispositif avait fait partir plus de 400 000 enfants entre 2020 et 2024. Une cinquantaine d’organisations, dont la Ligue de l’enseignement et la Jeunesse au Plein Air, ont signé une lettre ouverte le 27 octobre 2025 pour s’y opposer.

Ce n’est pas le BAFA qui manque

On accuse souvent la pénurie d’animateurs. Les chiffres officiels invitent à nuancer : d’après l’INJEP, 49 800 BAFA ont été délivrés en 2023, en hausse de 7,7 % sur un an, à un niveau supérieur à celui d’avant 2020, auxquels s’ajoutent 1 900 BAFD. L’abaissement de l’âge d’entrée en formation de 17 à 16 ans, en octobre 2022, a élargi le vivier. Le recrutement reste tendu sur certains séjours spécialisés et sur les remplacements de dernière minute, mais un stock de diplômés en hausse n’explique pas un recul de 9 % en six ans. L’offre non plus, avec ses 47 000 séjours au catalogue. Reste la variable que les parents nomment eux-mêmes, et que la statistique confirme par ailleurs : 34 % des 5 à 19 ans ne sont pas partis en vacances en 2025, soit 4,2 millions d’enfants et de jeunes. La colo ne se vide pas d’un désamour. Elle se vide par le bas.

Sac de voyage d'enfant et petit sac à dos étiqueté posés dans l'entrée d'un logement, chaussures à côté
34 % des 5 à 19 ans ne sont pas partis en vacances en 2025, soit 4,2 millions d’enfants et de jeunes.

Ce qui se joue en février, pas en août

Les inscriptions et les aides ne suivent pas le calendrier de l’été. La notification du Pass colo part en février aux familles allocataires, et les barèmes des caisses d’allocations familiales, via les dispositifs de type VACAF, se vérifient au même moment, caisse par caisse. Deux points changent le reste à charge : le quotient familial retenu comme référence, et le cumul possible entre aide nationale, aide de la caisse et participation d’un comité social et économique. Nous racontions il y a quelques jours ce que vit un enfant sur trois qui ne part pas du tout, et les deux articles se répondent : le recul des colos n’est pas un chapitre à part de la fracture des vacances, il en est la version chiffrée. Ce que disent les comptages de cette année, c’est que la question n’est plus de convaincre les parents. Elle est de savoir combien peuvent encore payer seize jours de salaire pour sept jours d’enfance.

Questions courantes

Combien coûte une semaine de colonie de vacances en 2026 ?
780 euros au prix médian et 864 euros en moyenne, d’après un relevé portant sur 1 171 séjours proposés par 41 organismes, soit environ 115 euros par jour et par enfant.

Combien d’enfants partent encore en colo ?
1,3 million de départs en séjours avec hébergement ont été comptés sur l’année scolaire 2024-2025, soit 4 % de moins qu’un an plus tôt et environ 9 % de moins qu’en 2018-2019.

Le Pass colo existe-t-il toujours ?
Oui. Il verse de 200 à 350 euros selon le quotient familial, plafonné à 1 500 euros, une seule fois par enfant, et la campagne 2026 vise les enfants nés en 2015.

Les colos apprenantes sont-elles supprimées ?
La ligne budgétaire passe de 36,8 millions d’euros en 2025 à zéro dans le budget 2026. Le dispositif avait permis à plus de 400 000 enfants de partir entre 2020 et 2024.

Manque-t-il vraiment des animateurs ?
Le nombre de BAFA délivrés est remonté à 49 800 en 2023, au-dessus des niveaux d’avant 2020. Le frein cité en premier par les parents reste financier, pour 52 % d’entre eux.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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