Deux veaux nouveau-nés couchés côte à côte dans la paille d'une stabulation, l'un noir et blanc de type Holstein, l'autre plus massif au poil blanc bleuté, sans personne dans le champ.

2 veaux, 2 pères, 1 seule vache : ce que dit la biologie

En Moselle, une vache aurait mis bas des jumeaux de deux races. Le mécanisme porte un nom et un taux mesuré, et l'explication avancée localement reste, elle, une hypothèse.

Flash

Deux veaux nés le même jour de la même mère, l’un noir et blanc comme une Holstein, l’autre trapu et bleuté comme un Blanc Bleu Belge : la scène passe pour une curiosité de ferme, sauf que la biologie lui donne un nom et un taux, la superfécondation hétéropaternelle, mesurée à environ 1 % des jumeaux dans le troupeau irlandais.

À retenir

  • Dans une ferme du Saulnois, en Moselle, une vache Holstein aurait mis bas des jumeaux de deux types raciaux : un mâle Blanc Bleu Belge, une femelle Holstein.
  • Le mécanisme est documenté : deux ovules libérés dans le même cycle, fécondés séparément par deux mâles.
  • Sur 366 000 veaux jumeaux enregistrés en Irlande entre 2008 et 2017, environ 1 % avaient deux pères, contre 5 % de vrais jumeaux.
  • Sans test de filiation, la cause de ce vêlage reste une hypothèse, et le père se déclare veau par veau, jamais par portée.

Les récits situent la scène dans une exploitation du Saulnois, sans qu’aucune version signée par la presse locale lorraine soit retrouvable à ce jour. Les relais qui reprennent le cas avancent tous la même explication, une double insémination ayant fécondé deux ovules distincts, et aucun éleveur ni vétérinaire n’y est cité par son nom.

Deux ovules, deux pères

Chez les bovins, la gémellité est déjà minoritaire : de 3 à 5 % des naissances, rappelle une communication parue en 2021 dans la revue Animal Reproduction, qui documente au Brésil des jumeaux nés de deux taureaux, paternités confirmées par analyse moléculaire. Le reste tient à un détail d’ovaire : deux ovules libérés pendant le même cycle, puis fécondés séparément. La fédération irlandaise d’élevage bovin a passé au crible 366 000 veaux jumeaux enregistrés entre 2008 et 2017 : environ 1 % avaient deux pères, quand 5 % étaient de vrais jumeaux issus d’un seul ovule. En cause là-bas, une routine banale, l’insémination suivie d’un taureau de rattrapage. Chez l’humain, le même scénario est estimé à une paire de jumeaux sur 400.

Ce que les sources établissent s’arrête là. La double insémination est plausible, elle n’est pas démontrée : seul un test de filiation, comme au Brésil, distingue deux pères d’une ressemblance trompeuse. Une autre voie donnerait le même résultat visuel sans superfécondation, le transfert d’embryon, qui place chez une porteuse un embryon conçu ailleurs.

Pour donner un ordre de grandeur à cette curiosité de ferme, nous avons croisé l’étude irlandaise et le cas brésilien publié dans Animal Reproduction, seuls chiffres disponibles ici sur la double paternité.

Reste le volet administratif, présenté comme un casse-tête. La fiche pratique de l’identification bovine est plus prosaïque : le père se déclare veau par veau à la notification de naissance, numéro national du taureau en monte naturelle, mention IA après insémination, case TE après transfert d’embryon, NSP si la paternité est inconnue. Deux jumeaux peuvent donc porter deux pères déclarés. Ce qui coince est ailleurs, dans la certification de parenté, qui suppose de savoir qui a fécondé quel ovule. La traçabilité animale sait pourtant retrouver un chien perdu à plus de mille kilomètres.

Pourquoi ça compte

Un veau bleuté au milieu d’un troupeau noir et blanc, c’est une anecdote. Ce qu’elle rappelle l’est moins : la filiation animale ne se lit pas à l’œil, elle se prouve, et c’est cette déclaration de naissance qui rend possible la certification de parenté. Une paternité notée à l’estime, c’est une donnée fausse qui circule ensuite dans les registres de race. Vous pouvez regarder ces deux veaux comme une bizarrerie de ferme, ou comme le rappel qu’un pedigree ne vaut que la vérification qui le soutient.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1L’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à MontpellierL’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à Montpellier
  2. 2Musées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les piègesMusées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les pièges
  3. 3600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt
  4. 42 millions d’acres brûlés : l’Oregon bat son record d’incendies avec deux mois de saison à venir2 millions d’acres brûlés : l’Oregon bat son record d’incendies avec deux mois de saison à venir
  5. 5Un agent d’IA a passé quatre jours et demi dans les serveurs de Hugging Face avant d’être repéréUn agent d’IA a passé quatre jours et demi dans les serveurs de Hugging Face avant d’être repéré

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Élise, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Elise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

Articles: 413