
Sommaire
Décryptage
En bref
- Le barème kilométrique 2026 n’a pas été revalorisé : il valorise le kilomètre d’une 4 CV à 0,429 euro sur 15 000 kilomètres par an, décote et assurance comprises.
- À la pompe, le même kilomètre coûte 0,132 euro en SP95-E10 au relevé du 5 août 2026. Le carburant ne pèse donc qu’environ 31 % du coût complet.
- Le barème des voitures 100 % électriques est majoré de 20 %, soit 0,514 euro du kilomètre déductible : c’est un avantage fiscal, pas un surcoût de roulage.
- Le TGV en seconde classe revient à 0,20 euro du kilomètre selon un relevé de février 2026, le covoiturage à environ 0,143 euro par passager quand la voiture est occupée à trois.
- Plus vous roulez, moins le kilomètre coûte : 0,606 euro à 5 000 kilomètres par an, 0,407 euro au-delà de 20 000.
Vous connaissez le prix du litre. Vous ne connaissez probablement pas le prix de votre kilomètre. Entre les deux, le rapport est d’environ un à trois : 0,132 euro de carburant contre 0,429 euro de coût complet pour la même 4 CV essence. Le reste (la décote, l’assurance, les pneus, l’entretien) sort de votre compte sans jamais s’afficher sur l’écran d’une pompe.
Il existe pourtant un étalon public pour mesurer tout cela, et un moyen de ramener la voiture, le train et le covoiturage au même dénominateur. Voici le comparatif complet, ses hypothèses et ses limites.
Le barème fiscal, seul étalon complet du kilomètre
Le repère existe et il est gratuit : le barème kilométrique publié par le ministère de l’Économie. Sa force tient à ce qu’il agrège : la dépréciation du véhicule, les frais de réparation et d’entretien, les pneumatiques, la consommation de carburant et les primes d’assurance. C’est le seul chiffre officiel qui mette tout dans le même euro.
Pour 2026, il n’a pas été revalorisé : les montants restent ceux de l’exercice précédent. Le calcul se fait en trois tranches. Une 4 CV qui parcourt 15 000 kilomètres relève de la formule (d × 0,340) + 1 330, soit 6 430 euros pour l’année, donc 0,429 euro du kilomètre. Une 3 CV tombe à 0,387 euro, une 7 CV et plus monte à 0,495 euro sur le même kilométrage.
Attention à ne pas additionner deux fois : le barème contient déjà le carburant. Le comparer au prix à la pompe, c’est mesurer une part dans un tout, pas empiler deux dépenses.
| Mode et hypothèse | Prix du kilomètre | Ce que le chiffre couvre | Base de calcul et date |
|---|---|---|---|
| Voiture thermique 4 CV, 5 000 km par an | 0,606 € | tout : décote, assurance, entretien, pneus, carburant | barème kilométrique 2026, 1re tranche |
| Voiture thermique 4 CV, 15 000 km par an | 0,429 € | tout (6 430 € pour l’année) | barème kilométrique 2026, 2e tranche |
| Voiture thermique 4 CV, 30 000 km par an | 0,407 € | tout | barème kilométrique 2026, 3e tranche |
| Voiture 100 % électrique 4 CV, 15 000 km par an | 0,514 € | tout, avec la majoration fiscale de 20 % (7 716 €) | barème kilométrique 2026 majoré |
| Essence SP95-E10 seule, 6,5 L/100 km | 0,132 € | le carburant, rien d’autre | relevé du 5 août 2026 (2,024 €/L) |
| Gazole seul, 5,5 L/100 km | 0,123 € | le carburant, rien d’autre | relevé du 5 août 2026 (2,232 €/L) |
| Superéthanol E85 seul, 8,5 L/100 km | 0,073 € | le carburant, rien d’autre | relevé du 5 août 2026 (0,861 €/L) |
| Recharge à domicile, heures creuses, 17 kWh/100 km | 0,027 € | l’électricité, rien d’autre | tarif bleu au 1er août 2026 (0,1589 €/kWh) |
| TGV, seconde classe, aller simple | 0,20 € | le billet | relevé sur 95 liaisons, 9 février 2026 |
| Covoiturage, un passager, trois personnes à bord | 0,143 € | quote-part du coût complet | barème 4 CV divisé par 3 occupants |
Le carburant, moins d’un tiers de la facture
Au 5 août 2026, les prix relevés à la pompe s’établissent à 2,232 euros le litre de gazole, 2,024 euros le SP95-E10, 2,113 euros le SP98 et 0,861 euro le superéthanol E85, à partir des données transmises par les stations sous contrôle des pouvoirs publics.
Reste à passer du litre au kilomètre, ce qu’aucun relevé ne fait à votre place. En posant une consommation de 6,5 litres aux 100 kilomètres en essence, 5,5 litres en gazole et 8,5 litres en E85 (la surconsommation est la contrepartie connue de ce carburant), selon nos calculs le kilomètre revient à 0,132 euro en SP95-E10, 0,123 euro en gazole et 0,073 euro en E85 à ces tarifs du jour.
Comparez maintenant avec la ligne du barème : 0,132 euro sur 0,429 euro, c’est 31 % du coût réel. Autrement dit, deux tiers de votre kilomètre se paient ailleurs qu’à la station. C’est aussi pourquoi un arbitrage limité au prix du plein, y compris quand on regarde le E85 en station, ne dit presque rien du budget annuel.

Plus vous roulez, moins le kilomètre coûte
Le barème n’est pas linéaire, et c’est sa leçon la plus utile. La même 4 CV vaut 0,606 euro du kilomètre à 5 000 kilomètres par an, 0,429 euro à 15 000, et 0,407 euro au-delà de 20 000. Entre le petit rouleur et le gros rouleur, l’écart atteint 0,199 euro par kilomètre, soit un tiers du prix de départ.
La mécanique est simple : l’assurance, la décote et le contrôle technique tombent que vous rouliez ou non. Plus le kilométrage annuel est élevé, plus ces frais fixes se diluent. C’est la raison pour laquelle une seconde voiture peu utilisée est, au kilomètre, la plus chère du foyer.
Le geste concret tient en trois nombres : relevez votre kilométrage annuel réel au compteur, appliquez la formule de votre puissance fiscale, divisez par le kilométrage. Vous obtenez votre prix du kilomètre, le seul chiffre qui rende comparables une voiture, un abonnement de train et un covoiturage.
Électrique : 2,7 centimes à la prise, 20 % de bonus au fisc

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Côté énergie, l’écart est spectaculaire. Au tarif bleu du 1er août 2026, le kilowattheure vaut 0,2001 euro en option base et 0,1589 euro en heures creuses pour un compteur de 6 kVA. Avec une consommation de 17 kilowattheures aux 100 kilomètres, la recharge nocturne à domicile revient à 0,027 euro du kilomètre, contre 0,132 euro pour l’essence.
Le fisc, lui, avantage aussi l’électrique, mais pour une autre raison. La majoration électrique porte les montants du barème à +20 % pour les véhicules 100 % électriques : la même 4 CV à 15 000 kilomètres passe de 6 430 à 7 716 euros, soit 1 286 euros de déduction supplémentaire. Les hybrides et hybrides rechargeables en sont exclus, et la déduction forfaitaire reste plafonnée.
Ne confondez pas les deux chiffres. Un barème plus élevé ne signifie pas un kilomètre plus cher : c’est une déduction plus généreuse. Le vrai point de vigilance reste l’accès à une prise, sujet que nous avions chiffré en regardant les bornes de recharge département par département.

Le train à 20 centimes, le covoiturage à 14
Pour le rail, un relevé du kilomètre SNCF mené sur 95 liaisons le 9 février 2026 situe le trajet à grande vitesse à 20 centimes du kilomètre en seconde classe, contre 19 centimes en 2024 et 16 centimes en 2019, soit près de 25 % de hausse en six ans. Le tarif est dégressif avec la distance : 0,24 euro sur moins d’une heure, 0,15 euro au-delà de quatre heures.
Le covoiturage, lui, n’a pas de prix de marché mais une règle fiscale. Selon la règle du partage de frais rappelée le 22 mai 2026, les sommes perçues échappent à l’impôt si le prix demandé à chaque passager n’excède pas le barème kilométrique divisé par le nombre de voyageurs, et si le conducteur conserve une part des frais à sa charge. Appliqué à notre 4 CV à 0,429 euro et à trois personnes à bord, cela donne 0,143 euro par kilomètre et par passager.
Le cadre du covoiturage fixe par ailleurs un plafond de 0,60 euro du kilomètre et recommande de ne pas dépasser 0,20 euro par passager. Il rappelle aussi que 70 % des trajets domicile-travail se font en voiture individuelle, le plus souvent seul, et que le forfait mobilités durables peut couvrir jusqu’à 900 euros par an dans le privé.
Ce que ce comparatif ne dit pas
Trois réserves, à garder en tête avant de trancher. Le barème est forfaitaire : c’est une valorisation fiscale, pas votre facture, et il n’intègre ni péages, ni parking, ni stationnement résidentiel. Le chiffre de 2,7 centimes suppose une prise domestique en heures creuses et ne vaut pas pour une recharge rapide en itinérance. Le prix du train correspond au tarif le plus bas disponible un mois à l’avance, pas à un billet acheté la veille.
Surtout, ces prix ne se comparent qu’à usage égal. Le covoiturage à 0,143 euro suppose que le trajet existait déjà. Le train à 0,20 euro ne couvre pas le dernier kilomètre. Et une voiture qui transporte deux personnes divise mécaniquement son coût par deux, ce qui la ramène sous le prix du rail.
Le calcul à faire ce soir tient donc en une ligne de tableur : votre kilométrage annuel, votre puissance fiscale, le total du barème, et le même total pour l’alternative que vous envisagez. Tant que vous raisonnez au plein, l’arbitrage reste hors de portée.
Questions courantes
Combien coûte vraiment un kilomètre en voiture en 2026 ?
Pour une 4 CV essence parcourant 15 000 kilomètres par an, le barème kilométrique 2026 valorise le kilomètre à 0,429 euro, décote, assurance, entretien et carburant compris. Le carburant seul en représente environ 0,13 euro au relevé du 5 août 2026.
Le barème kilométrique a-t-il augmenté en 2026 ?
Non. Il n’a pas été revalorisé : les montants et les formules sont identiques à ceux de l’exercice précédent, pour les trois tranches de kilométrage et pour toutes les puissances fiscales.
Pourquoi le barème électrique est-il plus élevé que le thermique ?
Parce que les montants sont majorés de 20 % pour les véhicules 100 % électriques. C’est un avantage fiscal accordé à la déduction, pas le signe que rouler à l’électricité coûte plus cher. Les hybrides et les hybrides rechargeables ne sont pas concernés.
Combien puis-je demander à un passager en covoiturage sans être imposé ?
Le prix demandé à chaque passager ne doit pas dépasser le barème kilométrique divisé par le nombre d’occupants du véhicule, et le conducteur doit garder une part des frais à sa charge. Sur la base d’une 4 CV à 0,429 euro du kilomètre et de trois personnes à bord, cela donne environ 0,14 euro par kilomètre et par passager.
Le train revient-il moins cher que la voiture ?
Au kilomètre et pour une personne seule, oui : environ 0,20 euro en seconde classe contre 0,429 euro en coût complet pour une 4 CV. L’écart se referme dès que la voiture transporte deux personnes ou plus, et il s’inverse en covoiturage à trois.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
L’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à Montpellier - 2
Musées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les pièges - 3
600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt - 4
2 millions d’acres brûlés : l’Oregon bat son record d’incendies avec deux mois de saison à venir - 5
Un agent d’IA a passé quatre jours et demi dans les serveurs de Hugging Face avant d’être repéré
Nos dossiers
- France491
- Santé210
- Science207
- Prévention198
- Culture184
- Consommation179
- Biodiversité171
- IA149
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

