
Sommaire
Récit
En bref
- Les 28 et 29 juillet 2026, le village de Jeancourt (Aisne) a collecté vêtements, produits d’hygiène, nourriture et jouets pour les sinistrés des incendies du Sud.
- L’appel, lancé sur Facebook par le deuxième adjoint au maire, a été suivi par une vingtaine de communes de l’Aisne et de la Somme.
- Les cartons descendent gratuitement dans les cars qui convoient les pompiers vers la Gironde, les Landes et le Var, à partir du lundi 3 août 2026.
- Ailleurs, d’autres collectes publient une liste stricte, pendant que la Fondation de France demande, elle, de l’argent : plus de 3 millions d’euros collectés.
Dans l’ancienne classe de Jeancourt, un village de l’Aisne, les sacs se sont empilés les mardi 28 et mercredi 29 juillet 2026 : des vêtements, des produits d’hygiène, de la nourriture, des jouets. Laure Dornier est venue avec cinq sacs bien remplis, pris à la maison faute d’avoir eu le temps de faire des courses. Autour d’elle, des bénévoles félicitent l’adjoint au maire qui a tout déclenché : « tu as bien agi, chapeau ! ». Personne, ici, ne rencontrera les gens à qui ces sacs sont destinés.
On connaît la solidarité de voisinage, celle qui remonte un mur pour la maison d’à côté. Celle-ci part d’un département épargné par le feu et vise la Gironde, les Landes et le Var. France 3 Hauts-de-France a suivi ces deux journées, lancées par le deuxième adjoint au maire, William Pruvot.
Une nuit à y penser, puis un message Facebook
Tout tient en quelques heures. Ému par les images de détresse vues à la télévision, l’élu raconte : « J’ai réfléchi dans la nuit à organiser tout ça. Le lendemain, j’ai envoyé un message au maire du village pour demander si elle me suivait. Et elle m’a dit oui. » Le message part sur Facebook et, dit-il, se partage « énormément de fois ».
À une dizaine de kilomètres, Roland Varlet, maire de Gricourt, décroche son téléphone dès le mardi. « On s’est mis d’accord pour faire une collecte à Gricourt que l’on a déposée ce mercredi après-midi à Jeancourt. Il vaut mieux regrouper que faire chacun dans son coin », explique-t-il. Contrainte d’été : la mairie est fermée, tout s’est donc organisé depuis sa page Facebook. Une vingtaine de communes de l’Aisne et de la Somme ont fini par répondre.

Les cartons descendent dans les cars des pompiers
Restait le nerf de l’affaire : le camion. Il est venu d’un coup de fil d’un habitant à la régie régionale des transports des Hauts-de-France. « Sur le coup, on n’a pas trop réagi, on était déjà engagé avec les pompiers de l’Aisne », reconnaît son directeur général, Joël Grzeziczak, dont les cars emmènent désormais aussi les SDIS du Nord, du Pas-de-Calais, de l’Oise et de la Somme. « On a saisi l’occasion pour faire d’une pierre deux coups et on va descendre les jouets et puis les vêtements en même temps que le transfert va se réaliser pour les pompiers », résume-t-il.
Les bus emportent donc secours et dons vers les trois départements les plus touchés, puis remontent les pompiers présents depuis dix jours sur le terrain. Le dimanche 2 août 2026, 67 sapeurs-pompiers de la région et du Val-d’Oise repartaient à 6 heures du matin depuis une aire d’autoroute de l’Oise. Les livraisons de la collecte étaient prévues à partir du lundi 3 août 2026.
Ce que devient un carton quand personne n’a rien demandé
Une collecte spontanée n’arrive à bon port que si trois choses sont réglées : une liste, un lieu, un véhicule. Regardez la liste publiée par la ville d’Agen pour sa collecte du 26 juillet : alimentation non périssable, lits de camp, couvertures, savon et dentifrice, couches bébé et seniors, papier toilette, paracétamol, gamelles pour animaux. C’est exactement ce qu’on met dans un sac quand on n’a plus rien.
Dans l’Hérault, le centre communal d’action sociale de Nézignan-l’Évêque a choisi de cadrer encore plus : produits d’hygiène en priorité, linge ensuite, dépôt en mairie, convoi privé. Le tri se fait à l’entrée, pas à l’arrivée, là où il coûte le plus cher en bras.
Et puis il y a l’autre circuit, celui qui n’a besoin ni de cartons ni de gazole. La Fondation de France a lancé son appel le 27 juillet 2026, engagé 300 000 euros dès le premier jour et annoncé plus de 3 millions d’euros collectés. L’argent voyage sans stockage ni bénévoles : c’est pourquoi les associations le réclament souvent en premier.
Aider un endroit qu’on ne verra jamais
L’appel a fini par revenir jusqu’au village. Une habitante de Gironde, originaire de Roisel, tout proche, a téléphoné à l’adjoint. « La dame parlait, mais était en pleurs. Elle me remerciait d’avoir fait tout ça. Ça lui fait chaud au cœur que son village natal fasse ça pour eux », rapporte-t-il.
Cet été, la solidarité a surtout eu le visage du voisinage : dans le Diois, une vallée entière s’est organisée pour ses propres sinistrés, et notre dossier solidarité en recense les formes les plus tenaces. Jeancourt fait l’inverse. Laure Dornier le formule sans détour : « un jour ça peut nous arriver. Donc, on serait bien contents aussi qu’on nous aide. »
Questions courantes
Que peut-on donner d’utile après un incendie ?
Ce que la collecte réclame, et rien d’autre : Agen listait alimentation non périssable, lits de camp, couvertures, produits d’hygiène, couches et gamelles pour animaux, quand Nézignan-l’Évêque cherchait surtout des produits d’hygiène et du linge.
Vaut-il mieux donner de l’argent ou des objets ?
Les deux circuits coexistent, mais ne coûtent pas la même chose. La Fondation de France a annoncé plus de 3 millions d’euros collectés depuis le 27 juillet 2026. Un versement n’exige ni tri, ni stockage, ni transport, là où un carton mobilise un local et des bénévoles.
Comment les dons de Jeancourt arrivent-ils dans le Sud ?
Ils voyagent gratuitement dans les cars de la régie régionale des transports des Hauts-de-France, ceux qui convoient déjà des sapeurs-pompiers vers le Sud, à partir du lundi 3 août 2026.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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