
Le chiffre
Il manque 2,3 milliards d’euros dans les comptes des hôpitaux publics français, et c’est une amélioration. La DREES a publié ce 28 juillet ses premiers résultats 2025 sur les établissements de santé : le déficit global y est estimé à 2,1 % des recettes en 2025, contre 2,5 % un an plus tôt. Un redressement bien réel, qui ne veut pas dire que l’hôpital respire.
2,1 %c’est ce que pèse le déficit global des hôpitaux publics rapporté à leurs recettes en 2025, contre 2,5 % en 2024
Un déficit hospitalier ne se lit pas comme un découvert bancaire. Le chiffre rapporte le résultat de l’année au total des recettes de l’établissement : sur 100 euros encaissés, il en manque un peu plus de deux à l’arrivée. Le montant, lui, tourne autour de 2,3 milliards d’euros pour l’ensemble des hôpitaux publics, selon le décompte de franceinfo.
Ce qu’un déficit change vraiment dans un hôpital
Personne ne vient éponger ce trou en fin d’année avec un chèque. Un résultat négatif se comble autrement : par l’emprunt, par des aides ponctuelles de l’État, et surtout par ce qu’un établissement renonce à faire. Le bloc que l’on ne rénove pas tout de suite, l’IRM que l’on garde deux ans de plus, le service dont les travaux glissent d’un budget à l’autre. C’est la partie invisible du chiffre, et c’est celle qui se voit le plus longtemps une fois que l’on est patient.

Pour vous, cela ne se traduit ni par une facture ni par une ligne sur une feuille de soins. Cela se traduit par des délais, des équipements vieillissants, des postes qui restent vacants un peu plus longtemps. La question du financement de la santé, elle, se déplace ailleurs, du côté de ce que paient les ménages.
Déficit 20242,5 %
Déficit 20252,1 %
Unité : résultat net global des hôpitaux publics rapporté à leurs recettes totales. Période : exercices 2024 et 2025. Limite : la DREES précise que les chiffres 2025 sont des premières estimations, susceptibles d’être révisées.
Le déficit recule, l’activité ne redescend pas
C’est là que l’intuition se trompe. Nous avons croisé les deux dernières publications annuelles de la DREES : le déficit des hôpitaux publics pesait 2,3 % des recettes en 2023, puis 2,5 % en 2024, avant de retomber à 2,1 % en 2025. Première inflexion après deux années de dégradation continue des comptes. Pendant ce temps, l’activité ne faiblit pas : le nombre de passages aux urgences augmente encore de 0,8 % en 2025, après 2,5 % en 2024, et le nombre de salariés des établissements de santé progresse de 1,0 % en un an, après 0,7 %.

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Autrement dit, les comptes se redressent sans que la pression retombe. En court séjour, les hôpitaux publics contribuent pour les deux tiers à la hausse du nombre de séjours. L’hospitalisation à domicile augmente très nettement, signe que le soin se déplace hors des murs. La psychiatrie, elle, va à contre-courant : les hospitalisations à temps partiel comme à temps complet diminuent.
Un chiffre que la DREES présente comme provisoire
Voilà la précision que les reprises laissent tomber, et elle change la lecture. La DREES écrit noir sur blanc que tous les chiffres présentés pour 2025 sont des « premières estimations, susceptibles d’être révisées » lors de la parution de son panorama, en 2027. Le 2,1 % n’est donc pas un solde de tout compte : c’est une photographie prise tôt, avec la lumière disponible. Cela n’annule rien, cela invite simplement à ne pas transformer une amélioration d’un an en tendance installée. Retenez plutôt ceci : l’hôpital public dépense mieux qu’il y a un an, il ne soigne pas moins. Le reste, y compris ce que l’IA change à l’hôpital, se jouera sur ce que ces marges retrouvées permettront enfin de rouvrir.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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