
Vérification
21 % des Français donnent de leur temps à une association : ce chiffre colle-t-il à l’idée d’un pays qui se replierait sur lui-même ? On l’entend partout, dans les conversations comme dans les tribunes. Nous avons croisé trois mesures, le bénévolat, les dons et l’aide aux proches, et aucune ne dessine un déclin franc de la solidarité.
L’affirmation« Les Français sont de moins en moins solidaires. »
Notre verdictÀ nuancer
En bref
- En croisant trois indicateurs, la solidarité ne recule pas : 21 % des Français sont bénévoles, les dons ont progressé de +3,6 % en 2025, et le pays compte des millions de proches aidants.
- Le bénévolat régulier repart même à la hausse : 11 % des Français s’engagent chaque semaine, contre 9 % en 2023 et en 2024.
- Les dons des particuliers ont connu en 2025 leur plus forte hausse depuis 2021, après trois années de stagnation.
- La vraie nuance : les petits dons de moins de 150 euros ne pèsent plus que 38,6 % de la collecte, contre plus de 50 % en 2015. La base de donateurs, elle, s’érode.
Ce que disent les faits
Commençons par le bénévolat. En 2025, 21 % des Français déclarent donner de leur temps à une association tout au long de l’année, selon l’étude La France bénévole 2025 de Recherches et Solidarités, appuyée sur une enquête Ifop auprès de 4 646 personnes. Loin de s’effondrer, l’engagement régulier progresse : 11 % s’investissent chaque semaine, contre 9 % en 2023 et en 2024.
Ce sursaut touche même les plus jeunes. Chez les moins de 30 ans, la part de bénévoles hebdomadaires est passée de 6,6 % en 2024 à 7,5 % en 2025. Chez les plus de 50 ans, elle gagne deux points en un an. Difficile d’y lire le portrait d’une génération repliée sur ses écrans.

Côté portefeuille, le constat va dans le même sens. Le Baromètre de la générosité 2025 de France générosités relève une progression des dons des particuliers de 3,6 % sur l’année, la plus forte hausse depuis 2021. Elle intervient après trois années de quasi-stagnation, dans un contexte d’inflation qui rognait les budgets. Sur les 55 associations et fondations suivies, la collecte a dépassé 1,2 milliard d’euros.
Reste un troisième pan, souvent invisible : l’aide aux proches. La DREES estime entre 9 et 11 millions le nombre de proches aidants en France, ces personnes qui soutiennent au quotidien un parent âgé, malade ou handicapé. Cette solidarité-là ne se compte pas en euros ni en cartes d’adhérent, mais elle mobilise une part immense de la population.
Le point qui nuance le tableau
Alors, pourquoi cette impression de déclin ? Parce qu’un signal, lui, s’affaiblit. Les petits dons, ceux de moins de 150 euros, ne représentent plus que 38,6 % de la collecte, contre plus de 50 % en 2015. Autrement dit, la générosité progresse en montant parce que des donateurs plus aisés donnent davantage, mais le socle de petits donateurs se réduit.
C’est là que le ressenti rejoint une part de vérité : moins de Français glissent quelques euros dans la tirelire d’une cause, même si ceux qui donnent donnent plus. À cela s’ajoutent des inégalités d’accès à l’engagement, selon le diplôme ou le revenu, que nous documentions déjà.
Série AAP
Nous suivions déjà ce chiffre : le 22 juin, nous mesurions le bénévolat français à 21 %, avec une nette fracture par diplôme. Aujourd’hui, le même taux tient, et l’engagement hebdomadaire, lui, remonte à 11 %.
Le verdict tient donc en une phrase. Sur les données récentes, la solidarité française résiste, et même repart sur plusieurs fronts. Ce qui recule, c’est le nombre de petits gestes, pas l’élan collectif. Entre le bénévolat qui remonte, les dons qui progressent et des millions de proches aidants qui tiennent bon, l’idée d’un pays devenu égoïste ne résiste pas à l’examen.
Questions courantes
Les Français donnent-ils moins de leur temps qu’avant ?
Non. En 2025, 21 % donnent du temps à une association tout au long de l’année, et l’engagement hebdomadaire remonte à 11 %, contre 9 % en 2023 et en 2024. Le bénévolat régulier progresse, y compris chez les moins de 30 ans.
Les dons aux associations baissent-ils ?
Pas en 2025 : ils ont augmenté de 3,6 %, la plus forte hausse depuis 2021. Mais le nombre de petits donateurs recule, compensé par des dons plus élevés de personnes plus aisées.
Combien y a-t-il de proches aidants en France ?
Entre 9 et 11 millions selon la DREES. C’est un pan majeur et largement informel de la solidarité, souvent absent des statistiques et des débats.
Alors d’où vient l’impression de déclin ?
De l’érosion des petits dons, des inégalités d’accès à l’engagement et d’un climat d’inquiétude. Mais les indicateurs récents ne montrent pas de recul global de la solidarité.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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