Un bébé tapir terrestre au pelage rayé et tacheté, debout sur le sol d'une forêt tropicale, sous une lumière filtrée par la canopée

Quatorze mois de grossesse, debout en dix minutes : le bébé tapir rayé

Quatre cent trente jours de gestation, puis dix minutes pour se mettre debout. Le zoo du Hertfordshire annonce sa première naissance de tapir terrestre depuis quatorze ans. Sa robe rayée imite la lumière filtrée du sol de la forêt, et elle disparaîtra avant ses six mois. À Paris, le Muséum élève la même espèce dans le même programme européen.

Flash

Quatre cent trente jours. C’est la gestation qu’a portée Fifi, femelle tapir terrestre de 20 ans, avant de mettre bas au zoo du Hertfordshire, au nord de Londres. Dix minutes plus tard, son petit tenait debout. Quatorze mois d’attente pour dix minutes d’apprentissage : l’écart dit presque tout de cette espèce.

À retenir

  • Première naissance de tapir terrestre depuis quatorze ans au zoo du Hertfordshire, au terme d’une gestation de 430 jours.
  • Le nouveau-né était debout en dix minutes. Sa robe crème, rayée et tachetée, imite la lumière filtrée du sol de la forêt.
  • Le motif s’efface en cinq ou six mois : l’adulte porte un pelage gris sombre uniforme.
  • Espèce classée vulnérable par l’UICN depuis 2002. Le Parc zoologique de Paris l’élève dans le même programme européen.

Le tapir n’a pas le physique d’une vedette. Un corps massif, des oreilles rondes, et au bout du museau une petite trompe préhensile qui attrape feuilles et fruits. Elle trompe son monde : le tapir n’est pas un cousin de l’éléphant, mais du cheval et du rhinocéros.

Tête d'un tapir terrestre adulte de profil, pelage gris sombre uniforme, museau prolongé par une courte trompe
La trompe préhensile du tapir sert à attraper feuilles et fruits. Malgré elle, l’animal est un cousin du cheval et du rhinocéros.

À la naissance, il est méconnaissable. Ce mâle, encore sans nom, est couvert de rayures et de points crème sur fond sombre.

Pourquoi cette robe rayée, et pourquoi elle s’en va

Le motif n’est pas décoratif. Dans la forêt d’Amérique du Sud, le soleil ne tombe pas en nappe : il traverse la canopée par éclats. Un jeune tapir couché au sol se confond avec cette lumière découpée. Le zoo, relayé par ITV News, parle d’un camouflage vital. Même mécanique que chez ces bongos filmés au Kenya.

Puis le camouflage devient inutile. Selon le Muséum national d’Histoire naturelle, le pelage devient uniforme au bout de cinq ou six mois. Entre-temps, le petit gagne environ un kilo par jour. Un animal qui grossit à cette vitesse et atteindra 150 à 225 kg n’a plus besoin de se cacher : il lui suffit d’exister.

Le tapir que vous pouvez aller voir à Paris

Nous avons cherché le lien français, et il est direct. Le Parc zoologique de Paris, qui dépend du Muséum, détient Tapirus terrestris et participe au programme européen d’élevage (EEP). Le petit né en Angleterre et les tapirs du bois de Vincennes relèvent du même pool génétique surveillé.

Le parc parisien connaît cette attente. Le 1er novembre 2020, une femelle de 6,3 kg y est née après treize mois de gestation : la première naissance de tapir sur place depuis 1987. Trente-trois ans d’écart, pour une espèce qui ne fait qu’un petit à la fois.

Cette lenteur est le problème. Le Muséum le résume sans détour : une gestation aussi longue ralentit le renouvellement de la population et rend l’espèce incapable d’encaisser un choc sur son habitat. Classé vulnérable par l’UICN dès 2002, le tapir terrestre voit ses effectifs baisser en Amérique du Sud, avec des baisses attendues de 30 à 50 % dans les zones frappées par les incendies.

Un tapir terrestre s'éloigne sur une piste boueuse en forêt dense, des fruits tombés au sol autour de ses traces
Surnommé le jardinier de la forêt, le tapir disperse les graines de la forêt primaire au fil de ses déplacements.

Reste ce que la rayure raconte. Elle protège l’animal les quelques mois où il est vulnérable, puis s’efface parce qu’elle a fait son travail. L’espèce, elle, ne cesse jamais de l’être. Le petit du Hertfordshire perdra ses rayures avant Noël. Sa forêt d’origine ne se reconstitue pas en cinq mois.

Pourquoi ça compte

Le tapir est surnommé le jardinier de la forêt : en mangeant des fruits et en se déplaçant, il disperse les graines de la forêt primaire. Sa disparition ne coûterait pas qu’une espèce, elle abîmerait le mécanisme qui régénère l’Amazonie. D’où le poids d’une seule naissance.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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