
Un boitier fixe sur un tronc, un capteur de mouvement, et des semaines d’attente. Quand les rangers du Mountain Bongo Project ont decharge les cartes memoire de leurs pieges photographiques installes dans la foret de Maasai Mau, au Kenya, ils ont vu apparaitre ce qu’ils ne s’attendaient plus a trouver : un grand male adulte au pelage roux vif barre de stries blanches verticales, les cornes spiralees caracteristiques d’un bongo de montagne (Tragelaphus eurycerus isaaci), l’antilope forestiere la plus grande et la plus rare d’Afrique.
L’espece etait consideree comme disparue du Maasai Mau depuis plusieurs annees. La population sauvage totale est estimee a moins de 50 individus, concentres pour l’essentiel dans les monts Aberdare, a environ 200 kilometres de la foret de Mau. L’analyse des marquages sur les images a ensuite confirme la presence d’un jeune male et d’une jeune femelle dans la meme zone : au moins trois individus distincts vivent donc dans ce fragment forestier que les ecologues ne surveillaient plus activement. « L’excitation dans le camp etait incroyable quand on a regarde les photos », a indique Oscar Dyer, directeur des operations du Mountain Bongo Project. « Voir un bongo ici a nouveau est incroyablement excitant. »

Le travail derriere le cliche
Ces images ne sont pas tombees par hasard. Elles sont le fruit de plusieurs annees de patrouilles dans l’une des forets les plus inaccessibles du Kenya, menees par des rangers issus de la communaute Masai, qui mobilisent leur connaissance de longue date de l’ecosysteme local. Le Dr Tommaso Sandri, membre du conseil consultatif du Mountain Bongo Project et chercheur au zoo de Chester, avait identifie le grand male adulte une premiere fois en 2018. Son hypothese etait que si cet individu etait reste cache pendant des annees, d’autres bongos se trouvaient peut-etre encore dans la zone. Les pieges photographiques ont prouve qu’il avait raison.
Le bongo de montagne est une antilope d’une discretion extreme. Son pelage roux avec des stries blanches constitue un camouflage parfait dans la lumiere filtree des sous-bois denses. Il est strictement nocturne ou crepusculaire, et evite tout contact avec l’homme. Ces traits le rendent presque invisible, y compris pour les chercheurs les plus experimentes. Sa detection passe donc presque exclusivement par des methodes passives : pieges photographiques, detection de pistes ou d’indices de presence, et, plus recemment, analyses acoustiques ou survols de drones. L’annee derniere, une IA developpee par le zoo de Chester avait estime a 28 individus la population des Aberdares, tandis que le Mountain Bongo Project, fort des donnees terrain de ses rangers, pensait pouvoir en compter jusqu’a 40.

Un zoo europeen, un avion cargo, un sanctuaire au pied du mont Kenya
La presence dans le Maasai Mau prend tout son poids au moment ou le programme de renforcement de la population bat son plein. En avril 2026, quatre males de bongos de montagne eleves en captivite au Safari Park Dvur Kralove, en Republique tcheque, ont ete transferes vers le sanctuaire Mawingu, a l’interieur de la reserve forestiere du mont Kenya, ou ils rejoignent une population de plus de 100 individus. Ce transfert, coordonne par le zoo de Chester, le Kenya Wildlife Service et l’Association europeenne des zoos et aquariums (EAZA), vise a renforcer la diversite genetique d’une population en captivite qui compte environ 900 individus dans les parcs zoologiques du monde entier.
La decouverte du Maasai Mau change la donne symboliquement et scientifiquement. Maasai Mau n’est pas un parc national : il s’agit d’une foret communautaire, sans la protection juridique automatique dont beneficient les aires protegees classiques. « La reapparition du bongo pourrait inciter des organisations a augmenter les protections sur ce territoire », a note le Dr Sandri. La question de la conservation du site devient donc urgente : s’il abrite une population isolee genetiquement distincte de celle des Aberdares, comme l’estime le Mountain Bongo Project, sa valeur pour la survie de l’espece est considerablement accrue.
En France, plusieurs parcs zoologiques participent aux programmes d’elevage coordonnes par l’EAZA pour le bongo de montagne, notamment le zoo de Thoiry et le zoo de Beauval. Ces etablissements contribuent au pool genetique des 900 individus en captivite qui constituent, avec les animaux du sanctuaire kenyan, le filet de securite de l’espece. La question que posent maintenant les conservateurs est simple : combien d’autres fragments forestiers du Kenya abritent-ils encore des populations de bongos que personne ne surveille ?
En bref
Qu’est-ce que le bongo de montagne ?
Le bongo de montagne (Tragelaphus eurycerus isaaci) est la plus grande antilope forestiere d’Afrique. Il se reconnait a son pelage roux vif barre de stries blanches verticales et a ses longues cornes spiralees. Son extreme discretion et son mode de vie nocturne le rendent tres difficile a observer. Il vit uniquement dans certaines forets de montagne du Kenya.
Combien reste-t-il de bongos de montagne sauvages ?
Moins de 50 individus, selon les estimations les plus recentes. Le Mountain Bongo Project estime jusqu’a 40 individus dans les monts Aberdare, et les nouvelles images du Maasai Mau suggerent qu’au moins trois autres y vivent. En captivite, environ 900 bongos sont eleves dans des zoos et sanctuaires du monde entier.
Comment les bongos ont-ils ete detectes dans le Maasai Mau ?
Par pieges photographiques installes et surveilles par les rangers du Mountain Bongo Project, issus de la communaute Masai. Un grand male adulte avait deja ete identifie en 2018 ; les nouveaux cliches confirment la presence d’au moins deux autres individus, un jeune male et une jeune femelle, identifies par analyse de leurs marquages.
A quoi servent les transferts de bongos de zoos europeens vers le Kenya ?
Ils renforcent la diversite genetique des populations en captivite et en semi-liberte, en evitant la consanguinite qui affaiblit les especes sur plusieurs generations. Les quatre males transferes en avril 2026 depuis la Republique tcheque rejoignent plus de 100 bongos deja presents au sanctuaire Mawingu, au pied du mont Kenya.
Des zoos francais participent-ils a la conservation du bongo de montagne ?
Oui. Plusieurs parcs zoologiques francais, dont le zoo de Beauval et le zoo de Thoiry, participent au programme d’elevage coordonne par l’Association europeenne des zoos et aquariums (EAZA), qui gere le pool genetique des bongos de montagne en captivite en Europe.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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