Un moustique tigre aux pattes rayées posé sur le bord d'une soucoupe d'eau

809 cas de chikungunya attrapés sur place en 2025 : la France bascule vers les épidémies locales

Longtemps vu comme une maladie du retour de voyage, le chikungunya s'est transmis 809 fois en métropole en 2025, sans que personne ne quitte la France. Et il remonte vers le nord.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une maladie qui se transmet désormais sans voyage
  3. Pourquoi la maladie remonte vers le nord
  4. PACA en première ligne, le nord rattrape
  5. La dengue attrapée sur place progresse aussi
  6. Les gestes qui coupent la transmission
  7. Méthode et limites
  8. Questions courantes

Panorama

Vous rangez sans doute le chikungunya du côté des maladies qu’on rapporte d’un voyage sous les tropiques. Sauf qu’en 2025, 809 personnes l’ont attrapé en métropole sans avoir quitté la France, d’après le bilan de Santé publique France. Plus frappant encore : la maladie a franchi la Loire et touche trois régions pour la première fois. Nous avons rassemblé en un seul état des lieux ce que les alertes ponctuelles de l’été dispersaient.

En bref

  • 809 cas de chikungunya ont été attrapés en métropole en 2025 sans le moindre voyage, dont plus de la moitié dans la seule région Provence-Alpes-Côte d’Azur, selon Santé publique France.
  • La maladie a touché huit régions, dont trois pour la première fois : Nouvelle-Aquitaine, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté.
  • Les 809 cas se répartissent en 79 foyers de transmission (790 cas) et 19 cas isolés, entre le 27 mai et le 13 novembre.
  • La dengue attrapée sur place progresse aussi, avec 30 cas autochtones la même année.

Une maladie qui se transmet désormais sans voyage

Le chikungunya n’est plus seulement importé. En 2025, 809 cas dits autochtones, c’est-à-dire contractés sur place et non au retour d’un séjour à l’étranger, ont été recensés entre le 27 mai et le 13 novembre. Dans le détail, 790 relevaient de 79 foyers de transmission, de un à 144 cas chacun, et 19 étaient des cas isolés dont on n’a pas pu situer l’infection.

Un cas autochtone suppose une chaîne locale : une personne infectée ailleurs se fait piquer en France, le moustique s’infecte à son tour, puis transmet le virus à un voisin. Selon Santé publique France, le moustique tigre a besoin d’environ une semaine après une piqûre infectante pour pouvoir contaminer une personne saine. C’est ce délai, répété de piqûre en piqûre, qui transforme un cas importé en foyer de quartier.

Pourquoi la maladie remonte vers le nord

La bascule tient d’abord à un insecte. Le moustique tigre, désormais implanté dans une large moitié du pays, sert de relais partout où il s’installe. Cette flambée s’explique aussi par l’épidémie qui a frappé l’océan Indien, en particulier La Réunion, portée par une souche virale particulièrement à l’aise avec ce vecteur : davantage de voyageurs sont rentrés virémiques, offrant au moustique local plus d’occasions de s’infecter.

La tendance n’est pas un accident isolé. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Agence régionale de santé note une hausse claire du nombre de cas autochtones depuis 2022, dans une région où plus de 97 % de la population vit déjà en zone colonisée par le moustique tigre. À mesure que l’insecte gagne le nord et l’ouest, le risque suit.

Une soucoupe d'eau stagnante sous un pot de fleurs sur un balcon ensoleillé
Quelques jours d’eau stagnante suffisent à une ponte : le geste clé est de vider.

Le gîte de ponte le plus courant tient dans une soucoupe : quelques jours d’eau stagnante suffisent au moustique tigre pour se reproduire, à quelques mètres des habitations. C’est cette proximité qui rend la transmission possible loin des tropiques.

PACA en première ligne, le nord rattrape

La carte reste très déséquilibrée. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur concentre à elle seule 450 cas, soit plus de la moitié du total, avec une flambée de 144 cas dans les seules Alpes-Maritimes. L’ARS parle même de près de 60 % des cas métropolitains pour cette seule région, répartis sur 35 épisodes de transmission, principalement dans les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône. C’est le cœur historique du phénomène.

Mais c’est ailleurs que se joue la vraie nouveauté de 2025.

En 2025, 450 des 809 cas autochtones de chikungunya se sont concentrés en PACA
Graphique Actu Alt Plus. Source : Santé publique France, bilan 2025. Lecture : plus d’un cas sur deux s’est joué en PACA, mais la moitié restante se répartit désormais dans sept autres régions.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

En clair, un cas sur deux s’est joué en PACA, mais l’autre moitié se répartit désormais bien plus largement qu’avant. Aux régions déjà coutumières (PACA, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Corse, Île-de-France) se sont ajoutées, pour la première fois, la Nouvelle-Aquitaine, le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté.

La dengue attrapée sur place progresse aussi

Le chikungunya n’avance pas seul. La même année, 30 cas de dengue ont été transmis sur place, 29 répartis en 11 foyers et 1 cas isolé, entre le 25 juin et le 14 septembre. Même moustique, même mécanique : une personne infectée ailleurs se fait piquer en France, et le moustique local transmet à son tour.

Le tableau ci-dessous rassemble les principaux repères de l’année, ceux que les dépêches livraient au compte-gouttes.

Le chikungunya et la dengue attrapés en métropole en 2025. Source : Santé publique France, bilan 2025.
Indicateur2025
Cas autochtones de chikungunya809
dont répartis en foyers de transmission790 (79 foyers)
dont cas isolés19
Cas autochtones de dengue30
Régions touchées8
Régions touchées pour la première fois3
Cas en Provence-Alpes-Côte d’Azur450

Cette progression accompagne l’installation durable du moustique tigre, aujourd’hui présent dans 83 départements colonisés.

Les gestes qui coupent la transmission

La maladie donne surtout de la fièvre et des douleurs articulaires, rarement graves mais parfois longues à passer. Le levier le plus efficace ne tient pas à un traitement, mais à un geste : priver le moustique tigre de ses gîtes. Autour de chez vous, il suffit de vider les soucoupes et tout récipient d’eau stagnante, ou de les couvrir hermétiquement, puisque quelques jours suffisent à une ponte.

Pour se protéger des piqûres, Santé publique France recommande un répulsif adapté au moustique tigre sur la peau exposée, l’usage de ventilateurs, qui gênent l’insecte, et la pose de moustiquaires aux portes et fenêtres. Et en cas de fièvre et de douleurs, avec ou sans voyage, consulter permet de déclencher la surveillance autour du cas.

Une rue résidentielle au crépuscule pendant une opération de démoustication
Autour de chaque foyer, une surveillance et une démoustication ciblées.

Car chaque signalement compte : autour d’un cas confirmé, l’ARS et Santé publique France enquêtent pour repérer les lieux d’infection possibles, tandis qu’un opérateur de démoustication traite le voisinage. C’est cette réponse ciblée qui casse la chaîne avant qu’un foyer ne grossisse.

Méthode et limites

Chiffres de Santé publique France pour la période de surveillance renforcée (1er mai au 30 novembre 2025), cas autochtones confirmés. Un cas signalé n’est pas un cas hospitalisé, et le bilan ne préjuge pas de la gravité individuelle. La flambée 2025 est liée à l’épidémie de La Réunion et ne garantit pas le niveau de 2026 : au 5 juillet 2026, la surveillance ne recensait encore aucun cas autochtone. La part régionale varie selon la source, le communiqué de l’ARS évoquant près de 60 % des cas métropolitains en PACA.

Questions courantes

Peut-on attraper le chikungunya sans avoir voyagé ?
Oui. En 2025, 809 personnes l’ont contracté en métropole sans quitter la France, contre une poignée de cas les années précédentes. La transmission se fait par le moustique tigre, déjà implanté localement.

Quels sont les symptômes ?
Le plus souvent de la fièvre et des douleurs articulaires, parfois intenses et durables. Les formes graves restent rares, mais les douleurs peuvent gêner plusieurs semaines.

Comment éviter la transmission près de chez soi ?
En supprimant les eaux stagnantes où le moustique pond : soucoupes, seaux, gouttières, récipients oubliés. Un répulsif, un ventilateur et des moustiquaires complètent la protection. En cas de symptômes, consulter permet de déclencher la surveillance autour du cas.

La saison 2026 est-elle à risque ?
La période de surveillance renforcée court du 1er mai au 30 novembre. Le niveau de 2026 dépendra notamment des cas importés et de la météo, et ne peut pas être déduit du record de 2025.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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