Une abeille sauvage posée sur une fleur violette dans une prairie ensoleillée

Zéro abeille tuée par pesticide depuis 2021 : la méthode qui a marché en Oregon

Aucune abeille tuée par un pesticide depuis 2021 en Oregon : derrière ce chiffre rare, un dispositif d'éducation, et le contraste avec le débat français sur les néonicotinoïdes.

Le chiffre

Zéro. C’est le nombre d’abeilles tuées par les pesticides en Oregon depuis 2021, d’après le premier rapport sur la santé des abeilles de l’Oregon State University. Dans un récit où tout, d’habitude, vire au catastrophisme, ce chiffre détonne. Il ne tombe pas du ciel : il est le fruit d’un dispositif d’éducation patient, là où la France, elle, se déchire encore sur les néonicotinoïdes.

0abeille tuée par pesticide depuis 2021

Un zéro qui vaut moins pour lui-même que pour ce qu’il révèle : on peut protéger les pollinisateurs sans tout interdire, à condition d’y mettre les moyens. Et l’Oregon n’est pas un désert à abeilles, au contraire : c’est l’un des États les plus riches du pays en espèces.

Une bande de jardin fleurie de plantes sauvages, favorable aux pollinisateurs
Des jardins et bords de route repensés pour nourrir les abeilles.

Reste à comprendre comment un État en est arrivé là, et pourquoi ce résultat parle autant à la France.

Comment un État a obtenu ce zéro

La recette n’est pas une interdiction, mais de la pédagogie à grande échelle. Tout part de 2013 et d’une hécatombe d’abeilles sur un parking, qui pousse l’État à créer un groupe de travail sur la santé des pollinisateurs. En 2018, l’Oregon Bee Project prend le relais et forme quelque 12 000 paysagistes et agriculteurs aux bons gestes face aux pesticides, avec des supports diffusés jusque dans les écoles.

En parallèle, l’université compile le plus grand inventaire d’abeilles du pays, 567 espèces recensées, et une plaque d’immatriculation dédiée lève 800 000 dollars pour financer l’opération. Cet atlas ne dort pas dans un tiroir : il conseille, comté par comté, les plantes à privilégier pour nourrir les pollinisateurs. Résultat, aucune mortalité liée aux pesticides recensée depuis 2021. « L’Oregon a bâti l’un des réseaux d’enquête et d’éducation sur les abeilles les plus solides du pays », résume Andony Melathopoulos, spécialiste des pollinisateurs à l’université.

Trois chiffres du dispositif de l'Oregon : 12 000 professionnels formés, 567 espèces d'abeilles, 800 000 dollars levés
Graphique Actu Alt Plus. Derrière le zéro, un dispositif massif : 12 000 pros formés, 567 espèces cartographiées, 800 000 $ réunis. Source : Oregon State University.
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Pros formés12 000
Morts par pesticide depuis 20210

Unité : cas de mortalité d’abeilles attribués aux pesticides. Période : depuis 2021 (rapport inaugural, 2026). Limite : aucun cas connu ne veut pas dire aucun impact ; le suivi repose sur les signalements.

Douze mille professionnels formés d’un côté, zéro empoisonnement mortel de l’autre : c’est tout le pari de l’information qui tient dans cet écart.

Le contre-champ français des néonicotinoïdes

En France, le même sujet se joue sur le terrain de la loi, pas de la formation. En juillet 2025, la loi Duplomb rouvre la porte à l’acétamipride, un néonicotinoïde interdit depuis 2018 ; un mois plus tard, le Conseil constitutionnel censure cette réautorisation au nom de la Charte de l’environnement.

Rien n’est clos pour autant : fin janvier 2026, une nouvelle proposition, dite Duplomb 2, tente de réintroduire par dérogation deux de ces insecticides, en visant cette fois des filières précises comme la betterave, la noisette ou la pomme. Deux pays, deux méthodes : d’un côté on forme, de l’autre on légifère et on se déchire. L’enjeu n’a rien de théorique, tant ces insectes conditionnent une large part de nos récoltes. Nous avions montré à quel point ces pollinisateurs pèsent lourd, jusque dans notre assiette et nos apports en vitamines.

Un vaste champ de colza en fleurs sous un ciel large, avec des haies au loin
En France, le sort des pollinisateurs se joue dans les champs et dans la loi.

Le zéro de l’Oregon ne prouve pas qu’on peut se passer de règles. Il rappelle une chose plus simple : donner la bonne information aux bonnes personnes, du jardinier au paysagiste, produit des résultats mesurables. Reste une question que la France n’a pas tranchée : et si, avant d’interdire ou d’autoriser, on commençait aussi par là ?

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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