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À Kyotanabe, dans la grande banlieue sud de Kyoto, un collège public s’apprête à glisser un sweat à capuche gris dans sa panoplie officielle, pour environ 9 000 yens, soit une cinquantaine d’euros et à peu près moitié moins que le haut de gakuran qu’il côtoie. Le collège Tanabe deviendra en novembre le premier établissement public du Japon à proposer un hoodie comme uniforme, portable en cours comme à la cérémonie de remise des diplômes.
Un sweat gris à la place du col Mao
Jusqu’ici, les garçons de Tanabe portaient le gakuran, cette veste sombre à col droit boutonné jusqu’au cou, et les filles un ensemble marin à col marinière. À partir de la rentrée de novembre, une troisième option s’ajoute : un sweat à capuche gris zippé, liseré noir, avec l’emblème de l’école brodé sur la poitrine, à gauche. Le dessin a été choisi par les élèves eux-mêmes.
Ce n’est pas un vêtement réservé au trajet ou au sport. Les collégiens pourront le garder en cours, et même le porter lors de moments aussi solennels que la cérémonie d’accueil des nouveaux ou la remise des diplômes. Rien n’oblige non plus à choisir : un élève peut acheter le sweat et l’uniforme classique, puis piocher selon l’humeur du jour.

Pourquoi Tanabe franchit le pas
L’établissement fêtera l’an prochain ses 80 ans, et il a préféré marquer l’anniversaire par un geste tourné vers l’avenir plutôt que vers ses archives. « Nous avons pris cette décision en tenant compte du fait que nous vivons une époque diverse et sans distinction de genre », explique l’école dans un communiqué. Le hoodie, neutre et confortable, coche cette case.
La bascule n’a rien d’un coup de force. Trois années de suite, le collège a sondé ses élèves sur l’idée d’abandonner le gakuran pour un blazer plus moderne, et trois fois ils ont voté pour garder l’uniforme traditionnel. Le sweat n’efface donc rien : il vient élargir le choix. Dans un pays qui vient aussi d’inaugurer le premier aéroport Pokémon, la tradition et la nouveauté cohabitent sans drame.
Le col Mao, cent cinquante ans d’histoire militaire
Si ce changement fait parler, c’est que le gakuran n’est pas un simple habit. Son col droit, le tsume-eri, descend d’uniformes militaires de l’ère Meiji adoptés au XIXe siècle, et il habille les collégiens japonais depuis environ cent cinquante ans, rappelle le média Fashion Tech News. Une silhouette si ancrée qu’elle a resurgi récemment comme tenue des pourfendeurs de démons du manga à succès Demon Slayer.
Longtemps synonyme de sérieux, le col Mao est pourtant devenu, à mesure que les blazers se répandaient, l’un des uniformes les plus « traditionnels » du système scolaire. Passer au sweat, c’est donc toucher à un symbole, pas seulement à un bout de tissu.
Moitié moins cher : le coût de l’uniforme pour les familles
Le nerf de l’affaire est aussi budgétaire. À 9 000 yens, le sweat n’a rien d’un vêtement bradé, mais il revient à environ la moitié du prix d’un haut de gakuran ou de costume marin, que les familles paient d’ordinaire autour de 18 000 yens. S’ajoute un détail qui parle à tous les parents : le hoodie passe en machine, là où l’uniforme classique réclame un pressing régulier, donc une dépense qui s’accumule année après année.

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L’écart, ramené à une garde-robe entière, n’est pas anodin quand on rhabille un enfant chaque rentrée.
En France, l’uniforme cherche encore sa formule
Le débat résonne jusqu’ici. Depuis la rentrée 2024, la France teste une « tenue vestimentaire commune » dans 115 établissements volontaires, soit 97 écoles, 14 collèges et 4 lycées, pour un trousseau chiffré autour de 200 euros, cofinancé par l’État à hauteur de la moitié, selon le portail du gouvernement. Le premier bilan de la DEPP, au printemps 2026, reste mitigé : un sentiment d’appartenance un peu renforcé à l’école primaire, mais peu d’effets sur le climat, et une adhésion faible chez les adolescents. La généralisation espérée pour 2026 n’aura pas lieu.

D’un côté un collège japonais qui allège un symbole centenaire au nom du confort et du portefeuille, de l’autre un pays qui cherche encore ce qu’un vêtement commun doit dire de l’école. Le sweat gris de Tanabe ne réglera pas ce débat. Mais il rappelle qu’un uniforme n’est jamais qu’un choix, à refaire à chaque génération.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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