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La marée se retire sur un récif de Papouasie-Nouvelle-Guinée, et des flaques d’eau tiède se referment entre les coraux. Là où bien des poissons se retrouveraient piégés, un petit requin d’à peine soixante-dix centimètres pose ses nageoires sur le fond et s’en va, membre après membre, comme s’il marchait. Ce comportement porte désormais un nom d’espèce : Hemiscyllium dudgeonae, la dixième espèce connue de ces surprenants requins marcheurs, décrite dans une étude parue le 15 juin 2026.
En bref
- Une équipe menée par la biologiste australienne Christine Dudgeon a décrit une nouvelle espèce de requin marcheur, la 10e connue, dans le Journal of the Ocean Science Foundation (étude, 15 juin 2026).
- L’animal se déplace sur ses nageoires pectorales et pelviennes, utiles quand la marée basse isole des portions de récif.
- Il a été observé au large du sud-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans la province de Milne Bay.
- Le genre Hemiscyllium est endémique de l’Australie et de la Nouvelle-Guinée, et cinq de ses espèces sont déjà classées menacées.
Un requin qui pose ses nageoires comme des pattes
Oublions un instant l’image du grand prédateur fendant le large. Les requins marcheurs sont de petits poissons de fond, le plus souvent nocturnes, qui dépassent rarement les 70 à 80 centimètres, selon la description de l’étude. Ils vivent au ras du corail, dans moins de dix mètres d’eau, parmi les herbiers et les mangroves.
Leur particularité tient dans une gestuelle. Plutôt que de nager, ils font pivoter leurs nageoires pectorales, à l’avant, et pelviennes, à l’arrière, pour avancer par petites poussées sur le substrat. Le mouvement rappelle une reptation, presque une marche à quatre appuis. C’est de là que vient leur surnom.

La nouvelle venue, baptisée Hemiscyllium dudgeonae, se reconnaît à une robe piquetée de taches brunes mêlées de points blancs, et surtout à une marque en forme d’oeil juste derrière la tête. Ce faux regard, commun à plusieurs de ses cousines, pourrait décourager un prédateur en lui laissant croire à un animal plus gros.
Pourquoi marcher quand on peut nager
La réponse tient à la mécanique des marées. Sur ces récifs peu profonds, le reflux laisse par endroits des cuvettes coupées du reste du lagon. Un poisson strictement nageur y resterait bloqué, à la merci de la chaleur et du manque d’oxygène. Le requin marcheur, lui, peut enjamber une arête de corail ou traverser une zone presque à sec pour rejoindre une flaque voisine, plus fraîche et mieux oxygénée.
Cette capacité va de pair avec un mode de vie très casanier. Les requins marcheurs occupent des territoires minuscules, de quelques centaines de mètres carrés à quelques kilomètres carrés à peine. Ils pondent des oeufs déposés à même le fond, ce qui limite encore leur dispersion. Autrement dit, chaque population reste accrochée à son bout de récif, et les espèces se différencient d’un secteur à l’autre.

C’est justement cette géographie morcelée qui explique qu’on en découvre encore. La chercheuse a repéré le premier spécimen en mars 2025 dans les eaux peu profondes de Milne Bay, au cours de campagnes menées entre 2023 et 2025. L’espèce apparaît proche parente d’Hemiscyllium michaeli, un autre requin marcheur de la région.
Une famille encore mal connue du corail
Avec cette description, le genre Hemiscyllium compte désormais dix espèces, toutes cantonnées à l’Australie et à l’île de Nouvelle-Guinée, un secteur reconnu comme le point chaud mondial de la diversité des requins-tapis. Les auteurs ont aussi revu les aires de répartition de deux autres espèces papoues, montrant que leurs territoires se chevauchent davantage qu’on ne le pensait, même si les espèces ne se mélangent pas.
Cette richesse a un revers. Des territoires aussi restreints rendent ces animaux vulnérables : il suffit d’une dégradation locale du récif pour menacer une population entière. Cinq espèces du genre figurent déjà comme menacées sur la Liste rouge de l’UICN, un signal d’alerte que les scientifiques espèrent affiner pour la nouvelle venue lors d’une prochaine campagne. La question de sa protection se posera vite.
Ce que cette découverte nous rappelle
Décrire une espèce de requin en 2026 a de quoi surprendre, à l’heure des satellites et des relevés génétiques. Elle rappelle surtout que les récifs coralliens, y compris à faible profondeur, gardent encore des habitants que nous n’avons jamais nommés. En France, les grands aquariums et les muséums consacrés au monde marin donnent à voir cette biodiversité des lagons, souvent plus étrange que la fiction. Le requin qui marche en fait désormais partie.
Reste une image que l’on n’oublie pas facilement : celle d’un poisson qui, faute de pouvoir nager, choisit de continuer à pied.
Questions courantes
Ce requin marche-t-il vraiment hors de l’eau ?
Réponse courte: il se déplace surtout sur le fond, dans très peu d’eau, et peut franchir de courtes zones presque émergées à marée basse en s’appuyant sur ses nageoires.
Comment fait-il pour marcher ?
Réponse courte: il fait pivoter ses nageoires pectorales et pelviennes pour avancer par petites poussées, sans nager, un peu comme une marche à quatre appuis.
Est-il dangereux pour l’homme ?
Réponse courte: non. Il mesure moins de 80 cm, vit sur le fond et se nourrit de petits invertébrés. Il est inoffensif pour les baigneurs.
Combien d’espèces de requins marcheurs connaît-on ?
Réponse courte: dix, toutes présentes autour de l’Australie et de la Nouvelle-Guinée. Hemiscyllium dudgeonae est la dernière décrite, en juin 2026.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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