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Concrètement, une enquête pouvait jusqu’ici fonctionner à l’envers : au lieu de partir d’un suspect, la police dessinait un cercle sur une carte et demandait à Google la liste de tous les téléphones présents dans la zone. Dans l’affaire qui vient d’arriver devant la Cour suprême des États-Unis, ce filet a balayé la localisation de 19 personnes pour finir par en désigner une seule, soit dix-huit voisins, passants ou clients innocents fouillés par utilisateur réellement mis en cause. Lundi, la plus haute juridiction américaine a jugé que cette pratique relève bien de la vie privée, et qu’un mandat ciblé est désormais nécessaire. Pourquoi ça compte chez nous : la même question, celle d’un fichage de masse au nom d’une enquête, se joue déjà devant les juges français.
En bref
- Dans l’affaire jugée, le « mandat geofence » a fait remonter 19 personnes avant d’en isoler une seule : près de 18 innocents fouillés pour un suspect.
- La Cour suprême tranche 6 voix contre 3 : la localisation d’un téléphone est protégée par le 4e amendement, un mandat est requis.
- Elle n’interdit pas ces mandats, mais impose une cible et une « cause probable », au lieu du « on cherche d’abord, on soupçonne ensuite ».
- En France, la Cour de cassation a déjà jugé en 2024 que certaines géolocalisations ordonnées sans contrôle d’un juge indépendant violent le droit européen.
Comment fonctionne une « recherche inversée » par zone
Un mandat geofence, c’est une enquête qui commence par le lieu, pas par la personne. Les policiers tracent un périmètre autour de la scène d’un crime, fixent une fenêtre horaire, et demandent à une entreprise comme Google de fouiller ses immenses bases de données pour dire quels appareils s’y trouvaient. On parle de « recherche inversée » parce que le raisonnement habituel est retourné : d’ordinaire on suit un suspect, ici on part de tout le monde pour voir qui ressort.
Le terme technique fait peur, le mécanisme est simple. Votre téléphone enregistre en continu où il est passé, et ces traces dorment chez des prestataires. Un mandat geofence revient à demander la liste de toutes les personnes présentes à un endroit donné, innocentes comprises. C’est cette logique de fouille d’abord, soupçon ensuite que les avocats du requérant ont attaquée, selon la radio publique NPR.

L’affaire qui a tout déclenché
Tout part d’un braquage de banque en banlieue de Richmond, en Virginie. Un homme repart avec 195 000 dollars, l’enquête piétine deux mois, puis les enquêteurs servent un mandat à Google pour obtenir la localisation des téléphones autour de la banque, l’heure précédant et suivant les faits. Google fait d’abord remonter 19 noms, puis ne transmet que trois personnes réellement situées sur place. Chez l’une d’elles, la police trouve une arme et près de 100 000 dollars en liquide.
Cet homme, Okello Chatrie, a depuis avoué et été condamné. Mais ses avocats ont porté le débat jusqu’en haut, estimant que le mandat avait soumis des millions d’utilisateurs à une fouille sans le moindre soupçon préalable. La Cour suprême leur a partiellement donné raison : dans sa décision à six voix contre trois, elle juge que chacun a une attente raisonnable de vie privée sur l’historique de localisation de son téléphone.

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Ce que la Cour a vraiment dit, et pas dit
La Cour n’a pas interdit les mandats geofence, elle les a recadrés. Sa décision applique le 4e amendement, qui protège contre les fouilles abusives, aux données de localisation détenues par des entreprises. Résultat : pour obtenir ces données, les autorités doivent désormais décrocher un mandat et démontrer une « cause probable », c’est-à-dire des éléments sérieux reliant une personne à un crime.
La nuance est de taille. Avant, l’enquête pouvait ramasser tout un quartier avant de chercher qui suspecter. Désormais, le soupçon doit venir en premier et la demande être ciblée, comme l’explique le média spécialisé TechCrunch. Les juges renvoient d’ailleurs l’affaire à une cour d’appel, à charge pour elle de dire si le mandat initial tenait la route.

Et en France, où en est-on vraiment
La scène vous paraît lointaine, elle ne l’est pas. La France pratique aussi les réquisitions de données de localisation, centralisées par une plateforme judiciaire dédiée, et la justice européenne a passé des années à border qui peut y accéder, quand et sous quel contrôle. Le sujet n’est pas exotique : c’est le même équilibre entre enquête et vie privée, transposé dans notre droit.
Surtout, le verrou est déjà tombé une fois. En février 2024, la Cour de cassation a jugé, dans un arrêt qui fait référence, que les textes permettant au procureur d’ordonner une géolocalisation sans contrôle préalable d’un juge ou d’une autorité indépendante étaient contraires au droit de l’Union. Dans le sillage de la jurisprudence européenne sur la conservation des données, le principe se rapproche de celui de Washington : pas de fouille de localisation sans un garde-fou extérieur. La même bataille, deux continents, et la vie privée comme ligne de front.
Questions courantes
C’est quoi, un mandat « geofence » ?
Une demande judiciaire qui part d’un lieu et non d’un suspect : la police délimite une zone et une plage horaire, puis demande à une entreprise comme Google quels téléphones s’y trouvaient. On parle de « recherche inversée ».
Qu’a décidé la Cour suprême américaine ?
Par six voix contre trois, elle a jugé que la localisation d’un téléphone est protégée par le 4e amendement. Les autorités doivent obtenir un mandat ciblé et démontrer une « cause probable », au lieu de ratisser large.
Ces mandats sont-ils interdits ?
Non. La Cour ne les supprime pas, elle les encadre : la demande doit être restreinte et reposer sur un soupçon préalable, pas balayer toute une zone pour voir qui en ressort.
La France utilise-t-elle des outils comparables ?
Oui, via des réquisitions de données de localisation. En 2024, la Cour de cassation a jugé contraires au droit européen les géolocalisations ordonnées sans contrôle d’un juge ou d’une autorité indépendante.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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