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Sommaire
Panorama
Apple a réécrit le tarif de sortie de l’App Store en Europe. Les nouvelles conditions publiées le 18 août 2026 et applicables au 1er octobre ramènent à 5 % la commission prélevée sur une application vendue hors de sa boutique, contre 26 % pour une vente en achat intégré dans l’App Store.
L’affaire dépasse la comptabilité des développeurs. Depuis iOS 17.4, début 2024, un iPhone vendu dans l’Union peut installer des applications qui ne viennent pas de l’App Store, et le prix de ce détour décide en grande partie de son existence. La Commission européenne, elle, a infligé au groupe une amende de 500 millions d’euros en avril 2025, puis n’a plus dit publiquement quelles procédures restaient ouvertes.
En bref
- Apple applique au 1er octobre 2026 une grille unique à toutes les applications distribuées dans l’Union.
- La commission tombe à 5 % hors de l’App Store, contre 26 % pour un achat intégré dans la boutique maison.
- Le Core Technology Fee de 0,50 € par installation disparaît, avec l’Initial Acquisition Fee et le Store Services Fee.
- Six boutiques alternatives fonctionnent sur iPhone dans l’Union, dont une réservée aux entreprises ; une septième a fermé en février 2026.
- Dix-huit organisations professionnelles ont écrit à la Commission pour lui demander de dire quelles procédures contre Apple sont closes.
Ce que l’ouverture a produit en deux ans
L’App Store, iOS et Safari sont désignés depuis septembre 2023 comme services soumis aux obligations du règlement sur les marchés numériques, iPadOS s’y étant ajouté le 29 avril 2024. L’ouverture technique, elle, arrive avec iOS 17.4 : à partir de cette version, une application dispose de trois chemins pour atteindre un iPhone européen, l’App Store, une boutique alternative ou le site de son éditeur.
Trois chemins sur le papier. L’inventaire dressé par TechCrunch en février 2026 en recense six en fonctionnement : AltStore PAL, l’Epic Games Store ouvert en août 2024, Aptoide lancé en juin 2024, Skich depuis mars 2025, Onside depuis le 17 février 2026, et Mobivention, cantonnée à la distribution interne en entreprise. Chacune occupe une niche : les jeux chez Epic, les applications que l’App Store refuse chez AltStore PAL, la découverte par balayage chez Skich.
La liste s’est aussi raccourcie. Setapp Mobile, la boutique de l’éditeur ukrainien MacPaw et l’une des premières à avoir signé les conditions alternatives d’Apple, a fermé le 16 février 2026 en invoquant des conditions commerciales encore mouvantes et trop complexes pour son modèle économique. C’est précisément ce terrain, celui du prix d’entrée, qu’Apple vient de redessiner.
Ce qu’Apple prélève, canal par canal
La nouvelle grille remplace un empilement de prélèvements par une commission unique dont le taux dépend du chemin emprunté par la vente. Plus l’éditeur s’éloigne de l’App Store, moins Apple prélève, et plus il assume lui-même le paiement, la fraude et la fiscalité.

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L’écart utile se lit d’un bout à l’autre de l’échelle : vingt et un points de commission séparent une vente en achat intégré d’une vente réalisée dans une boutique tierce.
| Canal ou frais | Montant | En vigueur | Source |
|---|---|---|---|
| App Store, achat intégré Apple | 26 % | 1er octobre 2026 | Apple, 18 août 2026 |
| App Store, achat intégré Apple (petits éditeurs, programmes partenaires, abonnements après un an) | 15 % | 1er octobre 2026 | Apple, 18 août 2026 |
| App Store, paiement alternatif dans l’application | 20 % | 1er octobre 2026 | Apple, conditions UE |
| App Store, paiement alternatif (taux réduit) | 10 % | 1er octobre 2026 | Apple, conditions UE |
| App Store, lien sortant vers le site de l’éditeur | 15 % | 1er octobre 2026 | Apple, 18 août 2026 |
| App Store, lien sortant (taux réduit) | 10 % | 1er octobre 2026 | Apple, conditions UE |
| Vente dans une boutique alternative | 5 % (Core Technology Commission) | 1er octobre 2026 | Apple, conditions UE |
| Vente dans une application distribuée par le web | 5 % | 1er octobre 2026 | Apple, conditions UE |
| Téléchargement payant ou abonnement à une boutique alternative | 5 % | 1er octobre 2026 | Apple, conditions UE |
| Exonération de la Core Technology Commission | 0 % | 1er octobre 2026 | Apple, boutiques alternatives |
| Core Technology Fee, par installation au-delà d’un million par an | 0,50 € | jusqu’au 30 septembre 2026 | Apple, Core Technology Fee |
| Plafond du Core Technology Fee (éditeurs de 10 à 50 M€ de revenus) | 1 million d’euros par an | jusqu’au 30 septembre 2026 | Apple, Core Technology Fee |
| Initial Acquisition Fee | supprimé | 1er octobre 2026 | Apple, 18 août 2026 |
| Store Services Fee | supprimé | 1er octobre 2026 | Apple, 18 août 2026 |
| Amende pour entrave à l’orientation des clients | 500 millions d’euros | décision du 23 avril 2025 | Commission européenne |
L’exonération de la ligne 10 vise les petites structures : elle s’applique aux éditeurs qui réalisent moins de 10 millions d’euros de revenus mondiaux sur douze mois et moins d’un million d’euros cumulés sur le prix de téléchargement ou l’abonnement de leur boutique européenne, d’après la page de conditions publiée par Apple à destination des développeurs.
À partir du 1er octobre 2026, un éditeur français qui vend un abonnement hors de l’App Store sur iPhone laisse 5 % à Apple, contre 26 % en achat intégré sur l’App Store.

Bruxelles a frappé une fois, puis s’est tue
La chronologie réglementaire tient en quatre dates. Le 24 juin 2024, la Commission adresse à Apple des conclusions préliminaires sur les règles de l’App Store qui empêchent les développeurs d’orienter librement leurs clients vers d’autres canaux, et ouvre le même jour une procédure distincte sur les nouvelles exigences contractuelles imposées aux boutiques tierces, Core Technology Fee compris.
Le 23 avril 2025, elle tranche la première : Apple est condamné à 500 millions d’euros pour manquement à l’obligation de laisser les développeurs informer gratuitement leurs clients des offres extérieures. Le même jour, la Commission clôt son enquête sur le choix de l’utilisateur, après qu’Apple a modifié son écran de choix de navigateur et ses menus de réglages par défaut, et annonce que les conditions faites aux boutteurs tierces lui paraissent elles aussi contraires au règlement : exigences d’éligibilité trop strictes, parcours d’installation jugé pénible et déroutant pour l’utilisateur.
Le 18 août 2026, Apple annonce sa nouvelle grille et écrit que ces changements « résolvent les désaccords » avec la Commission sur les conditions commerciales et la distribution alternative. Début septembre, dix-huit organisations professionnelles coordonnées par la Coalition for App Fairness écrivent à la Commission pour contester cette lecture : la commission de 15 % sur les liens sortants leur paraît incompatible avec une obligation d’orientation gratuite, et la ponction de 5 % hors App Store tout aussi contestable. Elles demandent à Bruxelles de dire noir sur blanc quelles procédures sont closes et lesquelles ne le sont pas.
Ce que ça change sur un iPhone acheté en France
Concrètement, rien ne s’impose au propriétaire d’un iPhone. L’App Store reste installé, actif et par défaut ; les boutiques alternatives s’ajoutent, elles ne remplacent rien. Le gain se joue sur le prix des abonnements : un éditeur qui passe de 26 % à 5 % de commission récupère une marge qu’il peut répercuter, ou pas.
Le détour a un coût pratique. Il faut autoriser la boutique dans les réglages, accepter que le service après-vente applicatif ne passe plus par Apple, et vivre avec un catalogue plus étroit. Nous avons détaillé ailleurs la marche à suivre et le cadre juridique pour installer une app hors magasin. Les droits attachés à l’appareil lui-même ne bougent pas : la garantie légale de l’iPhone ne dépend ni de la boutique ni du mode de paiement choisi par un éditeur.

Le ticket d’entrée reste réservé aux gros
Ouvrir une boutique concurrente n’est pas qu’une affaire de commission. Apple conditionne l’autorisation à une démonstration de solidité financière, et la liste des justificatifs acceptés, détaillée sur sa page dédiée aux boutiques, en dit long : une lettre de crédit stand-by d’un million de dollars auprès d’un établissement noté BBB- ou mieux, ou une notation Dun & Bradstreet en risque faible, ou une cotation sur une place reconnue, ou un financement par un fonds figurant sur certaines listes professionnelles, ou encore un million de premières installations annuelles dans le monde l’année précédente.
Le candidat doit aussi être inscrit comme organisation au programme développeur, publier ses conditions et sa politique de collecte de données, traiter les demandes de retrait des autorités et mettre en place une détection de fraude et d’atteinte à la propriété intellectuelle. Le 18 août, Apple a indiqué élargir ces qualifications, sans en publier le nouveau périmètre chiffré.
C’est l’écart qui structure le marché européen des applications iOS : la commission de sortie a été divisée, la barrière à l’entrée reste haute. Le Core Technology Fee, ce péage de 0,50 € par installation au-delà du premier million, s’éteint dans deux semaines ; les conditions d’accès au métier de distributeur, elles, n’ont pas bougé.
Questions courantes
Un développeur peut-il changer de mode de paiement quand il veut ?
Non. Apple impose de conserver l’option retenue, achat intégré, paiement alternatif dans l’application, lien vers le web ou une combinaison, pendant au moins douze mois avant d’en changer.
Une application gratuite paie-t-elle quelque chose ?
Une application entièrement gratuite, sans aucune monétisation, échappait déjà au Core Technology Fee. La commission qui le remplace porte sur les ventes de biens et services numériques : sans vente, il n’y a rien à prélever.
Pendant combien de temps un achat fait sur le web est-il facturé par Apple ?
Sept jours. Seules les ventes réalisées dans les sept jours suivant le clic sur le lien sortant donnent lieu à la commission sur les services de la boutique.
Que doit déclarer un éditeur qui vend hors de l’App Store ?
Ses transactions de biens et services numériques, chaque mois, dans les quinze jours qui suivent la fin du mois.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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