Un smartphone sans marque posé dos ouvert sur un tapis de réparation, entouré d’un tournevis et d’une pince.

Votre téléphone a droit à cinq ans de mises à jour, sept ans de pièces détachées

Le règlement européen impose cinq ans de mises à jour du système et sept ans de pièces détachées à tout téléphone vendu en France. Voici les durées qu’Apple, Samsung, Google et Fairphone déclarent vraiment, mises en regard de ce plancher.

Sommaire
  1. Devinez avant de lire
  2. En bref
  3. Ce que le règlement oblige, ligne par ligne
  4. L’étiquette française a disparu, l’européenne a pris la place
  5. Quatre marques, quatre engagements
  6. Les deux ans d’angle mort
  7. Questions courantes

Devinez avant de lire

Combien d’années de mises à jour du système d’exploitation le règlement européen impose-t-il au minimum ?

Panorama

Bruxelles a fixé un plancher à la durée de vie des téléphones vendus en France. Depuis le 20 juin 2025, tout smartphone vendu en France doit recevoir des mises à jour de son système d’exploitation pendant au moins cinq ans après l’arrêt de sa commercialisation, et ses pièces détachées rester disponibles sept ans.

Concrètement, ces deux durées sont désormais écrites dans un règlement européen, et un modèle qui ne les respecte pas n’a pas le droit d’être mis en vente. Reste à savoir qui s’en tient au minimum, qui va au-delà, et où l’acheteur peut lire le chiffre avant de payer.

En bref

  • Le règlement écoconception européen s’applique depuis le 20 juin 2025 : cinq ans de mises à jour du système d’exploitation, sept ans de pièces détachées.
  • Les pièces essentielles doivent parvenir aux réparateurs en cinq à dix jours ouvrables.
  • L’indice de réparabilité français a été abrogé pour les téléphones mobiles par un arrêté du 26 juin 2025 ; c’est l’étiquette énergie européenne qui porte désormais une classe de réparabilité de A à E.
  • Samsung et Google annoncent sept ans, Fairphone huit ans pour le Fairphone 5, quand Apple ne publie aucune durée de mises à jour.

Ce que le règlement oblige, ligne par ligne

Le règlement écoconception vise les smartphones, les téléphones sans fil et les tablettes mis sur le marché de l’Union depuis le 20 juin 2025. La Commission européenne en résume les obligations : des mises à jour du système d’exploitation pendant au moins cinq ans à compter de la fin de mise sur le marché du dernier exemplaire du modèle, et des pièces détachées essentielles disponibles sept ans après l’arrêt des ventes dans l’Union, livrées en cinq à dix jours ouvrables.

Le compteur ne démarre pas le jour de l’achat. Il démarre quand le constructeur cesse de vendre le modèle, ce qui laisse mécaniquement une réserve plus longue à qui achète en début de carrière commerciale, et un reste à courir plus court à qui achète un modèle en fin de catalogue.

Le texte ne s’arrête pas au logiciel. La fiche produit officielle de la Commission liste aussi une batterie capable de tenir au moins 800 cycles de charge et de décharge en conservant au moins 80 % de sa capacité initiale, et des exigences de résistance aux chutes accidentelles, aux rayures, à la poussière et à l’eau.

Un tiroir d’atelier rempli de compartiments d’écrans, de batteries et de connecteurs de rechange.
Les pièces essentielles doivent parvenir aux réparateurs en cinq à dix jours ouvrables.

L’étiquette française a disparu, l’européenne a pris la place

Un arrêté du 26 juin 2025 a abrogé l’arrêté du 29 décembre 2020 qui fixait le calcul et l’affichage de l’indice de réparabilité des téléphones mobiles multifonctions, comme le recense le ministère de la Transition écologique. La note sur dix a donc quitté les fiches des téléphones : elle ne concerne plus que les ordinateurs portables, les tondeuses à gazon, les lave-vaisselle, les aspirateurs et les nettoyeurs haute pression.

L’indice de durabilité, qui prend le relais depuis 2025, ne couvre pour l’instant que les téléviseurs, depuis le 8 janvier 2025, et les lave-linge, depuis le 8 avril. Les téléphones n’y figurent pas.

Ce qui s’affiche à leur place est européen. L’étiquette énergie qui accompagne désormais les smartphones et les tablettes porte une classe de réparabilité notée de A à E, la première du genre exigée sur un produit vendu dans l’Union. Le Centre commun de recherche, qui a bâti la méthode de notation, la fonde sur six facteurs : profondeur de démontage, fixations, outils nécessaires, disponibilité des pièces, informations de réparation et mises à jour logicielles. La durée de support ne se lit donc pas en clair sur l’étiquette : elle pèse dans la lettre.

Quatre marques, quatre engagements

Le plancher légal ne dit rien de ce qu’un constructeur ajoute de lui-même. Quatre marques publient un engagement consultable sur leurs propres pages, et ces engagements ne se comptent pas tous à partir de la même date.

Trois ans séparent le plancher européen de l’engagement affiché par Fairphone. Apple ne publie pas de durée et ne figure donc pas au graphique.
Trois ans séparent le plancher européen de l’engagement affiché par Fairphone. Apple ne publie pas de durée et ne figure donc pas au graphique.
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Lue ainsi, la hiérarchie est nette : les durées annoncées par les fabricants Android dépassent l’obligation européenne, tandis qu’Apple n’alimente pas cette colonne. Le détail tient dans le tableau.

Durées de support annoncées et plancher européen, téléphones vendus en France
ConstructeurMises à jour annoncéesPièces détachéesSource de la déclaration
Plancher européen (règlement 2023/1670)5 ans après la fin de mise sur le marché7 ans après l’arrêt des ventes, livrées en 5 à 10 jours ouvrablesCommission européenne
Apple (iPhone)Aucune durée publiéeService et pièces au minimum 5 ans après la dernière distribution, jusqu’à 7 ansApple, produits vintage
Samsung (Galaxy)Jusqu’à 7 ans de mises à jour de sécuritéPlancher européenSamsung Mobile Security
Google (Pixel 8 et suivants)7 ans d’Android, de sécurité et de Pixel DropsPlancher européenAide Google Pixel
Fairphone (Fairphone 5)8 ans au minimum, dont 5 versions majeures d’AndroidPlancher européenFairphone

Apple ne publie aucune durée de mises à jour d’iOS. Sa page officielle engage en revanche le service après-vente : pièces et réparation disponibles au minimum cinq ans après la dernière distribution du produit, et jusqu’à sept ans selon la disponibilité des pièces. Un appareil y est dit « vintage » quand Apple a cessé de le distribuer depuis plus de cinq ans et moins de sept, « obsolète » au-delà, et les prestataires ne peuvent alors plus commander de pièces.

Samsung indique depuis janvier 2024 étendre son support de mises à jour de sécurité jusqu’à sept ans pour les appareils Galaxy. Google tient le même compte pour les Pixel 8 et les modèles suivants, mises à jour Android, correctifs de sécurité et Pixel Drops compris ; les Pixel 6, Pixel 7 et Pixel Fold restent à cinq ans. Fairphone annonce huit ans au minimum pour le Fairphone 5, dont au moins cinq versions majeures d’Android.

Les points de départ ne coïncident pas. Le plancher européen se compte après l’arrêt de la commercialisation du modèle, quand Google date son décompte de la première mise en vente sur son magasin américain. Deux engagements affichés au même nombre d’années ne recouvrent donc pas la même période réelle.

Un rayon de magasin avec plusieurs téléphones sur socles et des porte-étiquettes vierges devant chacun.
Depuis l’abrogation de juin 2025, la note de réparabilité française ne figure plus sur les fiches des téléphones.

Les deux ans d’angle mort

L’écart entre les deux obligations européennes ouvre une zone étrange. Pendant deux ans, un téléphone doit encore pouvoir être réparé avec des pièces d’origine alors que plus rien n’oblige son constructeur à corriger son système. L’appareil tient physiquement, il vieillit logiciellement.

Pour l’acheteur, la conséquence est très concrète. La valeur d’un téléphone d’occasion suit la durée de support qui lui reste : un modèle encore mis à jour se revend et se rachète autrement qu’un modèle sorti des listes, et le marché du reconditionné se joue précisément dans cette fenêtre.

Série AAP

AAP suit cette valeur résiduelle dans sa cote de reprise, dont le premier relevé chiffrait un iPhone 11 à 155 euros.

Le chiffre se vérifie modèle par modèle : chaque appareil mis sur le marché européen est enregistré dans la base de données EPREL, accessible par le QR code imprimé sur son étiquette énergie.

Questions courantes

Mon téléphone acheté avant juin 2025 est-il concerné ?
Non. Le règlement s’applique aux appareils mis sur le marché de l’Union européenne à partir du 20 juin 2025. Pour un modèle plus ancien, seule vaut la politique de support publiée par son constructeur.

Un réparateur indépendant peut-il obtenir les pièces ?
Oui. Le texte impose un accès non discriminatoire des réparateurs professionnels aux pièces détachées ainsi qu’aux logiciels et micrologiciels de remplacement.

Les tablettes suivent-elles les mêmes règles ?
Oui, les tablettes tactiles et les téléphones sans fil relèvent du même texte. En sont exclus les appareils à écran souple ou enroulable et les terminaux de communication à haute sécurité.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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Hugo

« Hugo » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Tech, IA & Futur : ce que la technologie et l’IA changent concrètement, à hauteur d’usage plutôt que de promesse.

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