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Un fauteuil monté sur une seule roue, deux brancards, et quatre paires de bras qui poussent vers la mer. Le 21 juin, sur le plus grand rassemblement de triathlètes de France, Fawzia a bouclé le dernier kilomètre du Triathlon Deauville Normandie en joëlette. Cette adolescente de 13 ans, sourde et aveugle, n’a pas couru pour un chrono. Elle a franchi une ligne d’arrivée que la quasi-totalité des participants atteignent sans même y penser. Derrière elle, un étudiant de 22 ans et trois bénévoles de l’association Les Tout-Petits, seule structure de ce type engagée sur l’épreuve cette année.
En bref
- Sur la 15e édition du Triathlon Deauville Normandie (19 au 21 juin 2026), une seule association engageait un projet de ce genre : Les Tout-Petits (site officiel du triathlon).
- Fawzia, 13 ans, sourde et aveugle, a parcouru le dernier kilomètre en joëlette, accompagnée de trois bénévoles.
- Le porteur du projet, Vincent Timéo, 22 ans, est étudiant en école de commerce et engagé dans l’association depuis plusieurs mois.
- La joëlette, ce fauteuil tout-terrain monoroue, existe depuis 1987 et ouvre les sentiers et les courses aux personnes qui ne peuvent pas marcher.
Quatre bénévoles, une roue, une ligne d’arrivée
La scène se déroule loin du peloton de tête. Pendant que les triathlètes aguerris enchaînent natation, vélo et course à pied sur des distances qui montent jusqu’à 1,9 km de nage, 90 km de vélo et 21 km de course, un petit groupe avance à un autre rythme. Fawzia est installée dans la joëlette. Vincent Timéo tient les brancards. À ses côtés, deux autres bénévoles et Sébastien Legoff, le directeur général de l’association, se relaient pour pousser, tirer, équilibrer.
Fawzia n’est pas une inconnue pour eux. Elle est suivie par Les Tout-Petits depuis cinq ans. L’idée n’était pas d’aligner un dossard de plus, mais de lui offrir une expérience qu’elle n’aurait jamais vécue autrement : le bruit de la foule, l’air marin, la dernière ligne droite face à l’eau. La citation que retient l’association tient en une phrase, signée Vincent Timéo : « Les enfants ne partent pas tous avec les mêmes chances dans la vie. »

Ce qui frappe, c’est la logistique invisible. Un triathlon classe, chronomètre, départage. Là, le résultat ne compte pas. Ce qui compte, c’est que la roue tourne et que quatre personnes restent soudées jusqu’au bout. Le sport, ici, n’est pas une compétition. C’est un moyen de transport vers un moment partagé.
La joëlette, mode d’emploi
Si vous n’avez jamais croisé de joëlette, sachez que tout repose sur une mécanique simple et solidaire. C’est un fauteuil à suspension monté sur une seule roue, équipé d’un brancard à l’avant et d’un autre à l’arrière, sur le principe de la chaise à porteurs. L’accompagnateur de devant assure la traction et la direction. Celui de derrière garantit l’équilibre. Sur terrain difficile ou en montée, on ajoute des porteurs latéraux : de deux à six personnes au total, selon la pente et le sol.
L’engin n’est pas une nouveauté. Il a été imaginé en 1987 par Joël Claudel, un accompagnateur en moyenne montagne, qui voulait emmener son neveu myopathe sur les sentiers. Depuis, la joëlette a quitté les chemins de randonnée pour s’inviter sur des courses dites « valides », celles que rien ne réserve aux personnes en situation de handicap. C’est tout l’enjeu : participer à l’épreuve de tout le monde, et pas seulement à une catégorie à part. La fiche de référence sur la joëlette rappelle ce basculement, du loisir adapté vers le terrain commun.

Derrière ce dispositif, il y a une maison. L’association Les Tout-Petits accompagne aujourd’hui près de 400 personnes en situation de handicap, dans douze établissements et services en région parisienne, et fête ses soixante ans d’existence, comme le détaille son historique en ligne. Sortir un de ces jeunes sur une épreuve nationale, c’est une mécanique de bénévolat, de matériel et de confiance qui se prépare longtemps en amont.
Sur la plage de Deauville, dimanche, personne n’a regardé le classement de Fawzia. Tout le monde a regardé la roue franchir la ligne. La prochaine fois que vous verrez passer une joëlette, vous saurez qu’il faut au moins quatre paires d’épaules pour la faire avancer. Et qu’au bout, il y a toujours quelqu’un qui n’aurait pas dû pouvoir arriver là.
Questions courantes
Qu’est-ce qu’une joëlette ?
C’est un fauteuil tout-terrain monté sur une seule roue, avec un brancard à l’avant et un à l’arrière. Il permet à une personne qui ne peut pas marcher de prendre part à une randonnée ou à une course, portée par des accompagnateurs.
Combien de personnes faut-il pour la faire avancer ?
Au minimum deux, un devant pour tirer et diriger, un derrière pour l’équilibre. Sur terrain difficile, on monte jusqu’à six porteurs, avec des accompagnateurs latéraux pour sécuriser.
Qui était au départ de ce défi à Deauville ?
Fawzia, 13 ans, sourde et aveugle, suivie par l’association Les Tout-Petits depuis cinq ans, accompagnée de trois bénévoles dont l’étudiant Vincent Timéo et le directeur général de l’association.
Pourquoi parler d’épreuve « valide » ?
Parce que le Triathlon Deauville Normandie n’est pas une compétition réservée au handicap. Y participer en joëlette, c’est rejoindre la course de tout le monde plutôt qu’une catégorie séparée.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
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