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On connaît tous ce moment où une cuisine déborde, où ça parle fort, où quelqu’un baisse le feu pendant qu’un autre goûte la sauce du bout d’une cuillère. Le 10 juin, à La Cocotte Solidaire de Nantes, ce moment-là appartenait à une quinzaine de garçons arrivés seuls en France, penchés sur un mafé pour soixante personnes qu’ils n’avaient jamais rencontrées. À la fin du dîner, organisé dans le cadre du Refugee Food Festival, c’est cette table partagée qui restait, plus que les discours. Voici comment une soirée se transforme en preuve concrète de ce que peut être l’accueil.
En bref
- Le 10 juin 2026, une quinzaine de jeunes exilés ont cuisiné le dîner de 60 convives à La Cocotte Solidaire, la seule soirée nantaise du festival portée par des mineurs et non par un chef pro (source : Fragil).
- Le plat servi était une adaptation du mafé, ragoût d’arachides d’Afrique de l’Ouest, encadré par une seconde de cuisine nantaise.
- L’événement s’inscrit dans la 11e édition du Refugee Food Festival, du 6 au 28 juin dans 12 villes.
- Sur place, une inquiétude revient : il manque des hébergements, et des mineurs dorment dehors.
Une cuisine, pas une tribune
L’idée tient en une phrase, et elle est de Nadège Bakhti, co-porteuse de l’édition nantaise : « chacun a sa place aussi autour de la table, en cuisine ». Ce soir-là, la place revenait à des jeunes accompagnés par deux associations locales, Wontanara et la Maison Jeunes Migrants, qui suivent au quotidien des mineurs non accompagnés vers le logement, l’école et l’intégration. La plupart des garçons venaient d’Afrique de l’Ouest. Aucun n’est cité comme une figure : ils sont la main qui coupe, qui remue, qui dresse.
Pour les guider, les organisateurs ont fait venir Maëlle Cron, seconde de cuisine du restaurant La Mandale. Le choix de la cheffe n’est pas anodin, comme l’explique le récit de la soirée publié par le magazine nantais Fragil : il s’agit qu’« elle vienne partager ses connaissances et que les jeunes partagent avec elle aussi ». Le partage va dans les deux sens, et c’est tout le sujet.

Le plat, lui, raconte un voyage : un mafé, ce ragoût d’arachides typique d’Afrique de l’Ouest et originaire du Sénégal, adapté pour l’occasion. Une recette de fête, de maison, transposée dans une cantine solidaire nantaise.
Ce que change un repas qu’un discours ne change pas
Steph, bénévole régulière à La Cocotte, résume sans emphase ce qui se passait derrière les fourneaux : « On plaisante, chacun met sa musique qu’il veut écouter. Que ce soit des réfugiés ou des non-réfugiés, c’est pareil. » Pas de cérémonie, pas de leçon. Juste une cuisine ordinaire, et c’est précisément l’extraordinaire.
Al-My, bénévole guinéen passé par les éditions précédentes, dit la même chose à sa manière : « Là, on cuisine, on échange, on fait la connaissance. C’est très agréable. » L’accueil, dans cette pièce-là, ne se décrétait pas. Il se goûtait. Et il prenait une importance particulière cette année, dans un climat où, selon les organisateurs, « beaucoup de discours xénophobes, racistes nous envahissent ». Leur réponse n’est pas un contre-discours : c’est une table, et l’envie d’« occuper un maximum l’espace ».

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Cette soirée n’est qu’une parmi des centaines. Depuis 2016, le festival affiche 100 000 participants et près de 100 restaurants mobilisés chaque année, des chiffres mis en avant par l’association Refugee Food. Mais l’échelle ne dit pas grand-chose de ce qui se joue dans une cuisine un soir donné. La force du repas tient à sa petitesse.
Derrière l’assiette, la question du toit
Il serait malhonnête de s’arrêter à l’image chaleureuse. Sur place, la même soirée portait une ombre. Wontanara, qui héberge temporairement des mineurs non accompagnés, cherche des bénévoles d’accueil, faute de places. « Il faut savoir qu’il y a plusieurs jeunes qui sont dans la rue aujourd’hui », rappelle Al-My, avant d’ajouter qu’on manque de logements pour eux. La fête ne referme pas le problème, elle le met en lumière.
C’est là que la cuisine devient autre chose qu’un symbole. Pour ces associations, elle est aussi un tremplin réel : orientation vers des cours de français, vers des formations, mise en relation avec des employeurs. Une soirée comme celle du 10 juin n’insère personne à elle seule, mais elle ouvre une porte. Sur la question plus large de l’aide concrète à ceux qui n’ont pas de toit, nous avions exploré ailleurs la marge des aides directes.

À la fin, il reste des casseroles à laver et une question simple. Ce qui s’est joué autour de ce mafé marche le temps d’un dîner. Le pari de ces bénévoles, c’est que ça déteigne un peu sur le reste. La table était mise pour soixante. Le travail, lui, continue après le dessert.
Questions courantes
Qu’est-ce que le Refugee Food Festival ?
Un festival culinaire et solidaire né en 2016, qui organise des collaborations en cuisine entre des personnes réfugiées et des restaurateurs locaux. La 11e édition se tient du 6 au 28 juin 2026 dans 12 villes de France.
Qu’avait de particulier la soirée nantaise du 10 juin ?
C’était la seule de l’édition nantaise portée par un collectif de mineurs exilés, plutôt que par un chef migrant professionnel associé à un restaurateur. Une quinzaine de jeunes ont cuisiné pour une soixantaine de convives.
Qu’est-ce que le mafé servi ce soir-là ?
Un ragoût à base de pâte d’arachides, typique d’Afrique de l’Ouest et originaire du Sénégal. La version proposée à La Cocotte Solidaire était une adaptation, encadrée par une seconde de cuisine nantaise.
Comment soutenir les jeunes accueillis à Nantes ?
Les associations Wontanara et la Maison Jeunes Migrants, qui accompagnent des mineurs non accompagnés, cherchent notamment des bénévoles d’accueil, faute de places d’hébergement suffisantes.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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