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Les salles de cinéma françaises ont vendu environ 157 millions de places en 2025, contre 181 millions un an plus tôt. Cela fait près de 24 millions d’entrées parties en fumée en douze mois, une chute de 13,6 % détaillée par le Centre national du cinéma. Mais le chiffre cache l’essentiel : ce ne sont pas les jeunes qui ont lâché les salles, ce sont les plus de 60 ans. Le public qui reste est plus jeune qu’avant, et il vient surtout pour l’événement.
En bref
- Environ 157 millions d’entrées en 2025, contre 181 millions en 2024 : près de 24 millions de places perdues.
- Le CNC pointe les seniors comme le segment de consommation qui a disparu des salles.
- L’âge moyen du spectateur est tombé à 34 ans, plusieurs années plus jeune qu’avant : le public se recompose, il ne fond pas par les deux bouts.
- Face aux trous de caisse, 70 cinémas ont obtenu une avance exceptionnelle de trésorerie du CNC.
La tentation est grande de tout mettre sur le dos du streaming ou d’une jeunesse rivée à son téléphone. Les chiffres racontent autre chose. En octobre comme en décembre, le CNC a mesuré un public en salle plus masculin, issu de catégories plus populaires, et surtout plus jeune de trois ou quatre ans qu’un an auparavant. L’âge moyen est descendu autour de 34 ans, et même 33 ans en décembre. Ce n’est pas un public qui s’évapore uniformément. C’est un public dont une tranche entière, celle des cheveux gris, a quitté la file d’attente.

Le creux est réel, mais il n’est pas nouveau
Pour situer ces 157 millions, il faut sortir de l’année écoulée. La France des années 1980 remplissait ses salles avec environ 120 millions d’entrées par an. La décennie 2010 a dépassé les 200 millions, portée par les multiplexes et quelques locomotives populaires. Le millésime 2025 ramène donc la fréquentation au niveau des années 2000, loin derrière le pic récent, mais nettement au-dessus du plancher des années 1980. Autre nuance utile : malgré la chute, la France reste de très loin le premier marché de cinéma en Europe, comme le rappelle le CNC.

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La courbe dit deux choses à la fois. La pente de 2025 est brutale sur un an, mais elle s’inscrit dans une oscillation longue où le cinéma français a déjà connu des creux et des remontées. Ce n’est pas la mort annoncée d’un loisir, c’est un marché qui se contracte et change de visage en même temps.
Pourquoi les seniors ont décroché
Le CNC est explicite sur la cause. Le segment de consommation qui a disparu, regrette l’organisme, ce sont les seniors, qui sont aussi les plus sensibles à la variété de l’offre. Traduit en clair : quand l’année manque de blockbusters et que la production française déçoit, ce sont d’abord les spectateurs âgés, habitués d’une sortie régulière et exigeants sur le choix de films, qui restent chez eux. Les plus jeunes, eux, se déplacent par vagues sur les gros rendez-vous, ce qui rajeunit mécaniquement la moyenne d’âge sans compenser le volume perdu.
Le contre-exemple de la fin d’année le confirme. Décembre 2025 a engrangé à lui seul près de 21 millions d’entrées, un sursaut spectaculaire porté par Avatar et le carton d’animation Zootopie 2, comme l’a relevé franceinfo. Autrement dit, la salle fonctionne encore très fort quand l’affiche fait événement. Le problème n’est pas l’envie de cinéma, c’est la régularité de la sortie, ce rituel hebdomadaire que les plus âgés avaient gardé et qui s’est rompu. Si vous attendez la prochaine séance à prix réduit pour y emmener vos parents, la Fête du Cinéma et ses séances à 5 euros visent précisément ce public qui n’y va plus que pour les grandes occasions.

Et les petites salles, dans tout ça
La recomposition du public se paie au guichet, et toutes les salles ne tiennent pas le choc de la même façon. Les grands multiplexes encaissent les pics de décembre. Les petits cinémas de quartier et de centre-ville, eux, vivaient justement du flux régulier des habitués, dont une bonne part de seniors. Quand ce flux se tarit, c’est la trésorerie qui craque. Le CNC a ouvert à l’automne 2025 un dispositif d’avances exceptionnelles de trésorerie pour les exploitations en difficulté aiguë : sur environ 120 demandes reçues, 70 cinémas remplissaient les critères et ont été aidés. Soixante-dix établissements qui demandent une perfusion, c’est la traduction comptable de la chaise vide laissée par les spectateurs partis.
La vraie question pour 2026 n’est donc pas de savoir si les Français aiment encore le cinéma. Décembre a répondu. Elle est de savoir si la sortie en salle peut redevenir autre chose qu’un rendez-vous réservé à deux ou trois titres par an, et si le public de 60 ans et plus retrouvera le chemin entre deux blockbusters.
Questions courantes
Combien d’entrées les cinémas français ont-ils perdu en 2025 ?
Environ 24 millions : la fréquentation est passée de près de 181 millions d’entrées en 2024 à environ 157 millions en 2025, soit une baisse de 13,6 % selon le CNC.
Qui a vraiment déserté les salles ?
Les seniors. Le CNC identifie les plus de 60 ans comme le segment de consommation disparu, alors que l’âge moyen des spectateurs présents est tombé autour de 34 ans.
Est-ce le pire niveau jamais atteint ?
Non. 2025 ramène la fréquentation au niveau des années 2000, loin derrière les plus de 200 millions d’entrées des années 2010, mais au-dessus des quelque 120 millions des années 1980.
Pourquoi décembre 2025 a-t-il rebondi malgré tout ?
Grâce à une affiche événement, avec Avatar et Zootopie 2, qui a ramené près de 21 millions de spectateurs sur le seul mois de décembre. La salle marche fort quand le film fait événement.
Les petites salles sont-elles menacées ?
Les plus fragiles ont souffert : sur environ 120 demandes, 70 cinémas ont obtenu une avance exceptionnelle de trésorerie du CNC en fin d’année 2025.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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