Vaste terrain herbeux en lisière d'une petite ville, près d'un poste électrique et d'une voie ferrée

Un parc promis aux enfants, revendu 10 millions de dollars pour un data center

À Taylor, au Texas, 87 acres donnés en 1999 pour 10 dollars, avec une clause de parc, ont fini cédés 10 millions à un développeur de serveurs. Une famille se bat en justice.

Sommaire
  1. En bref
  2. De 10 dollars à 10 millions, la chaîne d'une revente
  3. En France aussi, le numérique pèse sur le foncier
  4. Questions courantes

En 1999, une famille d’agriculteurs du Texas a cédé près de 87 acres de terre à la petite ville de Taylor pour la somme symbolique de 10 dollars, à une seule condition : que ce terrain devienne un parc pour les enfants. Vingt-six ans plus tard, une entreprise va y construire un data center de 135 000 pieds carrés. La ville a revendu la parcelle 10 millions de dollars, et les descendants des donateurs sont allés en justice pour la récupérer, comme l’a documenté 404 Media.

En bref

  • En 1999, la famille Bland donne 87 acres pour 10 dollars à Taylor (Texas), avec une clause d’usage en parc public.
  • Après plusieurs cessions, la ville a revendu le terrain 10 millions de dollars au développeur Blueprint pour un data center de 135 000 pieds carrés.
  • La municipalité attend 30 millions de dollars de recettes fiscales sur dix ans, dont 20 millions fléchés vers les écoles.
  • La famille a saisi la justice ; un premier recours a été rejeté et la demande d’arrêt du chantier refusée, l’affaire monte en appel.

L’histoire tient en une promesse trahie. Pamela Griffin, qui vit près de ce terrain depuis l’enfance, se souvient d’une phrase du vieux M. Bland rapportée à 404 Media : il voulait donner cette terre parce que les enfants avaient besoin d’un endroit pour jouer. Elle y a joué au baseball, y a campé, a vu ses propres enfants et petits-enfants faire de même. Le data center s’élèvera à 150 mètres de chez elle, coincé entre un poste électrique et une voie ferrée.

Documents fonciers anciens et acte de propriété posés sur une table
Au cœur du litige, un acte de 1999 et sa clause d’usage en parc.

De 10 dollars à 10 millions, la chaîne d’une revente

Le plus frappant n’est pas le montant final, mais l’écart entre les deux bornes. La parcelle est partie pour 10 dollars en 1999 et revendue 10 millions en 2025 : un facteur d’un million, sans qu’un seul arbre y ait été planté pour le parc promis. Entre les deux, le terrain a changé de mains plusieurs fois. Confié d’abord à une fondation texane des parcs, il a transité par une autre fondation, puis a été remis à la ville de Taylor. En 2008, la municipalité l’a vendu pour 15 000 dollars à sa propre agence de développement économique, la Taylor Economic Development Corporation, qui l’a laissé dormir avant de le céder à Blueprint, raconte le site spécialisé Gizmodo.

Échelle des trois cessions du terrain de Taylor : 10 dollars en 1999, 15 000 dollars en 2008, 10 millions en 2025
Graphique Actu Alt Plus. Sources : 404 Media, Gizmodo.
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Le graphe rend visible ce que les chiffres bruts cachent : entre le don symbolique et la revente, l’écart n’est pas une hausse, c’est un changement de nature. Une terre sortie du marché par volonté privée y est rentrée par décision publique.

ÉtapeAnnéeMontant
Don de la famille Bland (clause parc)199910 dollars
Vente à l’agence de développement (TEDC)200815 000 dollars
Revente au développeur Blueprint202510 000 000 dollars
Recettes fiscales attendues sur dix ansà venir30 000 000 dollars (dont 20 pour les écoles)
Sources : 404 Media, Gizmodo, Tom’s Hardware.

La ville défend l’opération par l’argent qu’elle rapportera. Son directeur des services à la communauté a chiffré à Gizmodo 30 millions de dollars les recettes fiscales sur dix ans, dont une vingtaine de millions iraient au district scolaire local, selon Tom’s Hardware. Sur sa page officielle, la municipalité répond d’ailleurs sèchement à la question « la ville peut-elle simplement dire non aux data centers ? » : en résumé, non. Le zonage du terrain autorisait déjà cet usage, et la commune affirme qu’il n’y a plus de marche arrière possible.

Du côté de la famille, l’argument est ailleurs. Pamela Griffin et ses proches ont engagé un avocat pour faire annuler la construction et rendre la terre à la collectivité. Leur premier recours s’est heurté à une requête en rejet de Blueprint, que le juge a acceptée. Quand l’avocat a réclamé un arrêt du chantier le temps que le dossier remonte, le magistrat a refusé. L’affaire doit désormais passer devant la cour d’appel d’Austin. Pour Griffin, l’enjeu dépasse son jardin : si l’on peut piétiner une clause inscrite dans un acte de propriété, dit-elle en substance, qu’est-ce qui protège encore les autres ?

Grand data center en construction sur une parcelle déboisée, grues et clôtures de chantier
En France aussi, les data centers dépassent souvent 10 hectares et grignotent le foncier.

En France aussi, le numérique pèse sur le foncier

La scène texane n’a rien d’un cas isolé : partout, l’appétit en serveurs des géants du numérique se heurte à la question du sol. En France, l’Île-de-France concentre à elle seule environ un tiers des data centers du pays, avec plus de 160 centres répartis sur 109 sites, recense l’Institut Paris Région. Et la taille des projets change d’échelle : les nouveaux sites dépassent désormais fréquemment 10 hectares, pour des puissances électriques de 50 à 100 mégawatts. À titre de repère, les 87 acres du terrain texan représentent environ 35 hectares, soit l’emprise de trois ou quatre de ces grands centres français.

Le bâtiment de Taylor donne lui-même une idée concrète de ce qu’on bâtit : 135 000 pieds carrés, c’est à peu près 12 500 mètres carrés au sol, soit près de deux terrains de football posés à 150 mètres des maisons. Comme en France, où l’arrivée d’opérateurs de l’immobilier logistique accentue la pression sur les zones d’activités, la vraie bataille se joue moins sur la machine que sur la terre qu’elle occupe, l’eau qu’elle consomme et l’électricité qu’elle aspire. Le parc de M. Bland n’aura pas existé ; reste à savoir ce que vaut, en 2026, une promesse écrite il y a un quart de siècle.

Questions courantes

Combien la famille a-t-elle vendu le terrain en 1999 ?
Dix dollars, une somme symbolique. La famille Bland a cédé près de 87 acres à la ville de Taylor, au Texas, avec une clause exigeant un usage en parc public.

Pourquoi la ville a-t-elle pu le revendre 10 millions ?
Après plusieurs transferts entre fondations et collectivités, le terrain a fini chez l’agence de développement économique de Taylor en 2008, qui l’a revendu en 2025 au développeur Blueprint. La ville estime que le zonage autorisait déjà cet usage.

Que va rapporter le data center à la ville ?
La municipalité attend environ 30 millions de dollars de recettes fiscales sur dix ans, dont une vingtaine de millions destinés au district scolaire local.

Où en est le recours en justice ?
La famille a engagé un avocat pour annuler la construction. Un premier recours a été rejeté et la demande d’arrêt du chantier refusée. L’affaire doit être examinée par la cour d’appel d’Austin.

Et en France, les data centers posent-ils les mêmes questions ?
Oui, surtout sur le foncier. L’Île-de-France regroupe environ un tiers des data centers français, et les nouveaux projets dépassent souvent 10 hectares, ce qui alimente les débats locaux sur la terre, l’eau et l’électricité.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Malik » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Monde & Pop Monde : l’actualité internationale reliée à la France, avec ce qu’elle change ici.

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