
673. C’est le nombre d’homicides enregistrés en Jamaïque en 2025, un chiffre qui n’était plus descendu sous la barre des 700 depuis 1993. Pour un pays de moins de trois millions d’habitants qui figure régulièrement parmi les plus violents du monde, c’est un signal statistique difficile à ignorer : en un an, les meurtres ont diminué d’environ 40 % par rapport à 2024, qui comptait plus de 1 100 victimes. Ce qui rend ce chiffre intéressant, c’est moins son ampleur que ce qui, selon les autorités jamaïcaines, l’accompagne : une hausse de 94 % des signalements anonymes transmis à la police par des habitants ordinaires.
Le ministre jamaïcain de la Sécurité nationale et de la Paix, le Dr Horace Chang, également vice-Premier ministre, a presenté ces données devant le Parlement lors du Débat sectoriel 2026. Ce qui l’a frappé, a-t-il expliqué, c’est que la majorité de ces signalements ont été transmis sans réclamer les récompenses posées pour les informations utiles. « Cela montre que ce n’est pas une question d’argent. C’est une question de patriotisme. C’est une question de confiance. Ce sont des citoyens qui prennent position pour leurs communautés. C’est quelque chose que nous devons célébrer », a-t-il déclaré.

Prudence sur la causalité
Il faut être prudent avant d’attribuer mécaniquement la baisse des meurtres à la hausse des signalements. Les deux évolutions sont simultanées, mais plusieurs facteurs se sont cumulés en même temps. Chang lui-même cite une autre cause importante : le renforcement des contrôles portuaires et frontaliers, avec un déploiement de scanners de fret visant à bloquer l’entrée d’armes illégales et de munitions. La Jamaïque souffre d’un problème structurel d’approvisionnement en armes à feu, et réduire ce flux a probablement joué un rôle. Enfin, des zones sous état d’urgence ponctuel ont été déclarées dans certains quartiers au cours des années précédentes, ce qui peut avoir eu des effets différés.
Ce que les chiffres de 2025 ne disent pas non plus, c’est si la baisse est durable. Les cinq premiers mois de 2026 suggèrent que la tendance se maintient : selon le Jamaica Gleaner, 221 personnes ont été tuées entre janvier et fin mai 2026, soit une diminution de 23 % par rapport à la même période de l’an dernier. Ce n’est pas encore une stabilisation définitive, mais c’est une deuxième année consécutive de repli mesurable.
Un taux de 23 homicides pour 100 000 habitants reste élevé selon les critères européens (la France est autour de 1,2). Mais dans le contexte régional, la Jamaïque se retrouve désormais parmi les pays les moins violents de la Caraïbe et d’Amérique centrale et du Sud, une zone où les taux de meurtres nationaux sont les plus élevés du monde.

Ce que cela dit sur la confiance police-population
L’argument sur lequel insiste Chang mérite qu’on s’y arrête, même prudemment. Dans de nombreux contextes urbains fragilisés, le silence des habitants face aux violences tient moins à une complicité qu’à une défiance profonde à l’égard des forces de l’ordre : peur des représailles, sentiment que la police ne protège pas vraiment, passé de violences institutionnelles. Quand des habitants décident de signaler massivement sans réclamer de compensation, c’est le signe que quelque chose a basculé dans ce calcul de confiance. Ce basculement ne se légifère pas directement, et il est difficile à exporter tel quel.
En France, la question de la relation police-population nourrit un débat récurrent, particulièrement dans les quartiers prioritaires. Des dispositifs de police de proximité ont été démantélés puis partiellement réintégrés, et les études sur la confiance civique dans les institutions sécuritaires françaises pointent des écarts importants selon les territoires. L’exemple jamaïcain ne répond pas à ces questions, mais il rappelle que la baisse de la violence peut passer par un changement dans la relation entre citoyens et institution, pas seulement par une augmentation des moyens répressifs.
Le « dividende de paix » évoqué par Chang est pour l’instant un horizon, pas encore une réalité consolidée : des rues un peu plus sûres, des entreprises qui réinvestissent, des enfants qui grandissent dans un environnement moins exposé à la violence. Mais ce type de transformation, quand elle tient, part toujours de quelque chose d’aussi simple que des gens qui décrochent leur téléphone pour signaler ce qu’ils savent.
En bref
Combien d’homicides la Jamaïque a-t-elle enregistrés en 2025 ?
673, contre plus de 1 100 en 2024. C’est la première fois depuis 1993 que le total annuel passe sous 700, soit une baisse d’environ 40 %.
Qu’est-ce que les signalements citoyens ont à voir avec cette baisse ?
Les appels anonymes à la police ont augmenté de 94 % en 2025. Les autorités y voient un facteur important, mais plusieurs causes ont agi en même temps, dont le renforcement des contrôles aux frontières pour bloquer les armes illégales.
La baisse se confirme-t-elle en 2026 ?
Les données partielles (221 morts sur les cinq premiers mois selon le Jamaica Gleaner) indiquent une baisse de 23 % par rapport à la même période 2025. La tendance se maintient mais n’est pas encore consolidée.
La Jamaïque est-elle devenue un pays sûr ?
Non. Avec 23 homicides pour 100 000 habitants, le taux reste élevé selon les standards européens. Mais dans sa région, Caraïbes et Amérique latine, c’est désormais l’un des pays les moins touchés.
Quel lien avec la situation en France ?
La confiance entre police et population est aussi un débat français, notamment dans les quartiers prioritaires. L’exemple jamaïcain suggère que la baisse de la violence peut passer par un changement relationnel, pas seulement par plus de moyens coercitifs.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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