Un centre de données industriel en bordure d'un quartier résidentiel californien

En Californie, une ville interdit les centres de données par référendum, une première aux États-Unis

Les habitants de Monterey Park ont voté à 86 % pour bannir de leur territoire les centres de données, ces usines numériques voraces en électricité et en eau. C'est la première interdiction permanente du genre obtenue par initiative populaire dans le pays.

Tout a commencé par un bâtiment de bureaux que personne ne remarquait plus. Lorsque les habitants de Monterey Park, une ville de 60 000 personnes à l’est de Los Angeles, ont appris qu’une société australienne, StratCap, projetait de le raser pour y construire un centre de données de 23 000 m², quelque chose s’est enclenché. La superficie du projet aurait plus que triplé la consommation électrique de toute la ville. Steven Kung a co-fondé le groupe No Data Center Monterey Park dans la foulée. Le 3 juin 2026, la Mesure NDC a été approuvée par 86 % des votants. Monterey Park est devenue la première ville américaine à interdire permanentement les centres de données par initiative populaire.

Un centre de données, ou data center, est une installation industrielle qui héberge des milliers de serveurs informatiques. Ces serveurs font tourner les services numériques : messageries, plateformes de streaming, stockage en nuage, modèles d’intelligence artificielle. Pour fonctionner, ils consomment des quantités massives d’électricité et d’eau, cette dernière servant principalement au refroidissement des équipements. La croissance de l’IA générative a considérablement accru ces besoins ces trois dernières années, poussant les opérateurs à chercher de nouveaux terrains dans des zones urbaines déjà sous tension.

Résidents de Monterey Park lors d'un vote citoyen sur l'implantation de centres de données
La Mesure NDC a été soutenue par les cinq membres du conseil municipal et approuvée à 86 % par les votants.

Un vote sans ambiguïté, une portée nationale

Le résultat de 86 % pour, 14 % contre, constitue ce que Steven Kung a qualifié de « victoire écrasante ». La résolution adoptée est explicite : le bannissement est justifié par la nécessité de « protéger la qualité de l’air, les ressources en eau potable et la santé publique » et d’« éviter les impacts sur les tarifs de l’électricité et de l’eau ». L’ensemble des cinq membres du conseil municipal de Monterey Park soutenaient la mesure.

La certification officielle du vote est attendue le 10 juillet 2026. StratCap, la société australienne à l’origine du projet initial, n’a pas répondu aux demandes de commentaire d’ABC7 avant leur délai de publication. Le groupe No Data Center Monterey Park ne compte pas s’arrêter là : il a d’ores et déjà tourné son attention vers la ville de Industry, commune voisine qui attire activement des projets de centres de données, au point d’avoir lancé la construction d’une infrastructure de stockage d’énergie pour les alimenter.

Un élu municipal de Monterey Park, Jose Sanchez, a déclaré dans une interview au Guardian espérer que sa ville serve « d’inspiration à d’autres communautés pour empêcher les centres de données de s’implanter dans leur arrière-cour ». L’enjeu dépasse Monterey Park. Des dizaines de communes américaines font face à des projets similaires depuis deux ans, sans avoir eu jusqu’ici d’outil juridique aussi direct que le référendum local.

Rangées de serveurs dans un centre de données, éclairés en bleu
Les serveurs d’un centre de données tournent en permanence et dégagent une chaleur qui nécessite un refroidissement continu à l’eau.

Ce débat arrive en France

En France, la question des centres de données commence à faire surface dans les conseils municipaux et les discussions sur la planification énergétique. La consommation électrique des centres de données français représente environ 3 % de la consommation nationale, selon les estimations les plus récentes de l’Agence de la transition écologique (Ademe), et cette part est en hausse. Plusieurs projets d’extension ou d’implantation de grandes infrastructures numériques se heurtent à des résistances locales, notamment dans des zones où le réseau électrique est déjà sollicité ou où l’accès à l’eau est contraint.

La différence avec Monterey Park tient à la procédure : en France, l’initiative populaire locale n’a pas la même portée juridique qu’un referendum californien. Les habitants peuvent pétitionner, les élus peuvent voter des moratoires, mais l’outil du vote direct sur une interdiction sectorielle n’existe pas dans les mêmes termes. Ce que montre le cas californien, c’est qu’une mobilisation rapide, organisée autour de chiffres précis (consommation électrique, coûts de l’eau, pollution sonore), peut déboucher sur une décision réglementaire. La transparence des données d’impact, que réclament de nombreux collectifs français sans toujours l’obtenir, est ici au coeur du succès.

Le mouvement ne résout pas le problème global : les serveurs refusés à Monterey Park s’installeront ailleurs. Mais il pose une question que les planificateurs énergétiques ne peuvent plus esquiver : à qui appartient la décision de placer une usine numérique dans une rue résidentielle ?

En bref

C’est quoi, la Mesure NDC ?
Une initiative populaire adoptée à Monterey Park (Californie) le 3 juin 2026 qui interdit de façon permanente la construction de centres de données dans les limites de la ville. C’est la première interdiction de ce type aux États-Unis.

Pourquoi les habitants voulaient-ils les interdire ?
Un centre de données peut consommer autant d’électricité que des milliers de foyers et requiert d’énormes volumes d’eau pour le refroidissement. Le projet StratCap aurait plus que triplé la consommation électrique de toute la ville.

Qu’est-ce qu’un centre de données, exactement ?
Une installation industrielle qui héberge des milliers de serveurs informatiques faisant fonctionner les services numériques : messageries, streaming, cloud, intelligence artificielle. Ces serveurs dégagent beaucoup de chaleur et consomment en permanence de l’eau et de l’électricité.

Est-ce que cette interdiction va faire disparaître les centres de données de la région ?
Non. Monterey Park les chasse, mais les communes voisines peuvent encore les accueillir. Le groupe à l’origine du vote cible désormais la ville de Industry, qui attire activement ce type de projets.

Et en France, c’est possible ?
Pas par le même mécanisme de référendum local. Mais des moratoires, des chartes ou des refus de permis sont juridiquement possibles. Le débat sur la consommation des centres de données et leur implantation locale monte également en France.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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