
Publié le 4 juin 2026 · Mis à jour le 4 juin 2026 à 17h19
Cette Cendrillon-là n’a ni fée, ni citrouille, ni pantoufle de verre. Sous le lustre du Palais Garnier, elle a une maison rouge, un volcan prêt à gronder et la musique de Rossini qui court plus vite qu’un escalier. On croit connaître le conte ; la soirée commence justement par lui retirer ses accessoires les plus rassurants.
L’Opéra national de Paris reprend La Cenerentola du 3 juin au 11 juillet 2026, dans la mise en scène de Guillaume Gallienne, sociétaire de la Comédie-Française, créée ici en 2017. La direction musicale revient à Enrique Mazzola. Comptez 3 h 10 de spectacle, entracte compris : Rossini ne fait pas dans la miniature.
Si l’on vient, c’est aussi pour la musique. La Cenerentola, c’est Rossini au sommet de sa virtuosité : des cascades de notes lancées à toute allure, ces fameux crescendos qui montent jusqu’à l’emballement, et des airs où les chanteurs enchaînent les vocalises comme des acrobaties. Le rôle d’Angelina, en particulier, est un morceau de bravoure pour mezzo, qui culmine dans un finale étourdissant censé clouer la salle sur place.

Le geste de Gallienne tient en une idée : poser les personnages au bord d’un cratère sur le point d’entrer en éruption, et laisser la partition jouer des contrastes. Le merveilleux saute : pas de baguette magique, pas de transformation féerique. Composé en 1817, l’opéra de Rossini s’inspire du conte de Perrault mais en retire l’essentiel du surnaturel, pour ne garder que les ressorts humains, la méchanceté, l’orgueil et la bonté qui finit par l’emporter.
Retirer le merveilleux n’est pas un caprice de metteur en scène. Chez Rossini déjà, pas de marraine ni de carrosse : la bonté d’Angelina suffit, et c’est un bracelet, non une pantoufle, qui ramène le prince jusqu’à elle. Gallienne pousse la logique jusqu’au décor, cette maison sous tension au pied du volcan, pour rappeler que le conte parle d’abord de familles, d’injustice et de pardon, des choses très peu féeriques au fond.
Côté plateau, les voix se relaient : les mezzo-sopranos Vasilisa Berzhanskaya et Gaëlle Arquez alternent dans le rôle d’Angelina, la fameuse Cendrillon, tandis que le ténor américain Lawrence Brownlee incarne le prince Don Ramiro et le baryton Huw Montague Rendall son valet Dandini. De quoi varier les soirées selon les distributions, un grand classique pour qui aime comparer.

Reste le plaisir de Garnier : un écrin doré pour une œuvre qui se moque des contes de fées tout en en gardant la tendresse. Si l’envie de coulisses vous prend, le spectacle vivant en regorge, comme le rappellent ces artisans de l’ombre des maisons d’opéra. Et le début d’été parisien ne manque pas d’autres grands rendez-vous, à l’image de Notre-Dame remontée sur scène au Dôme de Paris.
En bref
Quand voir La Cenerentola au Palais Garnier ?
Du 3 juin au 11 juillet 2026, à l’Opéra national de Paris.
Qui signe la mise en scène ?
Guillaume Gallienne, dans une production créée en 2017 ; direction musicale d’Enrique Mazzola.
Combien de temps dure le spectacle ?
Environ 3 h 10, entracte compris.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
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