
Publié le 29 mai 2026 · Mis à jour le 5 juin 2026 à 20h47
Rachel Fordyce traversait simplement le East Lawn Cemetery d’Ithaca, dans l’État de New York, pour rejoindre son laboratoire à Cornell. Un matin de printemps, le sol lui a semblé bouger. Sous la pelouse du cimetière se cachait non pas une ruche, mais une ville souterraine de plusieurs millions d’abeilles solitaires.
Les chercheurs de Cornell ont fini par estimer la population à environ 5,5 millions d’individus, jusqu’à 5,56 millions émergés au printemps 2023, l’une des plus grandes agrégations jamais recensées au monde. L’étude, publiée le 13 avril 2026 dans Apidologie, identifie l’espèce : Andrena regularis, une abeille mineuse, sauvage et solitaire.
Le mot « solitaire » est la clé du malentendu. Contrairement à l’abeille à miel, ces mineuses ne vivent pas en colonie : chaque femelle creuse son propre terrier pour y pondre. Mais elles aiment nicher au même endroit, par millions, créant l’illusion d’un essaim géant. Le résultat, sur 0,6 hectare, équivaut à plus de 200 ruches d’abeilles domestiques, calcule Cornell.
Au-delà de l’anecdote, la découverte rappelle un point aveugle : on parle beaucoup des abeilles à miel, beaucoup moins des milliers d’espèces sauvages qui assurent l’essentiel de la pollinisation. Protéger ces abeilles-là, c’est préserver des pelouses, des sols nus, des coins en apparence « inutiles », ces refuges discrets du vivant que l’on retrouve dans tant d’histoires animales ou de symbioses cachées.
Reste l’image, presque poétique, d’un cimetière grouillant de vie sous la surface. Là où l’on vient se recueillir, des millions d’ouvrières du printemps travaillent en silence à féconder les fleurs. Une ville invisible, parfaitement inoffensive, qui ne demande qu’à être laissée tranquille.
En bref
Combien d’abeilles vivent sous ce cimetière ?
Environ 5,5 millions, jusqu’à 5,56 millions émergées au printemps 2023, sous le East Lawn Cemetery d’Ithaca (New York).
Sont-elles dangereuses ?
Non : ce sont des abeilles mineuses solitaires (Andrena regularis), sans colonie à défendre, très peu agressives.
Pourquoi est-ce important ?
Cela rappelle le rôle majeur des abeilles sauvages, souvent oubliées au profit de l’abeille à miel, dans la pollinisation.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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