Mains posées sur le clavier d’un ordinateur portable pendant un téléchargement, écran flou en arrière-plan

Libre, open source, poids ouverts : ce que chaque étiquette autorise vraiment

Gratuit, libre, open source, poids ouverts : quatre mots employés comme des synonymes, quatre jeux de droits différents. Nous croisons les définitions officielles de l’OSI et de la FSF avec le texte des licences MIT, Apache 2.0 et GPL v3.

Sommaire
  1. « Gratuit » et « libre », est-ce la même chose ?
  2. Open source et logiciel libre, deux mots pour une même réalité ?
  3. Que vous autorise vraiment chaque étiquette ?
  4. Une intelligence artificielle peut-elle être « open source » ?
  5. Puis-je m’en servir au travail ou à l’école ?
  6. Si c’est libre, qui paie les développeurs ?

Questions-réponses

Gratuit ne veut pas dire libre.

Les étiquettes des pages de téléchargement (« gratuit », « libre », « open source », « licence permissive », « poids ouverts ») ne décrivent pas les mêmes droits, et deux d’entre elles ne vous en donnent aucun sur le code. Nous croisons ici les textes qui font autorité : les définitions de l’Open Source Initiative et de la Free Software Foundation, les licences MIT, Apache 2.0 et GPL v3.

« Gratuit » et « libre », est-ce la même chose ?

Non. La Free Software Foundation le pose dès l’entrée de sa définition du logiciel libre : le mot renvoie « à la liberté, pas au prix », et il faut penser à « liberté d’expression » plutôt qu’à « entrée libre ». Vous pouvez avoir payé votre copie ou l’avoir téléchargée sans rien débourser : dans les deux cas, vous gardez le droit de la copier, de la modifier et d’en vendre des copies. Un logiciel simplement gratuit vous offre un prix de zéro euro et rien d’autre : ni le code, ni le droit de le modifier.

Open source et logiciel libre, deux mots pour une même réalité ?

Deux textes, deux angles, un périmètre très voisin. L’Open Source Initiative énumère dix critères : la licence ne doit restreindre ni la vente ni le don du logiciel, le programme doit inclure son code source, les modifications et les œuvres dérivées doivent être autorisées. La FSF part elle de quatre libertés : exécuter le programme pour n’importe quel usage, l’étudier et le modifier (« l’accès au code source est une condition nécessaire »), redistribuer des copies, diffuser ses versions modifiées. L’écart tient au discours plus qu’au droit : la FSF parle de liberté, l’OSI de licence. En France, l’April, pionnière du logiciel libre depuis 1996, revendique 2 884 membres dont 302 entreprises, associations et collectivités.

Que vous autorise vraiment chaque étiquette ?

Nous croisons les deux définitions officielles avec le texte des licences les plus répandues. Voilà ce que chaque mot vous donne.

Ce que chaque étiquette autorise vraiment (croisement Actu Alt Plus, 13 août 2026).
ÉtiquetteCode accessibleModification autoriséeRedistributionExemple
Gratuit (freeware)NonNonSi l’éditeur l’autoriseUn utilitaire fourni sans frais
Logiciel libre (FSF)Oui, condition nécessaireOui (liberté 1)Oui, copies et versions modifiéesVLC, LibreOffice
Open source (OSD)Oui, code source inclusOui, œuvres dérivées comprisesLibre, vente compriseFirefox
Licence permissive (MIT, Apache 2.0)OuiOui, sans obligation de republierOui, mentions légales conservéesBibliothèques sous MIT ou Apache 2.0
Copyleft (GPL v3)Oui, source correspondanteOuiOui, sous la même licenceLes logiciels du projet GNU
Poids ouverts (IA)Non : seuls les paramètresRéglage oui, réentraînement nonSelon la licence maison du modèleModèles livrés sans code d’entraînement

Lecture : quatre étiquettes sur six garantissent l’accès au code, une seule impose que vos versions modifiées restent sous la même licence, et la dernière ne porte pas sur du code.

Six boîtes en carton identiques alignées sur une table, chacune portant une étiquette de couleur différente, l’une d’elles ouverte et vide
Six étiquettes, six jeux de droits : quatre seulement donnent accès au code, une seule oblige à repartager les versions modifiées.

Une intelligence artificielle peut-elle être « open source » ?

Rarement, au sens strict. L’OSI a publié le 28 octobre 2024 une définition de l’IA open source (OSAID 1.0) qui réclame trois blocs : les informations sur les données d’entraînement (provenance, périmètre, étiquetage), le code complet servant à entraîner et à faire tourner le système, et les paramètres, sous des conditions approuvées par l’OSI. Publier les seuls poids ne suffit pas : « modèles open source » et « poids ouverts » doivent inclure les informations sur les données et le code qui ont produit ces paramètres. L’expression qualifie un fichier téléchargeable, pas une licence libre. Nous avons regardé ailleurs ce qui tourne chez soi.

Puis-je m’en servir au travail ou à l’école ?

Oui. Le sixième critère de l’OSD interdit à une licence open source de restreindre l’usage du programme dans un domaine d’activité particulier, et le cinquième toute discrimination envers une personne ou un groupe : une entreprise, un lycée ou une mairie ne peuvent en être écartés. La FSF le dit autrement, un programme libre devant rester « utilisable, développable et distribuable dans un cadre commercial ». Vos obligations démarrent quand vous rediffusez : la licence MIT impose de joindre la mention de copyright à toute copie, Apache 2.0 de signaler les fichiers modifiés et de transmettre la licence, la GPL v3 de placer l’œuvre entière sous cette même licence. Utiliser n’engage à rien. Diffuser engage.

Si c’est libre, qui paie les développeurs ?

Rien n’interdit de vendre du logiciel libre. La GPL v3 l’écrit noir sur blanc : vous pouvez facturer n’importe quel prix pour chaque copie transmise, et vendre du support ou une garantie. Apache 2.0 ajoute une concession de brevets explicite que MIT ne prévoit pas : invisible pour l’utilisateur, décisif pour un service juridique. Le reste tient aux organisations qui emploient les mainteneurs : 302 des 2 884 membres de l’April sont des entreprises, des associations ou des collectivités.

Avant de cliquer sur « télécharger », ouvrez le fichier LICENSE livré avec le logiciel : c’est lui qui dit ce que vous pouvez faire, pas l’argumentaire de la page. Pour un modèle d’IA, la question du débat sur les poids ouverts tient en une ligne : le code d’entraînement et les informations sur les données sont-ils publiés ?

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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