
Sommaire
- « Gratuit » et « libre », est-ce la même chose ?
- Open source et logiciel libre, deux mots pour une même réalité ?
- Que vous autorise vraiment chaque étiquette ?
- Une intelligence artificielle peut-elle être « open source » ?
- Puis-je m’en servir au travail ou à l’école ?
- Si c’est libre, qui paie les développeurs ?
Questions-réponses
Gratuit ne veut pas dire libre.
Les étiquettes des pages de téléchargement (« gratuit », « libre », « open source », « licence permissive », « poids ouverts ») ne décrivent pas les mêmes droits, et deux d’entre elles ne vous en donnent aucun sur le code. Nous croisons ici les textes qui font autorité : les définitions de l’Open Source Initiative et de la Free Software Foundation, les licences MIT, Apache 2.0 et GPL v3.
« Gratuit » et « libre », est-ce la même chose ?
Non. La Free Software Foundation le pose dès l’entrée de sa définition du logiciel libre : le mot renvoie « à la liberté, pas au prix », et il faut penser à « liberté d’expression » plutôt qu’à « entrée libre ». Vous pouvez avoir payé votre copie ou l’avoir téléchargée sans rien débourser : dans les deux cas, vous gardez le droit de la copier, de la modifier et d’en vendre des copies. Un logiciel simplement gratuit vous offre un prix de zéro euro et rien d’autre : ni le code, ni le droit de le modifier.
Open source et logiciel libre, deux mots pour une même réalité ?
Deux textes, deux angles, un périmètre très voisin. L’Open Source Initiative énumère dix critères : la licence ne doit restreindre ni la vente ni le don du logiciel, le programme doit inclure son code source, les modifications et les œuvres dérivées doivent être autorisées. La FSF part elle de quatre libertés : exécuter le programme pour n’importe quel usage, l’étudier et le modifier (« l’accès au code source est une condition nécessaire »), redistribuer des copies, diffuser ses versions modifiées. L’écart tient au discours plus qu’au droit : la FSF parle de liberté, l’OSI de licence. En France, l’April, pionnière du logiciel libre depuis 1996, revendique 2 884 membres dont 302 entreprises, associations et collectivités.
Que vous autorise vraiment chaque étiquette ?
Nous croisons les deux définitions officielles avec le texte des licences les plus répandues. Voilà ce que chaque mot vous donne.
| Étiquette | Code accessible | Modification autorisée | Redistribution | Exemple |
|---|---|---|---|---|
| Gratuit (freeware) | Non | Non | Si l’éditeur l’autorise | Un utilitaire fourni sans frais |
| Logiciel libre (FSF) | Oui, condition nécessaire | Oui (liberté 1) | Oui, copies et versions modifiées | VLC, LibreOffice |
| Open source (OSD) | Oui, code source inclus | Oui, œuvres dérivées comprises | Libre, vente comprise | Firefox |
| Licence permissive (MIT, Apache 2.0) | Oui | Oui, sans obligation de republier | Oui, mentions légales conservées | Bibliothèques sous MIT ou Apache 2.0 |
| Copyleft (GPL v3) | Oui, source correspondante | Oui | Oui, sous la même licence | Les logiciels du projet GNU |
| Poids ouverts (IA) | Non : seuls les paramètres | Réglage oui, réentraînement non | Selon la licence maison du modèle | Modèles livrés sans code d’entraînement |
Lecture : quatre étiquettes sur six garantissent l’accès au code, une seule impose que vos versions modifiées restent sous la même licence, et la dernière ne porte pas sur du code.

Une intelligence artificielle peut-elle être « open source » ?
Rarement, au sens strict. L’OSI a publié le 28 octobre 2024 une définition de l’IA open source (OSAID 1.0) qui réclame trois blocs : les informations sur les données d’entraînement (provenance, périmètre, étiquetage), le code complet servant à entraîner et à faire tourner le système, et les paramètres, sous des conditions approuvées par l’OSI. Publier les seuls poids ne suffit pas : « modèles open source » et « poids ouverts » doivent inclure les informations sur les données et le code qui ont produit ces paramètres. L’expression qualifie un fichier téléchargeable, pas une licence libre. Nous avons regardé ailleurs ce qui tourne chez soi.
Puis-je m’en servir au travail ou à l’école ?
Oui. Le sixième critère de l’OSD interdit à une licence open source de restreindre l’usage du programme dans un domaine d’activité particulier, et le cinquième toute discrimination envers une personne ou un groupe : une entreprise, un lycée ou une mairie ne peuvent en être écartés. La FSF le dit autrement, un programme libre devant rester « utilisable, développable et distribuable dans un cadre commercial ». Vos obligations démarrent quand vous rediffusez : la licence MIT impose de joindre la mention de copyright à toute copie, Apache 2.0 de signaler les fichiers modifiés et de transmettre la licence, la GPL v3 de placer l’œuvre entière sous cette même licence. Utiliser n’engage à rien. Diffuser engage.
Si c’est libre, qui paie les développeurs ?
Rien n’interdit de vendre du logiciel libre. La GPL v3 l’écrit noir sur blanc : vous pouvez facturer n’importe quel prix pour chaque copie transmise, et vendre du support ou une garantie. Apache 2.0 ajoute une concession de brevets explicite que MIT ne prévoit pas : invisible pour l’utilisateur, décisif pour un service juridique. Le reste tient aux organisations qui emploient les mainteneurs : 302 des 2 884 membres de l’April sont des entreprises, des associations ou des collectivités.
Avant de cliquer sur « télécharger », ouvrez le fichier LICENSE livré avec le logiciel : c’est lui qui dit ce que vous pouvez faire, pas l’argumentaire de la page. Pour un modèle d’IA, la question du débat sur les poids ouverts tient en une ligne : le code d’entraînement et les informations sur les données sont-ils publiés ?
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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