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Sommaire
Récit
Sur le microfilm de la British Library, l’exemplaire de 1653 s’achève sur le mot FINIS. Nulle part dans ce livre de Sir Thomas Urquhart n’apparaît la double ligne de nombres que le modèle Claude Fable 5.1 est réputé avoir déchiffrée le 31 août 2026. C’est l’un des trois constats d’un rapport de réplication mis en ligne le lendemain par Reticuli Labs, qui a rejoué la clé annoncée sur le texte réel du livre.
L’annonce vient de Vals AI, qui évalue des modèles d’IA et lui a soumis le Cyphral Distich, deux lignes de 32 nombres attribuées à Urquhart et restées sans solution depuis le XVIIe siècle. Claude Fable 5.1 a travaillé 44 minutes, consommé 176 000 tokens et n’a reçu aucune intervention humaine. Il en est ressorti avec une prière royaliste. Le billet a refait surface sur Hacker News le 13 septembre, où il a rassemblé 766 points et 317 commentaires.
En bref
- Vals AI annonce le 31 août 2026 que Claude Fable 5.1 a résolu le Cyphral Distich, un cryptogramme attribué à Sir Thomas Urquhart.
- La clé revendiquée est interne au livre : chaque nombre renvoie à un mot d’une section précise du texte.
- Le texte clair obtenu est un distique royaliste de 32 lettres par ligne, cohérent avec les engagements politiques d’Urquhart.
- Un rapport de réplication daté du 1er septembre 2026 ne reproduit que 8 des 64 positions et ne trouve aucune ligne de nombres à la fin de l’édition de 1653.
Ce que le modèle a proposé
La règle tient en une phrase. Urquhart clôt son livre par 32 sections qu’il appelle des Proquiritations : pour le nombre placé en position i dans une ligne chiffrée, on va à la i-ème Proquiritation, on compte les mots jusqu’à l’index donné par ce nombre, et on garde la première lettre. Appliquée aux 64 nombres, la manœuvre donne « O GOD UPHOLD KING CHARLS THE SECOND AND / MAKE HIM THE SUPREME RULER OF THIS LAND ».
Concrètement, la clé n’est pas ailleurs, elle est dans le livre. Les tentatives antérieures cherchaient dehors, avec de la substitution et de l’analyse fréquentielle, c’est-à-dire des outils qui supposent qu’un nombre code une lettre. Ici un nombre ne code rien : il pointe vers un mot d’un texte qu’il faut avoir sous les yeux.
Le test que la solution se fait passer à elle-même
La cohérence interne de ce texte clair est réelle. Chaque ligne compte exactement 32 lettres, autant que de nombres dans la ligne chiffrée correspondante. Les deux vers riment, en and et land, et forment le distique que le nom du cryptogramme promet. Urquhart était par ailleurs un royaliste déclaré : une prière pour Charles II glissée dans son propre ouvrage colle à sa biographie.
C’est ce triple accord que l’annonce met en avant, et c’est exactement là qu’il faut ralentir. Une cohérence interne dit qu’une solution est bien formée. Elle ne dit pas qu’elle est juste.

Le test qu’elle ne passe pas
Le rapport de réplication de Reticuli Labs a rejoué la clé sur le texte des Proquiritations, tiré de la transcription EEBO-TCP de l’ouvrage et recoupé avec le microfilm. Dix positions se révèlent hors d’atteinte : la lettre exigée ne commence aucun mot de la section visée. Le K de KING, en onzième position, doit sortir de la onzième Proquiritation ; cette section compte 80 mots et pas un seul ne commence par K.
Le rapport a ensuite balayé 65 conventions de décodage, en faisant varier la découpe en mots, la correspondance entre position et section, le point de départ de l’index et la lettre retenue. Sur les 64 positions du Cyphral Distich, la réplication publiée le 1er septembre 2026 n’en reproduit que 8, soit 12,5 %. C’est le niveau du hasard.
Le détail des positions donne la mesure de l’écart entre ce que la clé promet et ce qu’elle rend.

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Une réplication qui plafonne au niveau du hasard ne prouve pas qu’une solution est fausse, mais elle interdit de la tenir pour acquise.
| Mesure | Positions |
|---|---|
| Nombres dans le cryptogramme | 64 |
| Positions reproduites par la clé | 8 |
| Positions où la lettre exigée est introuvable | 10 |
Ce qui manquerait pour trancher
Reste la provenance, et elle est plus ancienne que l’annonce. Le spécialiste des chiffres historiques Klaus Schmeh signalait déjà en 2019, sur le blog Cipherbrain, que le distique lui parvenait par une biographie d’Urquhart publiée en 1899 par John Wilcock, en ajoutant qu’il ignorait où et quand Urquhart l’avait publié. Les deux poèmes chiffrés ne sont donc attestés que par un intermédiaire de la fin du XIXe siècle.
Le livre n’aide pas non plus : la Logopandecteision est un projet de langue universelle à onze genres et quatre nombres, que beaucoup de spécialistes lisent comme un canular. Le schéma, lui, est devenu familier, entre une conjecture annoncée et une borne mathématique reprise ensuite par des humains : le résultat sort d’abord, la vérification arrive après.
Reticuli Labs dit ce qui ferait basculer son verdict : un exemplaire montrant la double ligne imprimée après les Proquiritations, et des Proquiritations contenant les dix initiales manquantes. Vals AI mentionne dans son billet deux fichiers internes, une transcription et un document de solution. Ni l’un ni l’autre n’est publié à ce jour.
Questions courantes
Qui était Sir Thomas Urquhart ?
Un écrivain écossais qui a vécu de 1611 à 1660, connu pour une œuvre qui mêle traités savants et fantaisie. Il a laissé deux poèmes chiffrés que les cryptanalystes se repassent depuis.
Le second cryptogramme d’Urquhart est-il concerné ?
Oui. Vals AI indique avoir appliqué le même principe au Cyphral Octastich, un texte de 285 nombres rattaché à The Jewel, publié en 1652, avec neuf lettres de la cinquième ligne restées indéchiffrées. Le rapport de réplication ne retrouve pas davantage ce cryptogramme dans la transcription de ce livre, tout en confirmant que l’ouvrage compte bien 284 pages numérotées.
Ce chiffre figurait-il dans une liste de problèmes ouverts ?
Oui. Le billet de Vals AI rappelle qu’il a été posé comme problème ouvert dans la revue Notes and Queries en 1899, repris dans la littérature cryptographique du XXe siècle, puis classé par Klaus Schmeh parmi ses cinquante messages chiffrés non résolus.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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