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Décryptage
Oui, les araignées dorment : une étude de l’université de Bonn publiée le 26 octobre 2026 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) le démontre sur l’araignée sauteuse Portia fimbriata. Elle alterne même deux stades de sommeil, dont un proche du nôtre quand nous rêvons : ses pattes se recroquevillent, ses rétines bougent. Au laboratoire, elle dort la tête en bas sous une petite plateforme de soie, une sorte de hamac. Sauf que l’équipe n’a pas mesuré l’activité de son cerveau : tout repose sur le comportement filmé.
Est-ce que les araignées dorment vraiment ?
Oui, au sens strict des biologistes. Une araignée immobile ne dort pas forcément. Il faut une posture de repos, des réactions ralenties et un éveil possible si la stimulation est assez forte. Il faut surtout un rattrapage après une nuit écourtée. L’équipe de Nadja Geiger et Daniela C. Rößler a testé ces critères sur Portia fimbriata, une araignée sauteuse australienne de la taille d’une pièce d’un euro, selon le communiqué de l’université de Bonn. Elle les remplit tous.
Le rattrapage est le plus parlant. Privées de sommeil, les araignées sauteuses Portia fimbriata passent près de 80 % de temps en plus dans le stade proche du sommeil paradoxal la nuit suivante (PNAS, octobre 2026). Les épisodes deviennent plus fréquents, pas plus longs, précise ScienceAlert. Selon les chercheuses, c’est la première démonstration d’un tel rebond chez un invertébré.
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Comment prouver qu’une araignée dort sans électrodes ?
Par la vidéo, sur plusieurs jours et plusieurs nuits. Chaque araignée vivait seule dans une boîte en plastique de 12 centimètres de diamètre, sous différents éclairages. La nuit, des caméras infrarouges filmaient. Des sons mesuraient la vitesse de réaction : une araignée qui dort réagit plus lentement qu’une araignée éveillée.
Pour écourter leurs nuits, l’équipe y lâchait 25 drosophiles vivantes. Le coucher a quelque chose de domestique. L’araignée nettoie ses huit pattes avant de s’installer, puis recommence au réveil, décrit IFLScience. Active le jour, Portia se met au repos la nuit.
« En montrant que Portia remplit chaque critère et alterne même entre deux stades de sommeil distincts, nous pouvons désormais affirmer avec assurance que les araignées dorment bel et bien. »
Nadja Geiger et Daniela C. Rößler, biologistes à l’université de Bonn
Que se passe-t-il pendant le stade proche du sommeil paradoxal ?
L’araignée immobile se met à tressaillir. À intervalles, ses pattes se secouent et se recroquevillent, ses pièces buccales tremblent, ses rétines bougent. Chez l’humain, le sommeil paradoxal associe lui aussi mouvements des yeux et secousses musculaires. Mais une araignée sauteuse ne peut pas bouger ses cristallins. Ce sont ses tubes rétiniens, derrière, qui pivotent pour orienter le regard.
Daniela Rößler avait déjà filmé ces mouvements de rétine en 2022, chez 34 jeunes araignées sauteuses d’une autre espèce, Evarcha arcuata, selon l’université de Constance. Leur carapace encore sans pigment laissait voir les rétines. Les épisodes, d’environ 77 secondes, revenaient toutes les 17 minutes et s’allongeaient au fil de la nuit (PNAS, 2022). Il manquait la preuve que ces nuits étaient bien du sommeil. L’étude de Bonn l’apporte.
Les araignées rêvent-elles ?
Personne ne peut le dire. L’équipe de Bonn n’a pas enregistré l’activité cérébrale de ses araignées, et les chercheuses le reconnaissent : repérer ces mouvements ne prouve pas que les araignées rêvent.
Chez l’humain, les mouvements des yeux pendant le sommeil paradoxal suivraient les images du rêve, hypothèse que rappelle l’étude de 2022. D’où la question que posait déjà Daniela Rößler : les araignées sauteuses font-elles des rêves visuels ? La vidéo seule n’y répondra pas.
Est-ce que les araignées piquent ?
Elles mordent, plutôt, et rarement l’humain en France. Le venin passe par leurs chélicères, les crochets des araignées. Entre 2007 et 2018, les centres antipoison de métropole ont retenu 1 194 signalements de morsure d’araignée, selon une étude parue dans Medical and Veterinary Entomology. Seuls 242 ont été jugés avérés, soit 20 % (résumé de l’étude). Sur douze ans, cela fait, selon notre calcul, une vingtaine de morsures avérées par an pour tout le pays.
Dans un tiers des cas, l’araignée accusée n’est même pas connue à l’endroit de la morsure. La recluse et la veuve noire, les deux genres les plus redoutés, pèsent moins de 9 % des signalements. Les auteurs concluent à des morsures rares, peu graves et souvent non prouvées.
| Catégorie | Cas 2007-2018 | Part des signalements | Par an (moyenne sur 12 ans) |
|---|---|---|---|
| Signalements retenus | 1 194 | 100 % | 99,5 |
| Morsures avérées | 242 | 20 % | 20,2 |
| Recluse (Loxosceles) | 53 | 4,4 % | 4,4 |
| Veuve noire (Latrodectus) | 46 | 3,9 % | 3,8 |
| Chiracanthe (Cheiracanthium) | 35 | 2,9 % | 2,9 |
Pourquoi le sommeil d’une araignée intrigue-t-il les biologistes ?
Parce qu’il oblige à chercher à quoi sert le sommeil chez des animaux aux systèmes nerveux très différents du nôtre. Il n’exige même pas de cerveau. En 2017, une équipe du California Institute of Technology a montré que la méduse Cassiopea, qui n’en a pas, pulse moins souvent la nuit, selon le communiqué de l’Institut médical Howard Hughes. Déplacée de nuit, elle met environ trois fois plus de temps à repartir qu’en journée.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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