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Sommaire
Décryptage
Le soleil fait fabriquer la vitamine D par la peau grâce à ses ultraviolets B (UVB), qui transforment une molécule de l’épiderme en prévitamine D3. En France, la peau cesse de fabriquer de la vitamine D au soleil environ 4 mois par an au bord de la Méditerranée, et 5 à 6 mois à la latitude de Dunkerque. En hiver (de novembre à février à la latitude de Perpignan), le soleil monte trop peu sur l’horizon : la couche d’ozone arrête alors presque tous les UVB, même à midi par ciel dégagé.
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Comment le soleil fait-il fabriquer la vitamine D ?
Par une réaction chimique dans la peau. Les UVB frappent le 7-déhydrocholestérol, une molécule cousine du cholestérol logée dans l’épiderme. Elle se transforme en prévitamine D3, qui devient ensuite de la vitamine D3. Une équipe de l’université de Boston a mesuré cette conversion au fil des saisons dans une étude publiée en 1988 dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. Il faut assez d’UVB, et leur dose dépend de la hauteur du soleil bien plus que de sa clarté.
Comment ça marche
- Les UVB touchent la peau
Seule la part la plus énergétique du rayonnement solaire, les ultraviolets B, déclenche la réaction.
- Une molécule change de forme
Dans l’épiderme, le 7-déhydrocholestérol absorbe ces UVB et devient de la prévitamine D3.
- La chaleur du corps termine le travail
La prévitamine D3 se réarrange en vitamine D3, qui passe dans le sang.
- L’hiver coupe le circuit
Soleil bas, UVB absorbés par l’ozone : la première étape n’a plus lieu.
Quelle vitamine donne le soleil ?
La vitamine D3, ou cholécalciférol. C’est la forme que fabrique la peau, et celle des aliments d’origine animale. Sa cousine, la vitamine D2, provient des champignons et des végétaux. Les deux ne se valent pas : selon une méta-analyse de l’université du Surrey publiée en 2025 dans Nutrition Reviews, la vitamine D2 fait baisser la D3 dans le sang.
Quand la peau arrête-t-elle de fabriquer de la vitamine D ?
De l’automne au printemps, selon la latitude. À Boston (42° Nord, celle de Perpignan), de la peau exposée au soleil de midi par ciel clair n’a produit aucune prévitamine D3 de novembre à février. À Edmonton, au Canada (52° Nord, un peu au-dessus de Dunkerque), la saison morte s’étirait d’octobre à mars. À Los Angeles (34° Nord), la réaction se poursuivait en plein hiver. Dunkerque passe ainsi un à deux mois de plus que Marseille sans vitamine D solaire.
Une modélisation européenne publiée en 2016 dans la revue Nutrients par une équipe de l’University College Cork, en Irlande, retrouve la même pente. Elle compte les mois où la dose d’UVB tombe sous le seuil utile à la peau : la Crète n’en connaît aucun, les Pays-Bas cinq, la Norvège arctique huit.
| Lieu | Latitude (° Nord) | Mois sans synthèse efficace | Repère français |
|---|---|---|---|
| Crète (Grèce) | 35 | 0 | plus au sud que la Corse |
| Athènes (Grèce) | 37 | 2 | plus au sud que la Corse |
| Thessalonique (Grèce) | 40 | 2 | un peu au sud de la Corse |
| Allemagne | 47 à 55 | 4 | de Mulhouse à bien au-delà de Dunkerque |
| Pays-Bas | 52 | 5 | au-dessus de Dunkerque |
| Royaume-Uni | 50 à 59 | 6 | Lille, Dunkerque au sud du pays |
| Reykjavik (Islande) | 64 | 7 | aucun |
| Tromsø (Norvège) | 69 | 8 | aucun |
Pourquoi le soleil d’hiver ne suffit-il pas ?
À cause de l’angle. Plus on monte en latitude, plus le soleil d’hiver reste bas et plus ses rayons traversent l’atmosphère en biais. Ce long trajet dans la couche d’ozone filtre les UVB en priorité, alors que la lumière visible passe. D’où le paradoxe d’un ciel de janvier éclatant qui chauffe une terrasse sans rien produire dans la peau. Les nuages rognent encore la saison utile.
L’assiette peut-elle prendre le relais en hiver ?
En partie seulement. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) fixe le repère d’apport en vitamine D à 15 microgrammes par jour pour un adulte. Selon ses données de consommation, un adulte en avale 3,1 en moyenne. L’assiette couvre donc, selon notre calcul, 21 % du repère. Les meilleures sources restent les poissons gras (hareng, sardine, saumon, maquereau), les œufs de poisson, le foie de morue et le jaune d’œuf.
Le manque se lit dans le sang. Selon l’Étude nationale nutrition santé menée en 2006-2007, 80,1 % des adultes avaient un taux insuffisant et 4,8 % un déficit sévère. Vivre dans une zone peu ensoleillée multipliait par 2,7 le risque de déficit modéré à sévère.
Faut-il prendre de la vitamine D en hiver ?
La réponse relève du médecin, qui peut prescrire un dosage sanguin et fixer la dose. L’Anses désigne les personnes les plus exposées au manque : personnes âgées, nouveau-nés et nourrissons, femmes enceintes ou ménopausées, peaux mates ou foncées. S’y ajoutent les régimes sans produits animaux et les maladies qui gênent l’absorption intestinale. Son conseil de 15 à 20 minutes de soleil en fin de matinée ou l’après-midi ne fonctionne que pendant la saison où les UVB passent. À Edmonton (52° Nord), les mesures de 1988 ne voyaient la peau se remettre au travail qu’en avril.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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