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Mise en perspective
Un chercheur tourne l’écran face au mur, puis quitte la pièce.
Ce geste ouvre chacune des séances d’une expérience menée au Brésil par une équipe de l’université de Virginie, rendue publique le 9 septembre 2026 et parue dans la revue Explore : vingt et un pratiquants expérimentés de la décorporation devaient sortir de leur corps, franchir deux cloisons et décrire l’image tirée au sort qui s’affichait là, à sept mètres, retournée contre le mur. Ni eux ni les chercheurs assis derrière la porte close ne savaient laquelle des cent images avait été tirée.
Aucun n’y est parvenu. Sur les 21 pratiquants de la décorporation testés par l’université de Virginie, 13 ont décrit une cible cachée dans une pièce voisine et aucune de ces descriptions ne dépasse le hasard, selon l’étude publiée dans la revue Explore et rendue publique le 9 septembre 2026.
C’est la suite qui retient l’équipe. Deux participants ont décrit, sans qu’on leur ait rien demandé, ce qui se passait dans la pièce fermée où patientaient les chercheurs. L’un a placé un expérimentateur assis à gauche devant son écran et un second en retrait, un livre à la main. L’autre a situé un chercheur à droite, en train de prendre des notes, et son collègue à gauche devant l’ordinateur. Les deux configurations correspondaient à la réalité.
Le fait
Le dispositif occupait trois pièces. Le participant restait dans la première, sous électroencéphalogramme ; les chercheurs attendaient dans la deuxième, porte close ; la cible s’affichait dans la troisième, sur un écran retourné contre le mur. Un expérimentateur lançait le tirage, orientait l’écran, puis sortait. L’image est restée inconnue de tous jusqu’à l’analyse, plusieurs mois plus tard, et chaque séance durait de soixante à quatre-vingt-dix minutes.
Le jugement des réponses fait l’originalité du protocole. Les descriptions des participants et les légendes des cent images ont été converties en vecteurs par un modèle de langue, puis comparées une à une : à chaque essai, la bonne cible entrait en concurrence avec quatre-vingt-dix-neuf leurres et recevait un rang. Treize essais à cent candidates chacun font 1 300 comparaisons de similarité, et aucune ne sort du hasard. Le test combiné sur les treize essais ne montre pas davantage de performance anormale, conclut l’article paru dans Explore.
Les chiffres du protocole tiennent en un tableau.
| Élément du protocole | Valeur |
|---|---|
| Participants testés | 21 |
| Ont rapporté une décorporation | 10 |
| Descriptions analysées | 13 |
| Images candidates par essai | 100 |
| Distance de l’écran au participant | 7 mètres |
| Durée d’une séance | 60 à 90 minutes |
| Meilleur rang obtenu par la bonne image | 16e sur 100 |
| Pire rang obtenu | 92e sur 100 |
| Essais au-dessus du hasard | 0 |
Notre regard
Un département de psychiatrie d’une université publique a consacré deux semaines de laboratoire à un phénomène que la science laisse d’ordinaire aux croyants et aux démystificateurs, puis a publié un résultat négatif. C’est le contraire d’une complaisance : le protocole était bâti pour que l’échec soit lisible, avec un tirage aléatoire, une cible inconnue des expérimentateurs eux-mêmes et un classement automatisé qui ne laisse aucune place à l’indulgence du juge.
L’équipe réunit Marina Weiler, professeure assistante de psychiatrie à la division des études perceptives de l’université de Virginie, deux collègues et un statisticien de l’université d’Auckland. Le travail a été financé par un donateur anonyme, sans intérêt financier déclaré, précise le communiqué de l’université.

La médecine a déjà tenté l’exercice à une tout autre échelle. L’étude AWARE, parue en 2014 dans Resuscitation, a suivi 2 060 arrêts cardiaques : 140 survivants ont passé un premier entretien, 101 un second, 2 % ont rapporté avoir vu ou entendu des événements réels de leur réanimation, et un seul épisode de conscience a pu être recoupé. Le profil de résultat est le même qu’ici, beaucoup de récits et très peu de vérifiable. La même retenue se lisait dans le sondage où les astrobiologistes interrogés refusaient de valider deux annonces de vie extraterrestre.
La nuance
Les auteurs ne présentent pas les deux récits comme une preuve, et l’écrivent dans l’article : ces observations n’étaient pas des mesures prévues, elles n’ont fait l’objet d’aucune analyse statistique, et elles ne peuvent rien établir sans un test prospectif et rigoureux. Elles ont surgi en entretien, après coup, chez deux personnes parmi vingt et une.
Une seconde réserve tient au modèle de langue lui-même. Les contrôles de l’équipe montrent que la chaîne d’analyse retrouve bien la bonne cible quand la correspondance sémantique existe, mais les auteurs précisent que ces contrôles n’établissent pas la sensibilité de l’outil à du langage humain spontané. La machine sait reconnaître une description qui colle ; rien ne garantit qu’elle reconnaîtrait une description approximative et pourtant juste.
À surveiller
L’équipe propose une piste que l’échec lui-même désigne : la nature de la cible compterait. Une image tirée d’une base standardisée n’a rien de mémorable, et des cibles distinctives ou chargées d’émotion seraient plus faciles à saisir puis à restituer. Les prochains essais devraient donc changer ce qu’ils cachent, et pas seulement la façon de le mesurer.
Le point vraiment ouvert reste celui des descriptions spontanées de l’environnement. Les auteurs leur reconnaissent une valeur méthodologique et demandent une investigation systématique, ce qui revient à faire de la pièce des chercheurs la cible du prochain protocole. « J’espère que cette étude encouragera les chercheurs à imaginer des façons créatives de tester ces expériences », déclare Marina Weiler, qui ajoute : « Pour moi, l’essentiel est que des résultats inattendus peuvent aider à poser de meilleures questions. »
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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