Un patrouilleur gris file seul en haute mer au petit matin, vu depuis un hélicoptère.

7 patrouilleurs hauturiers pour surveiller 10,7 millions de km² d’espace maritime

La commande de sept patrouilleurs hauturiers pèse 900 millions d'euros. Rapportée aux 10,7 millions de kilomètres carrés d'espaces maritimes français, elle revient à 84 euros par kilomètre carré et à 1,53 million de kilomètres carrés par coque.

Sommaire
  1. Devinez avant de lire
  2. En bref
  3. 900 millions d’euros, 84 euros le kilomètre carré
  4. Une coque pour 1,5 million de kilomètres carrés
  5. Le compte des coques en service descend à une
  6. 97 % de cette mer se trouve outre-mer
  7. Trois chantiers, un calendrier tenu par la loi
  8. Questions courantes

Devinez avant de lire

Si la série s’arrête à sept, combien de kilomètres carrés d’espaces maritimes chaque patrouilleur hauturier devra-t-il couvrir ?

Panorama

Vous avez 10,7 millions de kilomètres carrés de mer à faire surveiller. La Marine nationale a reconnu le 8 septembre 2026 à Concarneau le commandant du Trolley de Prévaux, tête d’une série de sept patrouilleurs hauturiers payés 900 millions d’euros pour succéder à des avisos qui auraient dû quitter le service à la fin des années 2000.

En bref

  • Sept patrouilleurs hauturiers commandés le 17 novembre 2023 par la Direction générale de l’armement, pour 900 millions d’euros et trois chantiers français.
  • Le Trolley de Prévaux, tête de série, a reçu son commandant le 8 septembre 2026 : il n’a pas encore couru ses essais à la mer.
  • Rapporté aux espaces maritimes français, le programme revient à 84 euros par kilomètre carré et à 1,53 million de kilomètres carrés par coque.
  • Le désarmement de deux avisos laissera la Marine nationale avec un seul patrouilleur de haute-mer en service.
  • Deux unités de plus sont envisagées au projet de loi de finances 2027, ce qui porterait la série à neuf, pour une cible affichée de dix en 2035.

900 millions d’euros, 84 euros le kilomètre carré

La commande de la DGA date du 17 novembre 2023 : sept bâtiments, trois marchés, 900 millions d’euros au total. Cela fait 128,6 millions d’euros par coque, système de combat et équipements de surveillance compris. Le contrat de réalisation est allé à un groupement des chantiers CMN, Piriou et Socarenam ; Naval Group a pris le système de direction de combat ; Thales fournit le sonar de coque BlueWatcher, un radar de surveillance compact multimissions et l’identification IFF. Chaque bâtiment mesure 92 mètres pour 14,2 mètres de large et déplace 2 400 tonnes à pleine charge. Trois ports les accueilleront : Brest, Toulon et Cherbourg.

La surface à couvrir, elle, ne bouge pas. Le Shom chiffre les espaces maritimes français à environ 10,7 millions de kilomètres carrés, deuxième espace maritime mondial derrière celui des États-Unis. Les 900 millions d’euros des sept patrouilleurs hauturiers commandés le 17 novembre 2023 représentent 84 euros par kilomètre carré des 10,7 millions de kilomètres carrés d’espaces maritimes français. C’est un prix d’achat : le carburant, les équipages et vingt à trente ans d’entretien viennent par-dessus.

Une coque de patrouilleur en construction sous une halle de chantier naval, deux ouvriers de dos.
Trois chantiers se partagent la série : Piriou à Concarneau, CMN à Cherbourg, Socarenam à Calais.

Une coque pour 1,5 million de kilomètres carrés

Divisez cette surface par le nombre de coques et le programme change de visage. Sept patrouilleurs hauturiers, cela fait 1 528 571 kilomètres carrés par navire. Les deux unités envisagées pour 2027 ramèneraient la charge à 1,19 million de kilomètres carrés, et la cible de dix affichée par la DGA à 1,07 million.

Chaque patrouilleur hauturier de la commande de 2023 doit couvrir 1,53 million de km² ; les deux unités envisagées au budget 2027 ramèneraient la charge à 1,19 million, la cible de dix à 1,07 million. Calcul à surface constante, patrouilleurs outre-mer non comptés.
Chaque patrouilleur hauturier de la commande de 2023 doit couvrir 1,53 million de km² ; les deux unités envisagées au budget 2027 ramèneraient la charge à 1,19 million, la cible de dix à 1,07 million. Calcul à surface constante, patrouilleurs outre-mer non comptés.
Reprendre ce graphique ou citer ce chiffre

Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :

Ou réutilisez ce graphique librement sur votre site, attribution incluse :

Pour l’ordre de grandeur, les réservoirs du monde couvrent 304 600 kilomètres carrés au total, une surface qu’AAP mesurait le 7 septembre 2026 : la zone théorique d’un seul patrouilleur hauturier en vaut cinq fois plus. Un navire ne tient évidemment pas sa zone en permanence : il y passe, il en sort, il rentre à quai.

Le format retenu pour la série décide donc de ce que chaque coque devra couvrir, et l’écart entre sept et dix bâtiments se compte en centaines de milliers de kilomètres carrés par navire.

Ce que chaque coque devrait couvrir selon le format retenu pour la série (Shom pour la surface, DGA et Zone Militaire pour les effectifs de flotte).
Format de la sérieCoquesEspaces maritimes par coqueStatut
Commande notifiée le 17 novembre 202371 528 571 km²900 millions d’euros, aucun bâtiment livré
Avec les deux unités du projet de loi de finances 202791 188 889 km²Envisagé
Cible annoncée par la DGA101 070 000 km²Horizon 2035
Patrouilleurs hauturiers et patrouilleurs outre-mer réunis13823 077 km²Six patrouilleurs outre-mer programmés par la loi de programmation militaire 2019-2025

Le compte des coques en service descend à une

Les patrouilleurs de haute-mer actuels sont des avisos de classe A69, entrés en flotte dans les années 1970. Leur remplacement aurait dû commencer à la fin des années 2000, en même temps que celui des patrouilleurs P400 : les contraintes budgétaires en ont décidé autrement. Le site spécialisé Zone Militaire relève qu’après le désarmement du Commandant Bouan et de l’Enseigne de vaisseau Jacoubet, la Marine nationale ne comptera plus qu’un seul patrouilleur de haute-mer.

Le calendrier du remplaçant a glissé lui aussi. En novembre 2023, la DGA annonçait une première livraison en 2026 et dix patrouilleurs hauturiers en service à l’horizon 2035. Mis à l’eau à Concarneau en février 2026, le Trolley de Prévaux a reçu son commandant, le capitaine de frégate Côme Deroide, le 8 septembre 2026. L’équipage, constitué dès 2025, prépare les premiers essais à la mer et a dessiné l’insigne du bâtiment, en hommage au contre-amiral dont il porte le nom. Un commandant reconnu n’est pas encore un bâtiment en patrouille.

97 % de cette mer se trouve outre-mer

La deuxième place mondiale de la France ne vient pas de ses côtes métropolitaines. Le Shom rappelle que l’outre-mer génère 97 % de ces espaces maritimes : l’essentiel de la zone à tenir se trouve à des milliers de kilomètres de Brest.

C’est là que travaillent les patrouilleurs outre-mer. Le ministère des Armées en programme six au titre de la loi de programmation militaire 2019-2025, pour succéder aux P400 : surveillance des zones économiques exclusives, lutte contre les trafics, police des pêches, recherche et sauvetage, protection de l’environnement. Ces bâtiments tiennent trente jours de mer sans ravitaillement et franchissent 5 500 milles nautiques à 12 nœuds, ce qui donne la mesure des distances. Ajoutés aux sept hauturiers, ils portent la flotte de patrouille à treize coques, soit 823 077 kilomètres carrés chacune.

La chaîne spécialisée Naval News a filmé l’un de ces bâtiments, l’Auguste Bénébig, en détail.

Vidéo : Naval News, présentation d’un patrouilleur outre-mer

Trois chantiers, un calendrier tenu par la loi

Les livraisons sont réparties entre trois villes. Le Trolley de Prévaux est sorti des chantiers Piriou à Concarneau ; le D’Estienne d’Orves doit être mis à l’eau par CMN à Cherbourg au début de 2027 ; le Jeanne Bohec est construit par Socarenam à Calais. La loi actualisant la programmation militaire 2024-2030 accélère la série et les annonce tous livrés en 2032, avec un patrouilleur côtier de gendarmerie en plus.

Reste l’écart entre la cible et le contrat. Dix patrouilleurs hauturiers étaient prévus ; sept ont été commandés. Deux bâtiments supplémentaires sont envisagés dans le cadre du projet de loi de finances 2027, ce qui porterait la série à neuf, soit une unité de moins que la cible et deux de plus que ce qui est aujourd’hui sous contrat. Cette commande ne figure pas explicitement dans la loi actualisant la programmation militaire. Le prochain rendez-vous est budgétaire : c’est le projet de loi de finances 2027 qui tranchera.

Un atoll isolé au bord d’une immensité d’eau bleue, vue aérienne à haute altitude.
L’outre-mer génère 97 % des espaces maritimes français, selon le Shom.

Questions courantes

À quoi sert un patrouilleur hauturier ?
La Direction générale de l’armement lui assigne un spectre large : soutien à la dissuasion, présence dans les zones de souveraineté et d’intérêt, évacuation, protection, escorte et intervention dans le cadre de l’action de l’État en mer. Le bâtiment met en œuvre un hélicoptère ou un drone selon la mission.

Qu’est-ce qui distingue un patrouilleur hauturier d’un patrouilleur outre-mer ?
L’armement et le gabarit. Le hauturier embarque le système de combat SETIS-C, un canon de 40 mm RAPIDFire, un système surface-air à courte portée Simbad-RC armé de missiles Mistral 3, un radar NS54, un hélicoptère H160M Guépard, un drone aérien et deux embarcations semi-rigides. Le patrouilleur outre-mer mesure 80 mètres pour 12 mètres de large et 3,5 mètres de tirant d’eau, embarque une trentaine de marins, pointe à 24 nœuds et s’arme de mitrailleuses de 7,62 et 12,7 mm, d’un canon téléopéré de 20 mm et d’un drone à décollage vertical de 200 kg.

Qui était Trolley de Prévaux, dont le navire porte le nom ?
Un contre-amiral né en 1888, pilote de dirigeable pendant la Première Guerre mondiale, attaché naval à Berlin dans l’entre-deux-guerres puis commandant du croiseur Duguay-Trouin au début de la Seconde Guerre mondiale. Opposé à Vichy, il entre en résistance dans le réseau F. Messager sous le nom de code Vox. Arrêté par la Gestapo à Marseille en mars 1944, il est fusillé aux côtés de son épouse Charlotte à Lyon le 19 août 1944. Il est compagnon de la Libération et titulaire de la Croix de guerre 1939-1945.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusionTaratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion
  2. 2Mondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du TourMondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du Tour
  3. 3Prix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréatPrix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréat
  4. 4Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembreRésultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre
  5. 5Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnésRésultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Élise, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Elise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

Articles: 363