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Depuis la toute première, tombée en Ukraine en 1889, combien de météorites de type CM ont été vues tomber dans le monde entier ?
La réponse :
Le 16 juillet 2024, un bolide diurne traverse le ciel de New York en faisant entendre un bang supersonique, juste au sud de la statue de la Liberté. Peu après, un caillou d’un peu plus d’un kilo perce le toit d’une maison de Hillsborough, dans le New Jersey, et s’arrête dans une chambre. Depuis 1889, 22 chutes de météorites de type CM ont été observées. Celle-ci n’est que la deuxième de sa sous-catégorie, et de très loin la mieux conservée.
Son analyse vient d’être publiée dans Science Advances. Elle raconte la chimie d’un petit monde qui n’existe plus.

Le propriétaire n’a rien vu venir. Il a entendu un fracas, et trouvé un trou dans le plafond de sa chambre.
Ce que la pierre contient
Des acides aminés, oui, mais ce n’est pas la surprise. Les chondrites carbonées en livrent régulièrement. La nouveauté tient dans ce qui les accompagne.
L’équipe internationale menée par l’astronome des météores Peter Jenniskens, du SETI Institute et du centre Ames de la NASA, a trouvé des fragments riches en sels venus de la proche surface de l’astéroïde parent. Là, l’eau liquide s’est évaporée et a concentré des saumures. « Un processus jusqu’ici inconnu pour ce type de proto-planète », résume Jenniskens.
Or les saumures ne sont pas décoratives. Elles maintiennent le phosphate en solution et catalysent des réactions entre molécules organiques et minéraux. La distribution des acides aminés observée s’est formée dans le corps parent, probablement aidée par cette chimie salée. La roche contient par ailleurs 1,8 % de carbone en masse et 0,07 % d’azote.
Pourquoi cet échantillon précis compte
Parce qu’il est propre. Une météorite ramassée des mois après sa chute a eu le temps d’absorber l’humidité, les micro-organismes et la chimie terrestres. Les composés fragiles, eux, ont disparu.
Le propriétaire de la maison a fait exactement ce qu’il fallait, sans savoir qu’il le faisait. Il a senti une forte odeur de soufre, documenté la scène, puis placé les fragments dans des bocaux de verre avec des gants jetables et du papier aluminium. « Grâce à sa réaction rapide, ce sont les CM1/2 les plus intacts que nous connaissions », dit Jenniskens.

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La rareté se lit dans le compte. Sur les 22 chutes de CM observées depuis la météorite de Mighei, tombée en Ukraine en 1889, une seule autre était une CM1/2 : celle de Kolang, à Sumatra, en 2020. Aucune chute de CM1, la forme la plus altérée par l’eau, n’a jamais été vue tomber.
Ce que « acide aminé extraterrestre » ne veut pas dire
Le mot fait travailler l’imagination, et la presse anglophone a titré sur les origines de la vie. Précisons donc le périmètre : un acide aminé est une brique, pas un être. En trouver dans une météorite ne dit rien d’une vie ailleurs.
Ce que cela dit, c’est que ces briques se fabriquent sans nous, dans le noir, sur des cailloux de quelques kilomètres, et qu’elles ont pu être livrées à la Terre primitive en quantité. Les mêmes signatures de saumures ont été relevées dans les échantillons rapportés des astéroïdes Ryugu et Bennu par les missions Hayabusa 2 et OSIRIS-REx. Une chimie de fond, partagée, comme celle que nous suivons sur la comète interstellaire 3I/ATLAS. Une histoire de conditions, pas de destin.
En France, une météorite retrouvée au matin
La leçon de Hillsborough n’est pas américaine. Elle est méthodologique : ce qui fait la valeur d’un échantillon, c’est la vitesse.
La France a son cas, et il est saisissant. Le 10 septembre 2023 à 0 h 13, dix caméras du réseau FRIPON enregistrent un bolide au-dessus du centre du pays. Avec l’aide du Pôle des Étoiles de Nançay, une météorite de 714 grammes est retrouvée dès le lendemain matin près de Ménétréol-sur-Sauldre, en Sologne. Une des chutes les plus rapidement récupérées jamais étudiées.
La suite ressemble à Hillsborough : 346 témoignages venus de six pays, et une spectrométrie gamma lancée quatre jours seulement après la chute, pour attraper les radionucléides à courte durée de vie avant qu’ils ne s’éteignent. Le même principe que celui qui a permis de reconstituer la trajectoire d’un astéroïde à partir de 282 météores : des caméras partout, et vite.

Reste ce détail, que nous gardons pour la fin. Une pierre plus vieille que la Terre a passé quatre milliards et demi d’années dans le vide, puis quelques secondes dans notre atmosphère, avant d’être sauvée par un homme qui a eu le réflexe d’aller chercher du papier aluminium. Le reste du nuage de cailloux, tombé entre Staten Island et le New Jersey, n’a jamais été retrouvé.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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