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Publié le 26 juin 2026 · Mis à jour le 4 juillet 2026 à 14h04
Cent mètres de métal dressés dans le noir absolu, par 2 300 mètres de fond : c’est ce qu’ont éclairé les projecteurs du sous-marin Nautile le 24 mars dernier, au milieu de l’Atlantique. L’Ifremer a annoncé le 23 juin la découverte de trois sites hydrothermaux anciens sur la dorsale médio-Atlantique, dont ce colosse baptisé Enez Sun, qui culmine deux fois plus haut que le Colisée de Rome. Une trouvaille française, sur un trésor minéral aussi convoité que mal connu.
En bref
- Enez Sun mesure 300 m de large sur 100 m de haut, presque deux fois les dimensions du Colisée (Ifremer).
- Trois sites découverts entre 1 200 et 2 300 m de profondeur lors de la campagne Hermine 3.
- Le drone autonome UlyX a cartographié jusqu’à 173 km² par nuit, soit la taille de Narbonne.
- Ces dépôts de sulfures sont au cœur du débat mondial sur l’exploitation minière des grands fonds.
Le décor, d’abord. La dorsale médio-Atlantique est une longue cicatrice volcanique qui court au milieu de l’océan, là où la croûte terrestre s’écarte et laisse remonter la chaleur du manteau. L’eau de mer s’y infiltre, se charge en métaux dissous, puis ressort par des cheminées brûlantes qui bâtissent, siècle après siècle, d’énormes édifices minéraux. Enez Sun est l’un d’eux : pas une cheminée fumante en activité, mais un site dit fossile, vraisemblablement vieux de plusieurs dizaines de milliers d’années, selon l’institut français.
Un géant de sulfure qui dépasse le Colisée
Les chiffres donnent le vertige. Le dépôt mesure 300 mètres de diamètre pour 100 mètres de haut. Le Colisée, lui, plafonne à 48 mètres et s’étend sur 189 mètres dans sa plus grande longueur. Ce monticule sous-marin est donc presque deux fois plus large et deux fois plus haut que le plus célèbre amphithéâtre du monde, sauf qu’il n’a été ni dessiné ni construit par personne : la chimie de l’océan a tout fait.

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La silhouette parle d’elle-même quand on la met côte à côte avec un repère familier. Et encore, Enez Sun n’est pas seul : deux autres sites l’accompagnent, Enez Houad (400 mètres de long, près de 40 mètres de haut) et le plus modeste Enez Edig, découverts eux par 1 200 mètres de fond le 29 mars.

Ces noms ne doivent rien au hasard : ils renvoient à des îles bretonnes. Enez Sun, c’est l’île de Sein en breton, un clin d’oeil à Yves Fouquet, géologue retraité de l’Ifremer originaire du sud-Finistère. La campagne, baptisée Hermine 3, a réuni l’institut, le CNRS, l’IPGP et plusieurs universités à bord du Pourquoi pas ?, du 1er mars au 17 avril.
Pas tout à fait éteint
Le plus intrigant tient en moins d’un degré. Sur une zone d’Enez Sun, les scientifiques ont relevé une légère anomalie de température : 0,8 °C de plus que l’eau de mer environnante, qui stagne à 3,6 °C à cette profondeur. Presque rien, mais associé à des tapis bactériens, ces voiles blanchâtres qui signalent souvent une chimie encore vivante. De quoi se demander si le site respire encore, faiblement. L’origine de cette chaleur résiduelle reste à élucider, reconnaît l’équipe, qui parle d’un objet géologique de classe mondiale.
La vie, justement, n’a pas attendu les conclusions. Autour de ces reliefs vivent coraux, éponges, crinoïdes, crabes et poissons. Et lors d’une plongée, deux poulpes à oreilles, ces fameux poulpes Dumbo aux nageoires en forme d’ailettes, se sont approchés du hublot du Nautile, simplement curieux. Les équipes y voient un de ces instants rares que seuls les grands fonds offrent, au même titre que les flanges, ces excroissances de cheminée qui piègent le fluide chaud et créent un miroir d’eau dissimulant une caverne de minéraux brillants.

Pour repérer tout cela dans le noir, l’Ifremer a misé sur un duo devenu un standard de l’exploration abyssale : un robot et un homme. Le drone autonome UlyX, en service depuis 2024, balaye de larges zones la nuit, jusqu’à 173 km² par plongée, l’équivalent d’une ville comme Narbonne. Le Nautile, sous-marin habité mis à l’eau en 1984, vérifie ensuite de visu les points d’intérêt en journée. Quarante-neuf jours de mission, vingt-quatre plongées, trois géants tirés de l’oubli.
Un trésor minéral que la France surveille de près
Reste l’enjeu qui dépasse la prouesse technique. Ces dépôts sont composés de sulfures polymétalliques, riches en fer, cuivre ou zinc, exactement les métaux que convoite l’industrie pour la transition énergétique. La campagne s’inscrit dans le contrat d’exploration porté par la France auprès de l’Agence internationale des fonds marins, signé en 2014 pour quinze ans. Objectif affiché : acquérir des connaissances avant toute décision. Depuis 2016, la France et l’Ifremer se positionnent contre l’exploitation minière des sites hydrothermaux actifs, dans un débat international loin d’être tranché. Connaître ces colosses, c’est aussi se donner les moyens de peser sur leur avenir.
Au fond, ce que ramène Hermine 3, ce ne sont pas seulement des cartes et des échantillons. C’est la preuve qu’il reste, à quelques jours de bateau de nos côtes, des paysages entiers que personne n’avait jamais vus, et déjà des appétits prêts à s’y poser.
Questions courantes
Qu’est-ce qu’un site hydrothermal ?
C’est une zone où l’eau de mer, réchauffée par le volcanisme sous-marin, ressort chargée en métaux et bâtit peu à peu des édifices minéraux. Enez Sun est un site ancien, dit fossile.
Enez Sun est-il vraiment plus grand que le Colisée ?
Oui. Avec 300 m de large et 100 m de haut, il est presque deux fois plus large et deux fois plus haut que le Colisée, qui mesure 189 m de long pour 48 m de haut.
Pourquoi ces sites intéressent-ils autant ?
Leurs sulfures contiennent du fer, du cuivre et du zinc, des métaux stratégiques. Ils sont au centre du débat mondial sur l’exploitation minière des grands fonds.
Qui a fait cette découverte ?
L’Ifremer et ses partenaires (CNRS, IPGP, universités de Brest, Bretagne Sud, Toronto) lors de la campagne Hermine 3, annoncée le 23 juin 2026.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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