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Mise en perspective
Vous sentez la décision arriver avant le geste, sauf qu’aucun mécanisme cérébral identifié ne tient ce rôle. C’est la thèse que défend Thomas W. James, professeur de sciences psychologiques et cérébrales à l’université de l’Indiana, dans le Journal of Cognitive Neuroscience daté du 1er juin 2026 et reprise par ScienceDaily le 25 août.
Son article s’intitule « Sensorimotor Mechanisms of Decisions and Actions ». Le résumé le désigne lui-même comme une « perspective » et annonce sans détour ce qu’il va soutenir : les décisions et les processus de décision ne causent pas les actions. Aucune expérience n’est rapportée.
Douze pages, un seul auteur, aucune donnée nouvelle : le 1er juin 2026, le Journal of Cognitive Neuroscience (volume 38, numéro 6, pages 1089 à 1100) publie cette « perspective » de Thomas W. James, qui affirme que les décisions ne causent pas les actions. Le reste tient à ce qu’il propose de mettre à la place.
Le fait
James distingue trois familles de processus dont les neurosciences savent décrire les mécanismes : sensoriels, sensorimoteurs et moteurs. Entre les deux extrémités, le modèle classique place un étage cognitif qui déciderait, et c’est celui-là qu’il déclare introuvable : selon le communiqué de son université, aucun processus neuronal distinct ne fait le travail d’un décideur. Il propose de remplacer le mot « décision » par « sélection d’action », produite ensemble par ces trois familles.
Notre regard
L’argument vise moins l’intuition du lecteur que l’outillage des laboratoires. Si l’étage du milieu n’existe pas, chercher en imagerie des « aires de la décision » revient à cartographier une abstraction. Ce que James dépose sur la table est une proposition de méthode plutôt qu’une découverte, et elle demande de changer les conditions d’expérience avant de pouvoir être jugée.
La nuance
James ne dit pas que les décisions n’existent pas. « Bien sûr qu’elles existent », répond-il dans le communiqué de son université. « Nous employons ce langage en permanence et il est très utile pour décrire le comportement. Le saut, je crois, c’est de dire que le cerveau fonctionne en ayant des processus de décision ou de contrôle. » Ni le résumé de l’article ni les communiqués n’emploient les mots « libre arbitre » : le texte parle de mécanismes, pas de responsabilité.
À surveiller
Une perspective n’est pas un résultat. Le modèle qu’elle conteste structure des décennies de théorie, et le résumé de James note lui-même que cette hypothèse est intégrée à des degrés variables dans la discipline. La suite se lira dans les protocoles : des expériences conçues autrement produiront ou non ce que le modèle sandwich n’explique pas.
L’étage du milieu, celui que personne ne trouve
Le modèle que James appelle le « modèle sandwich » décrit une séquence : percevoir, puis réfléchir et choisir, puis agir. Chaque étage est censé correspondre à une fonction cérébrale distincte. Son objection tient en une image : les deux tranches existent, la garniture non.
Le cerveau dispose de réseaux sensoriels identifiables et de réseaux moteurs identifiables. Entre les deux, soutient-il, il n’existe pas de processus neuronal discret consacré à la prise de décision. « Nos actions donnent l’impression d’être causées par des décisions fondées sur des désirs, des croyances et des intentions », reconnaît-il dans le communiqué de son département. L’impression n’est pas l’argument.
Le raisonnement s’appuie sur un cadre physicaliste emprunté à Daniel Dennett : un phénomène physique peut causer des phénomènes physiques et non physiques, l’inverse n’étant pas vrai. Les décisions sont non physiques, les actions physiques, et la conclusion suit toute seule.
Les deux premières analogies découlent de là. Le soi, chez Dennett, ressemble à un centre de masse : un concept mathématique commode, incapable d’exercer la moindre force par lui-même. Et dire que « l’université » a pris une décision décrit très bien un ensemble d’activités, sans nommer la réunion qui l’a produite. « En tant que phénomènes mentaux, elles sont définies à un niveau trop abstrait pour les objectifs des neurosciences cognitives », dit James des décisions, dans le communiqué diffusé le 2 juin 2026.

Un robot longe un mur sans rien décider
La troisième analogie est la plus concrète, et la plus décisive. James décrit un robot construit à partir d’un petit nombre de modules sensoriels, moteurs et sensorimoteurs. Il longe un mur, il a l’air d’avoir un but, et ne contient rien qui ressemble à un système de décision.
« Le robot n’a pas de décisions intégrées », résume-t-il. « Il perçoit son environnement et se déplace en conséquence. » L’intention est dans l’œil qui regarde, pas dans la machine.
Le pendant négatif porte un nom chez Dennett : le théâtre cartésien. Poser un contrôleur central dans le cerveau, explique James, revient à admettre qu’on n’a pas compris comment il fonctionne, « parce que vous venez de mettre une personne à l’intérieur de votre cerveau ». Cette personne en aurait besoin d’une autre dans son cerveau, et ainsi de suite.
L’hypothèse d’un commandement réparti plutôt que centralisé n’arrive pas seule.
AAP rapportait le 13 juin 2026 le connectome complet reliant le cerveau et le corps d’une mouche, 160 000 neurones cartographiés, où le mouvement d’une patte est réglé surtout par les circuits nerveux de cette patte : ce câblage intégral montrait déjà un contrôle distribué, mesuré celui-là.
Les trois pièces du dossier n’ont pas le même statut.
| Pièce | Ce qui est avancé | Statut |
|---|---|---|
| JOCN 38-6, 1er juin 2026 | Les décisions ne causent pas les actions | Argument, sans expérience |
| Université de l’Indiana, 2 juin 2026 | Aucun processus neuronal ne joue le décideur | Communiqué |
| Connectome de la mouche, 13 juin 2026 | Une patte réglée surtout par ses propres circuits | Mesure, sur un insecte |
Ce que le camp d’en face garde en main
Le modèle contesté n’est pas une naïveté de manuel. Depuis des décennies, les théories scientifiques comme le sens commun traitent la décision comme une étape séparée, et de nombreuses méthodes de recherche, en particulier en neurosciences cognitives fondées sur des modèles, sont bâties sur cette idée, comme le rappellent les reprises du texte.
Surtout, l’article ne mesure rien. Il ne présente pas d’expérience, ne teste aucune prédiction et ne réanalyse aucun jeu de données : il argumente, puis propose une méthode. Aucun des communiqués ni des reprises consultés ne donne la parole à un chercheur en désaccord, ce qui reste le plus court chemin pour faire passer une thèse minoritaire pour une évidence.
Il reste que la thèse est difficile à réfuter avec les protocoles qu’elle vise, puisque ce sont ces protocoles qu’elle accuse de présupposer l’étage qu’ils croient mesurer. James en tire la seule sortie cohérente : changer les conditions d’expérience. Le tri entre ce que l’imagerie mesure et ce qu’elle raconte se pose ici avec une acuité inhabituelle.
La suite se jugera sur pièces expérimentales. Le texte intégral recommande des environnements de test plus écologiques, qui laissent au participant la main sur ses actions et l’autorisent à apprendre en explorant. Tant qu’une expérience de ce type n’aura pas produit un résultat que le modèle sandwich n’explique pas, la sélection d’action restera une proposition, pas un fait.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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