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Décryptage
Pour savoir si l’on a l’aphantasie, les chercheurs font passer le questionnaire VVIQ : 16 images mentales à noter de 1 à 5, et un total compris entre 16 et 32 classe dans l’aphantasie. Avec une prévalence de 3,9 %, l’aphantasie concernerait, selon notre calcul, environ 2,7 millions de personnes en France, sur 69,1 millions d’habitants au 1er janvier 2026.
Aphantasie : comment savoir si vous êtes concerné ?
Le psychologue britannique David Marks a publié le VVIQ (Vividness of Visual Imagery Questionnaire) en 1973. Il propose quatre scènes à se représenter : un proche, un lever de soleil, une devanture de magasin, un paysage de campagne. Chaque scène se décline en quatre détails à imaginer, l’un après l’autre.
Pour chaque détail, on note la netteté de l’image. Dans la version employée par les études sur l’aphantasie, 1 signifie aucune image et 5 une image aussi nette que la vision normale. Le total va donc de 16 à 80, et 16 veut dire que rien ne se forme. De nombreuses études placent l’aphantasie entre 16 et 32, rappelle la fiche de l’Académie américaine d’ophtalmologie, qui signale aussi des personnes se disant aphantasiques au-dessus de 33.
Un second indice tient en une consigne : compter les fenêtres de son logement. Les 21 premiers aphantasiques décrits par le neurologue Adam Zeman, dans la revue Cortex en 2015, y arrivaient sans image, en puisant dans leur savoir et leur mémoire. La plupart avaient découvert leur différence entre l’adolescence et la vingtaine, en comprenant que les autres « voyaient » vraiment.
Combien de personnes ont l’aphantasie ?
Environ une sur 26. Ce chiffre vient d’une étude parue en janvier 2022 dans Consciousness and Cognition : le VVIQ a été passé par 502 étudiants, puis par 502 personnes recrutées en ligne. Résultat : 4,2 % puis 3,6 % d’aphantasiques, 3,9 % au total, sans écart entre hommes et femmes.
L’estimation française applique ce taux aux 69,1 millions d’habitants estimés par l’Insee. C’est un ordre de grandeur : le taux vient d’étudiants et d’un panel en ligne, pas d’un échantillon représentatif de la France.
Pourquoi les chiffres varient-ils ? Le seuil retenu et le recrutement pèsent. Une enquête de 2009, citée par Zeman, comptait 2,1 à 2,7 % de personnes sans imagerie visuelle sur 2 500 participants.

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Les aphantasiques rêvent-ils en images ?
Souvent, oui. L’image voulue manque, mais l’image involontaire, celle des rêves, est « habituellement préservée », résumait l’université d’Exeter en 2015. Dans l’étude de Zeman, 17 des 21 aphantasiques décrivaient des images en rêve, et 10 en voyaient surgir éveillés, sous forme de « flashs ».
Sauf que ce n’est pas vrai pour tout le monde. Une étude publiée dans Scientific Reports a interrogé 205 personnes, dont 84 aphantasiques visuels. Derek Arnold et Loren Bouyer (université du Queensland) l’ont menée avec Merlin Monzel (université de Bonn). Chez les aphantasiques, 46 % rêvent toujours en images, 8 % jamais.
Les participants notaient aussi leurs sensations imaginées éveillés (vue, sons, odeurs, goûts, toucher, mouvement, voix intérieure), puis leur fréquence en rêve. Le lien jour-nuit était le plus net pour les sons et la voix intérieure, même s’il restait faible à modéré, rapporte ScienceAlert. Piste des chercheurs : la difficulté à coordonner les régions du cerveau liées à l’imagination persisterait pendant le sommeil chez certains, pas chez d’autres.
Vrai ou faux ?
Les aphantasiques ne rêvent jamais en images.
Faux. Dans l’étude de Scientific Reports, 46 % des aphantasiques visuels disent rêver toujours en images ; 8 % jamais.
Le mot « aphantasie » date de 2015.
Vrai. Adam Zeman, Michaela Dewar et Sergio Della Sala l’ont introduit dans la revue Cortex.
Il existe un traitement reconnu de l’aphantasie.
Faux. Aucun traitement n’est approuvé, ni pour la forme congénitale ni pour la forme acquise, selon l’Académie américaine d’ophtalmologie.
Qu’est-ce que ça change au quotidien ?
Surtout la mémoire de sa propre vie. Quatorze des 21 premiers cas peinaient à revivre leurs souvenirs ; autant se découvraient des forces en langage, en calcul ou en logique. En 2020, une enquête de Zeman auprès de 2 000 aphantasiques et 200 hyperphantasiques a confirmé la tendance.
Les aphantasiques y signalent plus souvent du mal à reconnaître les visages. Ils sont surreprésentés dans les métiers scientifiques et mathématiques. Environ la moitié n’a d’imagerie volontaire dans aucun sens, et le trait semble courir dans les familles.
Dans l’émission « Ça commence aujourd’hui », sur France 2, un invité décrit sa vie sans aucune imagerie mentale.
L’aphantasie se soigne-t-elle ?
Non. Aucun traitement n’est approuvé, ni pour la forme présente depuis toujours ni pour celle qui apparaît après une atteinte du cerveau, indique la fiche de l’Académie américaine d’ophtalmologie. La forme acquise peut suivre un traumatisme crânien, un AVC ou un trouble de l’humeur. Les travaux de Zeman sont partis d’un homme privé d’images mentales dans la soixantaine, après une intervention cardiaque, selon l’université d’Exeter.
La forme congénitale dure toute la vie et ne s’améliore pas avec l’âge, selon l’Académie américaine d’ophtalmologie.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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