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Sommaire
- En bref
- Ce que le sel fait une fois l'eau partie
- Sept cultures, une hiérarchie qui s'aplatit
- Pourquoi la culture qui tient le mieux coûte le plus cher
- Les mêmes terres basses, de la Manche à la Gironde
- Ce que l'indemnisation couvre, et ce qu'elle laisse dehors
- Ce qui se plante à la place
- Questions courantes
Décryptage
Vous croyez qu’une submersion marine se termine quand l’eau se retire. Le sel, lui, reste dans le sol et continue d’y arbitrer pendant des années quelles cultures rapportent encore . Des chercheurs de l’université de Lincoln, dont Saul Ngarava, Daniel Magnone et Eric Ruto, l’ont chiffré en septembre 2026 pour le Greater Lincolnshire, grenier de légumes et de céréales de l’est de l’Angleterre.
Leur modélisation, publiée dans Land Use Policy, porte sur sept cultures et aboutit à plus de 253 millions de livres de pertes pour l’économie du territoire. Le détail est plus instructif que le total : environ 124 millions tombent sur le blé d’hiver, près de la moitié de la facture. C’est pourtant la culture que l’étude désigne comme la plus fiable des sept.
En bref
- 49 % des pertes modélisées, environ 124 des 253 millions de livres, tombent sur le blé d’hiver, à la mesure de son poids dans la production.
- Sur sept cultures du Greater Lincolnshire, la modélisation de l’université de Lincoln chiffre la perte à plus de 253 millions de livres.
- Les pommes de terre encaissent les reculs de rentabilité les plus lourds, la betterave et les oléagineux suivent, le blé d’hiver tient.
- Le sel déposé par une submersion marine ne part pas avec l’eau : il s’accumule et pèse sur la productivité pendant des années.
- En France, 1,5 million d’habitants vivent en zone potentiellement exposée à la submersion marine, et l’indemnisation agricole vise le sol, pas les récoltes d’après.
Ce que le sel fait une fois l’eau partie
« Le sel s’accumule dans le sol et peut y persister des années, réduisant silencieusement la productivité », écrivent les trois chercheurs dans leur mise au point du 7 septembre 2026. C’est l’angle mort des bilans de tempête : on compte les hectares noyés le jour même, rarement les campagnes qui suivent.
Plutôt que de mesurer la réaction d’un plant à une concentration donnée, les auteurs ont croisé la cartographie des cultures, le classement de qualité des terres, l’exposition au risque d’inondation et les données financières des exploitations. Ils ont ensuite simulé une montée de la salinité. Leur question est financière : l’exploitation gagne-t-elle encore de l’argent, et avec quel niveau de risque ? Le travail a été financé par le Lincolnshire County Council, avec des fonds du Defra et de l’Environment Agency.
Sept cultures, une hiérarchie qui s’aplatit
Toutes les grandes cultures perdent de l’argent quand la salinité monte. Ce qui change d’une espèce à l’autre, c’est la pente. Les pommes de terre décrochent le plus vite : leurs coûts de production sont élevés, et un rendement qui fléchit efface la marge en quelques points. La betterave et les oléagineux subissent des reculs importants. Les céréales encaissent mieux, l’orge tolérant naturellement une part de sel.
« La salinité aplatit cette hiérarchie. Au lieu de gagnants et de perdants nets, la plupart des cultures finissent regroupées », écrivent les auteurs : rentabilité plus faible et risque plus élevé pour la plupart d’entre elles. L’assolement, qui sert d’ordinaire à répartir les paris d’une exploitation, perd une partie de sa raison d’être.
Voici la hiérarchie que l’étude dégage sur les sept cultures examinées.
| Culture | Ce que la salinité lui fait | Ce qui l’explique |
|---|---|---|
| Pommes de terre | Les reculs de rentabilité les plus forts des sept | Coûts de production élevés : une baisse de rendement érode la marge très vite |
| Betterave | Recul important | Citée avec les oléagineux parmi les cultures sous forte pression |
| Oléagineux | Recul important | Cités avec la betterave parmi les cultures sous forte pression |
| Orge d’hiver et de printemps | Recul amorti | Céréale qui tolère naturellement une part de sel |
| Blé de printemps | Recul | Inclus dans les sept cultures modélisées ; l’étude réserve son verdict de fiabilité au blé d’hiver |
| Blé d’hiver | Le recul le mieux contenu | « Se distingue » comme l’option la plus fiable ; environ 124 des 253 millions de livres de pertes |
Pourquoi la culture qui tient le mieux coûte le plus cher
C’est le chiffre que la hiérarchie par espèce masque. Sur les 253 millions de livres de pertes modélisées pour le territoire, environ 124 reviennent au blé d’hiver, d’après le chiffrage de Lincoln : 49 % de la facture tient sur la culture la plus résiliente des sept. Selon FarmingUK, cette part reflète l’échelle de sa production : même contenue, sa perte finit par dominer le total.

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Le graphique le montre d’un coup d’œil : une seule espèce pèse presque autant que les six autres réunies.
Le choix qui protège son revenu et celui qui protège la production d’un territoire ne coïncident pas. Se replier sur le blé d’hiver limite le risque individuel ; à l’échelle du Greater Lincolnshire, cela revient à faire porter la perte par une seule espèce, sur des terres que le pays ne peut pas remplacer ailleurs.
Et chez nous ?
Les mêmes terres basses, de la Manche à la Gironde
La mécanique se transpose sans effort au littoral français. Les territoires potentiellement exposés à la submersion marine couvrent 11 100 km² et 1,5 million d’habitants y résident, d’après les chiffres du littoral du service statistique du ministère de la Transition écologique. Plus de la moitié de cette surface se concentre dans quatre départements : Bouches-du-Rhône, Vendée, Charente-Maritime et Guyane.
Deux d’entre eux bordent la façade atlantique, là où les polders et les marais gagnés sur la mer portent des parcelles de grandes cultures. La submersion marine y a déjà envoyé du sel dans ces parcelles, et l’État l’a reconnu noir sur blanc.
Ce que l’indemnisation couvre, et ce qu’elle laisse dehors
Les 4 et 5 novembre 2023, la tempête Domingos et la submersion marine qui l’accompagne frappent la côte charentaise. Le comité national de gestion des risques en agriculture a ensuite reconnu une calamité agricole au titre des « pertes de fonds sur sols ». Après la tempête Domingos des 4 et 5 novembre 2023, l’indemnisation des « pertes de fonds sur sols » liées à la submersion marine a couvert 35 % du coût des travaux de remise en état à Moëze et Marennes-Hiers-Brouage.
Le mot « fonds » dit l’essentiel : le dispositif solde la remise en état du support, pas ce qui pousse dessus ensuite. Or c’est exactement cette suite que le travail de Lincoln chiffre : les campagnes où le rendement plafonne, où la pomme de terre cesse d’être un pari raisonnable, où l’assolement se réduit à la culture qui tient. Un exploitant peut être indemnisé pour son sol et rester seul face aux récoltes d’après.
Ce qui se plante à la place
Les auteurs ne s’arrêtent pas au diagnostic. Ils citent trois pistes : des variétés de blé tolérantes au sel, l’orge qui l’encaisse naturellement, et les halophytes, ces plantes de bord de mer dont la salicorne est l’exemple comestible. La salicorne reste une production de niche haut de gamme : la cultiver à grande échelle demanderait des investissements et de nouveaux marchés, préviennent les auteurs.
Le sel se valorise, ailleurs : un panneau de dessalement solaire testé à Rochester le récupère en cristaux plutôt qu’en saumure. Dans un champ submergé, aucun dispositif équivalent n’existe.
Reste ce que l’étude ne propose pas : aucun procédé de lessivage, de drainage ou de désalinisation des parcelles n’y figure. Une fois le sel entré, le seul levier examiné consiste à changer ce qu’on sème dessus.
Questions courantes
Quelles sont les sept cultures modélisées par l’étude ?
Le blé d’hiver, le blé de printemps, l’orge d’hiver, l’orge de printemps, la betterave, les oléagineux et les pommes de terre.
Comment demander une indemnisation après une submersion marine en France ?
Le dossier se dépose à la direction départementale des territoires et de la mer, dans les trente jours suivant l’affichage en mairie de la décision de reconnaissance. Il comprend le formulaire de demande signé, l’annexe relative aux pertes de fonds sur sols, une attestation d’assurance, un justificatif de propriété ou de bail, les factures des travaux et un relevé d’identité bancaire, avec l’engagement de réinvestir l’indemnité dans l’exploitation.
Combien pèse le Greater Lincolnshire dans l’agriculture britannique ?
La région produit entre 33 % et 37 % des légumes du Royaume-Uni, concentre environ la moitié des terres agricoles classées grade 1 du pays et génère 1,23 milliard de livres de valeur agricole.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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