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Sommaire
Récit
Washington, 1918 : dix-huit moutons arrivent en chariot d’une ferme du Maryland pour tondre la pelouse de la Maison-Blanche. En pleine guerre, le président Woodrow Wilson libère ses jardiniers pour d’autres tâches, et la laine du troupeau finira aux enchères au profit de la Croix-Rouge américaine.
En bref
- 48 moutons ont entretenu la pelouse de la Maison-Blanche de 1918 à 1920, au profit de la Croix-Rouge.
- En 2013, environ 150 villes françaises pratiquaient l’éco-pâturage, contre 20 en 2000.
- Au parc du Sausset, un hectare coûte 1 800 euros par an avec des bêtes, 8 300 euros à la machine.
Pourquoi Wilson a-t-il mis des moutons à la Maison-Blanche ?
Parce que la guerre réclamait des bras : tout part de Cary Grayson, le médecin du président, qui sollicite William Woodward, propriétaire de Belair Farm dans le Maryland, raconte la bibliothèque présidentielle Woodrow Wilson. Le troupeau doit aussi montrer que la famille présidentielle se serre la ceinture comme le pays.
En trois étés, le troupeau grimpe à 48 têtes. Sa laine devient une collecte : deux livres (environ 900 grammes) partent vers chaque État, où le gouverneur mène les enchères. « D’après ce que j’ai entendu des enchères, la moins chère était à 100 dollars la livre et la plus chère à 5 000 dollars la livre », rapporte Grayson. La Croix-Rouge encaisse entre 50 000 et 52 000 dollars.
L’expérience a ses ratés, que détaille le site DCist. Le bruit des automobiles effraie les bêtes, et certaines attrapent une pneumonie. La pelouse arrière souffre tant que le troupeau doit passer devant la façade. En août 1920, les moutons sont vendus et la plupart repartent chez Woodward.
Et chez nous ?
L’éco-pâturage, c’est quoi ?
L’éco-pâturage confie l’entretien d’un parc, d’un talus ou d’une friche à des herbivores plutôt qu’aux tondeuses. Les 150 villes de 2013 ont été recensées par l’association Entretien Nature & Territoire, dont la Banque des Territoires a relayé l’enquête en 2014. Le mouton y fournit 41 % des bêtes, loin devant la chèvre (21 %). Les 350 collectivités interrogées invoquent d’abord l’environnement (45 %). L’argent ferme la marche : 16 %.
Bayonne a ouvert la voie dès 1985 : quarante chèvres et dix moutons y entretiennent un site clos d’une dizaine d’hectares. Le Havre a suivi en 2002 avec neuf ânes, puis deux bœufs Highland en 2012 pour ses terrains humides. À Besançon, 80 chèvres pâturent plus de 24 hectares. Grenoble a loué quatre brebis, un bélier et cinq agneaux pour le fort de la Bastille.
Six sites français où les bêtes remplacent la tondeuse
- Parc départemental du Sausset : 1 800 euros par hectare et par an en pâturage
- Saint-Prix : six à dix moutons sur 5 hectares (2014)
- Le Havre : des ânes depuis 2002, des bœufs Highland depuis 2012
- Besançon : 80 chèvres sur plus de 24 hectares
- Grenoble : brebis, bélier et agneaux au fort de la Bastille
- Bayonne : chèvres et moutons depuis 1985
Éco-pâturage : quel prix face à la machine ?
Au parc départemental du Sausset, en Seine-Saint-Denis, un hectare entretenu par des animaux coûte 1 800 euros par an. La fauche et le débroussaillage en coûtent 8 300, selon le guide de Bruxelles Environnement.
À Saint-Prix, dans le Val-d’Oise, l’écart fond : en 2014, six à dix moutons, loués de mai à novembre à la ferme d’Ecancourt, y entretenaient cinq hectares pour 2 600 euros par hectare et par an, contre 3 200 euros à la machine.

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Pourquoi l’économie n’arrive-t-elle pas tout de suite ?
Parce qu’il faut d’abord installer les bêtes : au Sausset, la mise de départ a atteint 10 000 euros. Une clôture coûte de 35 à 41 euros le mètre, et une chèvre en exige une d’au moins 1,80 mètre. Un abri va de 200 à 6 000 euros. S’y ajoutent trois visites vétérinaires par an, de 100 à 150 euros par animal, et un passage au moins trois fois par semaine. Selon l’enquête relayée par la Banque des Territoires, « le pâturage est rentable au bout de 5 ans » ; le Sausset, lui, économisait dès la deuxième année.
Sur dix ans, le compte bascule. En Belgique, un calcul sur dix ans donne à Frasnes-lez-Anvaing 1 600 euros pour le troupeau, achat et soins compris, contre 12 500 euros de fauche mécanique.
Éco-pâturage chez un particulier : combien de moutons pour quel terrain ?
Un seul mouton réclame au moins 1 500 m² d’herbe, et jusqu’à 6 000 m² sur un sol humide. Bruxelles Environnement mesure la charge en unités gros bétail (UGB) : un mouton vaut 0,15 UGB. Une prairie riche en supporte 1 par hectare, un terrain sec ou pauvre 0,5, un terrain humide 0,25. Un jardin de 500 m² ne le nourrit pas. Il faut aussi un point d’eau, aucun pesticide ni engrais, et personne pour nourrir les bêtes en douce.
La RTBF a posé la question dans son émission « On n’est pas des pigeons ».
Reste la déclaration. Tout détenteur de brebis, bélier, chèvre ou bouc doit se faire connaître de l’Établissement départemental de l’élevage, même pour des animaux de loisir, rappellent les Chambres d’agriculture. Chaque mouton porte alors deux repères, dont un électronique : une boucle à l’oreille ou une bague à la patte.
Questions courantes
Les moutons de la Maison-Blanche ont-ils vraiment existé ?
Oui. Des photographies de 1919 conservées par les archives de la Smithsonian montrent le troupeau sur la pelouse sud, et la Bibliothèque du Congrès conserve d’autres clichés du troupeau.
Quels animaux choisir pour l’éco-pâturage ?
Moutons et chèvres s’adaptent aux petites comme aux grandes surfaces et aux terrains accidentés, mais peu aux zones humides. Vaches et chevaux préfèrent les grands terrains plats ou vallonnés. Chevaux et chèvres s’attaquent aux broussailles.
Combien coûte un mouton à l’achat ?
Bruxelles Environnement relève 100 euros pour un mouton de Soay et 850 euros pour une agnelle.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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