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Imaginez qu’on vous appelle par votre seul nom de famille, et que plusieurs centaines d’inconnus se retournent. C’est ce qui s’est produit le week-end du 31 mai au 1er juin 2026 à Castletownbere, un port de pêche du comté de Cork, à la pointe sud-ouest de l’Irlande. Venus d’Irlande, de Boston, d’Australie et jusqu’au Mexique pour certains, 1 848 personnes portant le nom O’Sullivan ou Sullivan se sont comptées une à une sur un terrain de l’école locale, sous l’oeil d’un officiel de Guinness World Records, pour décrocher le record du plus grand rassemblement de gens du même nom de famille.
En bref
- 1 848 O’Sullivan et Sullivan comptés à Castletownbere (comté de Cork), record certifié par Guinness World Records.
- Le précédent record, 1 488 Gallagher réunis en 2007 dans le comté de Donegal, tombe après dix-huit ans.
- Plus de 3 000 personnes s’étaient inscrites, mais la pluie a découragé une partie d’entre elles.
- L’exil irlandais des « Wild Geese » a essaimé jusqu’en France, où des régiments entiers portaient ces patronymes au XVIIIe siècle.
Un record arraché sous la pluie
Le décompte a tout d’un casting familial géant. Pour être compté, chacun devait prouver son nom, carte d’identité ou passeport à l’appui, à l’entrée de la Beara Community School. Les participants passaient ensuite des tourniquets et recevaient une carte numérotée, avant un comptage final groupe par groupe sur la pelouse. « Le record actuel est de 1 488, donc avec un total de 1 848, vous êtes les détenteurs du titre Guinness pour le plus grand rassemblement de personnes du même nom », a lancé l’adjudicateur depuis une estrade, selon le récit du diffuseur public irlandais RTÉ, repris par l’AFP.
Le chiffre qui pique n’est pas tant le total que l’écart avec le tenant du titre. Pendant dix-huit ans, le record appartenait aux Gallagher, 1 488 d’entre eux réunis en 2007 à Letterkenny, dans le comté de Donegal, au nord du pays. Les O’Sullivan les dépassent de 360 personnes, comme l’a confirmé le site spécialisé IrishCentral. Plus de 3 000 namesakes s’étaient pourtant inscrits : la météo maussade du matin a tenu une partie des candidats à distance, et l’organisateur Jim O’Sullivan a reconnu avoir craint, un temps, de ne pas faire le compte.
Le choix du lieu n’a rien d’un hasard. La péninsule de Beara, où se niche Castletownbere, est présentée par les organisateurs comme le berceau du clan O’Sullivan Beare. C’est ici que se concentrent, depuis des siècles, les Sullivan et O’Sullivan du sud-ouest irlandais, l’un des patronymes les plus répandus de la région.
La séquence vaut le coup d’oeil pour mesurer ce que représente, physiquement, une foule entièrement composée d’homonymes. La vidéo officielle du rassemblement, publiée par les organisateurs, montre le comptage et l’annonce du record sur la pelouse de l’école.
On y saisit ce qu’aucun chiffre ne dit : l’ambiance de retrouvailles, entre familles venues du bout du monde et voisins qui se connaissent depuis toujours, tous reliés par les six mêmes lettres.

Quand les O’Sullivan parlaient déjà français
Reste une question que les comptes rendus anglophones n’ont pas posée : ces noms irlandais résonnent-ils quelque part en France ? Plus qu’on ne le croit. À la fin du XVIIe siècle, après la défaite des partisans catholiques de Jacques II et le traité de Limerick de 1691, des milliers de soldats irlandais prennent le chemin de l’exil vers le continent. La tradition les baptise les « Wild Geese », les oies sauvages.
Beaucoup atterrissent en France, où Louis XIV les enrôle dans une brigade irlandaise au service de l’armée royale, comme le détaille l’encyclopédie en ligne. Cette brigade alignait des régiments aux noms qui sonnent familier après le week-end de Castletownbere : un régiment d’O’Brien, un régiment de Dillon, autant de grandes familles gaéliques transplantées. Au total, le nombre d’exilés irlandais de cette vague a été estimé à environ 19 000 hommes, sans compter leurs familles.
Ces soldats ne sont pas restés des figures lointaines. Les régiments irlandais se sont illustrés en 1745 à la bataille de Fontenoy, dans l’actuelle Belgique, au prix de lourdes pertes qui leur valurent l’estime de Louis XV. Et l’intégration fut telle qu’au fil du XVIIIe siècle, ces familles se fondent dans la société française : un décret de naturalisation, vers le milieu du siècle, fait des vétérans des « oies sauvages » des sujets du roi à part entière. Aujourd’hui encore, le 92e régiment d’infanterie de Clermont-Ferrand revendique l’héritage du régiment de Walsh, l’un des derniers descendants de cette brigade.

C’est tout le sel d’un record en apparence anecdotique. Compter 1 848 personnes d’un même nom, c’est mesurer la densité d’un patronyme sur un territoire. Mais c’est aussi rappeler que ces noms ont voyagé, qu’ils ont peuplé des champs de bataille européens et des registres paroissiaux du Poitou, et qu’un O’Sullivan croisé un jour en France pourrait, sans le savoir, descendre d’une oie sauvage partie de Cork il y a trois siècles. Le clan, lui, prévient déjà les Gallagher : à eux de reprendre le titre l’an prochain.
Questions courantes
Combien d’O’Sullivan se sont rassemblés et où ?
1 848 personnes portant le nom O’Sullivan ou Sullivan se sont réunies à Castletownbere, dans le comté de Cork, au sud-ouest de l’Irlande, les 31 mai et 1er juin 2026.
Quel record ont-ils battu ?
Le record Guinness du plus grand rassemblement de personnes portant le même nom de famille, détenu depuis 2007 par 1 488 Gallagher réunis dans le comté de Donegal.
Pourquoi seulement 1 848 alors que 3 000 s’étaient inscrits ?
Plus de 3 000 namesakes s’étaient enregistrés, mais une météo pluvieuse en début de journée a découragé une partie des participants, selon les organisateurs.
Y a-t-il un lien avec la France ?
Oui, indirect : après 1691, des milliers d’Irlandais exilés, les « Wild Geese », ont servi dans la brigade irlandaise de l’armée française, où figuraient des régiments aux noms de grandes familles gaéliques comme O’Brien ou Dillon.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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