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Récit
Publié le 5 juillet 2026 · Mis à jour le 6 juillet 2026 à 16h02
Il est huit heures du matin, le gazon n’a pas encore vu un joueur, et déjà les mains s’activent. Une raquette dans l’étau, le fil qui court entre les montants, une pince qui bloque, et le rituel recommence. Quinze minutes plus tard, le cadre part rejoindre un sac, aussitôt remplacé par le suivant. Bienvenue dans l’atelier de Wimbledon, là où l’on répare l’outil des champions pendant qu’ils dorment encore.
Le geste se répète des milliers de fois pendant la quinzaine. L’atelier de Babolat, cordeur officiel du tournoi, prépare chaque année plus de 6 000 raquettes, avec des pointes à plus de 600 en une seule journée. Une usine de précision installée dans l’ombre des courts, invisible à la télévision, indispensable au premier service.
En bref
- L’atelier prépare plus de 6 000 raquettes sur la quinzaine, avec des journées à plus de 600 unités (Tennis Connected, juin 2026).
- Une équipe de 20 à 25 cordeurs venus de France, du Brésil, du Japon et des États-Unis se relaie sur trois sites.
- La tension du cordage varie de 9 à 40 kg selon les joueurs, du plus souple au plus tendu du circuit.
- Une raquette est cordée en 15 minutes en moyenne, le record personnel du chef d’atelier tombant sous les 11.
Une chaîne humaine derrière chaque service
On imagine volontiers le joueur seul face à son adversaire. La réalité est plus peuplée. De l’ouverture à la finale, une équipe internationale de 20 à 25 cordeurs professionnels travaille en continu. Ils arrivent de France, du Brésil, du Japon, des États-Unis et d’ailleurs, répartis sur les trois ateliers de Wimbledon : Aorangi Park, Raynes Park et Roehampton.
Leur mission tient en un mot : la constance. Chaque raquette d’un même joueur doit offrir un toucher identique, quelle que soit l’heure à laquelle elle a été cordée. Un écart de tension imperceptible pour vous ou nous se sent immédiatement sous la paume d’un professionnel. Un joueur peut réclamer cinq ou six raquettes cordées à l’identique pour un seul match, et changer de cadre à presque chaque casse de corde. Le cordeur garantit que la dixième raquette du sac réagira exactement comme la première.

Le rythme ne faiblit jamais. Quand la météo londonienne joue au yoyo, tout se complique : la chaleur et l’humidité modifient la tension en cours de journée, et les joueurs réclament des ajustements de dernière minute. L’atelier doit alors livrer une raquette impeccable parfois quelques dizaines de minutes avant l’entrée sur le court.
À quoi sert vraiment la tension ?
La tension, c’est la force avec laquelle les cordes sont tirées puis bloquées dans le cadre, exprimée en kilogrammes. Plus elle est élevée, plus le joueur gagne en contrôle mais perd en puissance. Plus elle est basse, plus le cordage catapulte la balle, au prix d’une précision plus difficile à dompter. Chacun cherche son équilibre.
L’écart entre les extrêmes du circuit donne le vertige. Selon le chef d’atelier Josh Newton, la tension la plus basse tourne autour de 9 kilogrammes, la plus haute atteint 40 kilogrammes. Un rapport de plus de quatre entre deux raquettes qui, vues de la tribune, se ressemblent trait pour trait. Pas de réglage universel, seulement des signatures.

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La majorité des professionnels sont passés au cordage 100 % polyester, prisé pour son effet et son contrôle. Le reste combine polyester et boyau naturel, dont le fameux Babolat VS Touch, réputé pour son toucher. Un détail de matière qui, additionné à la tension, dessine la personnalité de frappe de chacun.
Josh Newton, quinze ans à corder pour les plus grands
Le nom ne dira rien au grand public, et c’est justement le sujet. Josh Newton a passé près de quinze ans sur les circuits ATP et WTA à préparer les raquettes des cadors. Premier Américain à diriger l’équipe de cordage de Roland-Garros, il y a cordé les raquettes de Rafael Nadal l’année de son onzième titre parisien, en 2018. Aujourd’hui spécialiste cordage chez Babolat, il ramène cette expérience à Wimbledon.
Sa cadence résume le métier : une raquette en une quinzaine de minutes, record personnel sous les onze. Mais il le répète, la vitesse n’est jamais la priorité. Ce qui compte, c’est que deux raquettes d’un même joueur soient rigoureusement jumelles, qu’aucune surprise ne surgisse en plein match au moment de changer de cadre.

Les demandes des joueurs en disent long sur leurs manies. La plus fréquente : corder au plus près de l’heure du match, parfois exactement deux heures avant l’entrée sur le court, le temps que les cordes se stabilisent. D’autres soignent l’esthétique, jusqu’à la manière dont le logo est peint au pochoir sur le cordage. Rien d’anodin : ces rituels nourrissent la confiance avant le premier service.
Un savoir-faire français qui voyage
Voilà un métier qui parle un peu français. Babolat est une maison lyonnaise fondée au XIXe siècle, pionnière du cordage puisqu’elle produisit dès 1875 les premières cordes de boyau naturel pour raquettes, et plusieurs cordeurs de l’équipe sont hexagonaux. Ce savoir-faire d’atelier, précis et discret, voyage d’un Grand Chelem à l’autre, de Paris à Londres. On ne le remarque jamais tant que tout va bien : c’est le signe qu’il est bien fait. La prochaine fois qu’un ace fusera sur le gazon, souvenez-vous qu’il a commencé bien avant le premier service, entre les mains d’un cordeur que personne ne regarde.
Questions courantes
Combien de raquettes sont cordées pendant Wimbledon ?
Réponse courte: plus de 6 000 sur la quinzaine, avec des journées dépassant 600 raquettes.
Pourquoi la tension du cordage change-t-elle autant d’un joueur à l’autre ?
Réponse courte: parce qu’elle règle l’équilibre entre contrôle et puissance. Le circuit va de 9 à 40 kg.
Combien de temps faut-il pour corder une raquette ?
Réponse courte: environ 15 minutes en moyenne, avec des records sous les 11 minutes. La régularité prime sur la vitesse.
Qui sont les cordeurs de Wimbledon ?
Réponse courte: une équipe de 20 à 25 professionnels venus de France, du Brésil, du Japon et des États-Unis, répartis sur trois ateliers du tournoi.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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