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Le 5 août, pour ouvrir sa 108e édition, le stade Hanshin Koshien n’a programmé qu’un seul match, à 17h30. Pas faute de candidats : parce qu’en août, à Nishinomiya, il fait trop chaud pour enchaîner quatre rencontres en plein soleil. Le tournoi national de baseball lycéen japonais a donc démarré au ralenti, et le pays s’est arrêté quand même pour le regarder.
Il se joue du 5 au 22 août, dix-huit jours en comptant les journées de repos. Quarante-neuf lycées le disputent, un par préfecture, deux pour Hokkaido et deux pour Tokyo. C’est le bout d’un entonnoir dont le début donne le vertige.
3 662 lycées au départ, 49 à l’arrivée
La fédération japonaise de baseball lycéen a arrêté ses comptes avant l’été : 3 662 lycées inscrits aux qualifications préfectorales, alignant 3 363 équipes. L’écart entre les deux nombres raconte le Japon des campagnes : des établissements trop petits pour réunir neuf joueurs se regroupent et présentent une équipe commune. En Aichi, 174 équipes se sont disputé un billet ; à Tottori, 21.
Pour donner un ordre de grandeur lisible ici, nous avons croisé ce décompte officiel avec celui de l’éducation nationale : la France compte 3 700 lycées et EREA, public et privé confondus, en 2024-2025. Autrement dit, le Japon a inscrit à un seul tournoi d’été l’équivalent de la quasi-totalité du parc de lycées français. Et il n’en reste que 49 : une place pour 68,6 équipes engagées.
| Étape | Nombre |
|---|---|
| Lycées inscrits aux qualifications préfectorales (2026) | 3 662 |
| Équipes engagées, regroupements compris | 3 363 |
| Préfecture la plus fournie : Aichi | 174 équipes |
| Préfecture la moins fournie : Tottori | 21 équipes |
| Places au tournoi final, à Koshien | 49 |
| Équipes par place qualificative (calcul Actu Alt Plus) | 68,6 |
| Lycées et EREA en France, public et privé (2024-2025) | 3 700 |
Ces qualifications se jouent par élimination directe, devant les familles et le lycée au grand complet. Une défaite, et la saison s’arrête là.

Un stade de 47 000 places, deux chaînes nationales
Le décor pèse lourd dans le mythe. Le stade a ouvert le 1er août 1924 et affiche aujourd’hui environ 47 400 places. Le tournoi, lui, existe depuis 1915 et s’y est installé en 1924, dont il a fêté le centenaire en 2024. Perdants, les joueurs ramassent une poignée de la terre de l’aire intérieure et l’emportent dans un sac : le geste est devenu rituel, une façon d’honorer la défaite plutôt que de l’escamoter.
Côté antenne, la NHK diffuse tous les matchs en direct, sur sa chaîne généraliste et sur sa chaîne éducative, plus la radio et le rattrapage en ligne. Les audiences suivent : la finale du 23 août 2023 a réuni 20,0 % des foyers du Kanto en moyenne, avec un pic instantané à 27,5 % au moment du dernier retrait (mesure Video Research, données provisoires). Pour des joueurs de 16 à 18 ans.
2026, l’année où la vidéo entre au Koshien
C’est la nouveauté de l’été. Validée en avril par le conseil directeur de la fédération, testée le 28 juin sur le terrain, la vérification vidéo s’applique officiellement depuis le 5 août. Le champ est balisé : limites du terrain, jeux de force et de touché, prises et non-prises, erreurs de course. Les balles et les prises annoncées restent hors sujet. Une équipe envoie un messager au marbre, l’arbitre principal accepte ou non, et chaque camp n’a qu’une demande pour neuf manches (non décomptée si la décision est renversée). La fédération invoque les précédents professionnels : la MLB depuis 2014, la ligue japonaise depuis 2018.
À ne pas confondre avec l’autre nouveauté, souvent présentée comme jumelle : le batteur désigné est entré dans les règles spéciales dès le tournoi de printemps 2026, justifié par la charge des lanceurs et le temps de jeu des remplaçants.
Le contre-champ : des bras d’adolescents et 35 degrés
Le Koshien traîne une critique ancienne, et elle est documentée. Un lanceur de 17 ans y a longtemps enchaîné des matchs entiers en quelques jours. Depuis, le nombre de lancers est plafonné à 500 sur sept jours, d’abord à l’essai puis inscrit dans les règles ; le comité médico-scientifique de la fédération s’appuie sur le suivi de 875 lanceurs, qui montre une hausse des douleurs d’épaule et de coude au-delà de 400 lancers cumulés.
La chaleur, elle, a imposé son propre calendrier. Le tournoi a étendu à dix journées son système en deux parties, matin puis fin d’après-midi, avec remplacement du public entre les sessions. La pause fraîcheur, apparue en 2023, dure huit minutes depuis 2025 : température corporelle prise, maillot changé, boisson de récupération. Sur place chaque jour : deux médecins, deux infirmiers, un orthopédiste et une douzaine de kinésithérapeutes.
Rien de tel en France, où le sport scolaire de l’UNSS remplit des gymnases sans jamais occuper deux chaînes nationales pendant dix-huit jours. La comparaison la plus proche reste un grand rendez-vous adulte, pas un championnat de lycées. Au Japon, l’inverse est vrai : le tournoi le plus regardé de l’été n’a pas de professionnels, seulement des jardiniers qui ratissent la terre entre deux manches et des adolescents qui en repartent avec un sac plein.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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