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Récit
Trois fois, le match s’arrête. Un joueur penché en avant, du coton dans le nez, pendant que l’arbitre temporise et que l’adversaire s’agace. Sur le Court 18 de Wimbledon, Arthur Fery saigne, remonte deux manches de retard, et continue d’avancer.
En dix jours, ce gaucher né à Sèvres a fait basculer une carrière discrète. Son quart de finale lui garantit déjà au moins 480 000 livres, quand toute sa carrière lui avait rapporté environ 650 000 livres avant le tournoi, rapporte ESPN. Ce mercredi 8 juillet, il défie l’Italien Flavio Cobolli pour une place dans le dernier carré.
En bref
- Un seul tournoi lui rapporte plus que toute sa carrière : 480 000 £ garanties en quart, contre environ 650 000 £ amassées jusqu’ici, selon ESPN.
- Né à Sèvres, fils de Loïc Fery, président du FC Lorient : il a représenté la France avant de choisir la Grande-Bretagne.
- Classé 114e à l’entrée du tournoi, il fera son entrée pour la première fois dans le top 100.
- Trois saignements de nez pendant sa victoire en cinq sets contre Zizou Bergs, remontée de deux manches et de 4-1 dans la cinquième.
Le gamin de Sèvres que la France a laissé filer
Tout part d’une banlieue parisienne. Fery naît à Sèvres, grandit d’abord côté français, puis traverse la Manche enfant. Sa mère, ancienne joueuse du circuit professionnel passée par Roland-Garros au début des années 1990, est membre de longue date de l’All England Club, où il tape la balle depuis tout petit. Son père, Loïc Fery, préside le FC Lorient, en Ligue 1.
Le garçon grandit à Wimbledon, étudie au King’s College School voisin, avant de filer à l’université Stanford, aux États-Unis. Longtemps, il porte les couleurs de la France. Puis il bascule vers la Grande-Bretagne. Aujourd’hui, il tranche sans hésiter : il se sent, dit-il, complètement britannique. La fédération l’a aidé, il s’entraîne au centre national, il rentre chez lui en cinq minutes après chaque match. La France, elle, a regardé partir un joueur qu’elle a formé.

Ce n’est pas la première fois que ce coin du sud-ouest londonien produit de belles histoires. Nous vous avions déjà emmenés dans les coulisses de Wimbledon, là où se joue une part invisible du tournoi.
Dix jours qui rebattent une carrière
Le bond est vertigineux. Fery finissait 2025 au 198e rang mondial. Il arrive à Wimbledon 114e, sans avoir jamais dépassé le deuxième tour d’un Grand Chelem, détaille ESPN. En atteignant les quarts, il gagne au moins 51 places et entre dans le top 100, ce qui lui évitera désormais les tournois Challenger et les qualifications.
L’argent suit la même courbe folle. Le tableau ci-dessous compare deux chiffres qui, mis côte à côte, disent tout de ce parcours : ce que Fery a gagné en cinq saisons, et ce qu’un seul tournoi lui garantit aujourd’hui.

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Et ce n’est peut-être pas fini. En cas de victoire mercredi, il pourrait grimper jusqu’à la 31e place mondiale. En face, Cobolli n’a rien d’un cadeau : neuvième tête de série, environ 6,3 millions de livres de gains en carrière, finaliste du dernier Roland-Garros. Fery mène pourtant leur duel personnel un à zéro, pour l’avoir battu à Melbourne en début d’année.
Le corps qui lâche quand la tension monte
Reste ce détail improbable qui a fait le tour des courts : les saignements de nez. Ils sont revenus trois fois lors de sa victoire fleuve contre le Belge Zizou Bergs, quatre heures et demie de combat conclues au super tie-break, raconte Sky Sports. Temps morts médicaux, coton dans le nez, adversaire qui s’impatiente auprès de l’arbitre.
Fery en parle avec un flegme désarmant : le problème est arrivé, dit-il, à des moments où il ne voulait surtout pas s’arrêter, quand l’élan était de son côté. Il compte s’en occuper une fois le tournoi terminé. Il faut dire que l’homme connaît le Court 18 par cœur : gamin de sept ans, il était dans les tribunes lors du fameux Isner contre Mahut, le plus long match de l’histoire.

Ce mercredi, il montera sur un grand court, porté par un public qui a adopté son histoire. Le gosse de Sèvres n’a plus rien à perdre. Et pour un tennis qui aime les trajectoires droites et les corps parfaits, voir un joueur avancer malgré le sien qui flanche a quelque chose de réjouissant, comme ce tennis hors normes qui refuse les cases.
Questions courantes
Arthur Fery est-il français ou britannique ?
Né à Sèvres, il a d’abord représenté la France avant de choisir la Grande-Bretagne, pour laquelle il joue désormais. Il dit se sentir aujourd’hui complètement britannique.
Combien lui rapporte ce parcours à Wimbledon ?
Au moins 480 000 livres garanties par sa place en quart de finale, contre environ 650 000 livres amassées sur toute sa carrière avant le tournoi.
D’où viennent ses saignements de nez ?
Ils sont récurrents et sont survenus trois fois lors de sa victoire contre Zizou Bergs. Fery indique qu’il compte traiter le problème après le tournoi.
Contre qui joue-t-il son quart de finale ?
Contre l’Italien Flavio Cobolli, neuvième tête de série, ce mercredi 8 juillet.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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