![]()
Dans l’IRM, le patient lève la jambe tendue et la douleur de son dos se réveille. Chez 114 lombalgiques chroniques, ce geste a allumé le réseau du mode par défaut, la zone du cerveau qui travaille quand on pense à soi. L’équipe de Fadel Zeidan, à l’université de Californie à San Diego, publie ce résultat dans le British Journal of Anaesthesia (communiqué de UC San Diego, 5 octobre 2026).
Le résultat éclaire un glissement propre aux douleurs qui durent : la crise touche aussi à l’identité. En France, 84 % des personnes ont eu, ont ou auront une lombalgie (Assurance Maladie, janvier 2026).
Citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Un réseau qui s’éteint d’habitude face à la douleur
Le réseau du mode par défaut (DMN, pour default mode network) relie des régions des lobes frontaux, pariétaux et temporaux. Il s’active quand on réfléchit à soi-même, à son identité ou à ses sensations intérieures, plutôt qu’au monde extérieur. D’où son surnom de « réseau du soi ».
Pour isoler l’effet, les chercheurs ont appliqué aux mêmes volontaires une chaleur douloureuse sur le mollet. Face à cette douleur aiguë, le réseau s’est éteint. Pendant la crise de dos déclenchée par la jambe levée, il s’est allumé. L’activité cérébrale était suivie par marquage de spins artériels, une IRM fonctionnelle qui mesure le débit sanguin.
« Dans toutes les études sur la douleur, le DMN se désactive quand on a mal. Nous montrons pour la première fois que lors d’une crise, il s’allume au contraire. On commence à identifier l’expérience à ce que l’on est. »
Fadel Zeidan, professeur d’anesthésiologie (UC San Diego)
Deux autres mesures vont dans le même sens. Plus la douleur chronique était sévère, plus le réseau était connecté au cortex somatosensoriel primaire. C’est la région qui traite les sensations venues du dos. La hausse du rythme cardiaque pendant le test suivait aussi l’intensité de la crise.
Une douleur ancrée dans le cerveau, donc bien réelle
Une crise qui modifie l’activité du cerveau et accélère le cœur laisse des traces mesurables. Pour les patients, le message a de quoi soulager : leur douleur n’a rien d’imaginaire. Personne ne « s’invente » sa lombalgie.
Fadel Zeidan dirige à San Diego un laboratoire consacré à la douleur et à la pleine conscience. Son équipe travaille sur la méditation et sur la psilocybine, la molécule des champignons hallucinogènes. « Ces approches ne sont pas une solution miracle. On ne se débarrasse pas forcément de la douleur, mais on change la relation qu’on entretient avec elle, pour qu’elle ne contamine pas la vie quotidienne », explique-t-il. Son laboratoire mène plusieurs essais cliniques avec imagerie cérébrale. L’étude a notamment été financée par le centre de médecine complémentaire et intégrative des Instituts nationaux de la santé américains.
Côté médicaments, la Haute Autorité de santé réserve les opioïdes forts aux douleurs réfractaires, avec une réévaluation étroite. Sur les blessures musculo-squelettiques aiguës, une revue de 59 synthèses scientifiques leur trouvait d’ailleurs un bénéfice modeste.
Et chez nous ?
En France, bouger reste le premier traitement
La HAS parle de lombalgie chronique au-delà de trois mois de douleur. Elle rappelle que 90 % des épisodes évoluent favorablement en 4 à 6 semaines et fait de l’activité physique le traitement principal. La prise en charge doit tenir compte du corps, du moral et de la situation professionnelle.
Le travail pèse lourd dans le tableau. Un accident du travail sur cinq provoque une lombalgie, et 60 à 70 % des salariés en connaissent (INRS). L’Assurance Maladie classe la lombalgie parmi les premières causes d’arrêt de travail.
Le phénomène dépasse largement nos frontières. L’Organisation mondiale de la santé comptait 619 millions de personnes touchées dans le monde en 2020 et en attend 843 millions en 2050. Cela fait 224 millions de cas de plus, soit une hausse de 36 %. La lombalgie reste la première cause d’incapacité dans le monde (OMS).
Face à une crise, le geste recommandé par la HAS reste donc de continuer à bouger : l’activité physique favorise l’évolution favorable et limite les récidives.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Prix Nobel 2026 : dates, heures à Paris et lauréats prix par prix - 2
Nobel de physique 2026 : Francis Halzen, seul lauréat, pour les neutrinos du pôle Sud - 3
Grève Air Corsica du 9 au 16 octobre, vos droits si le vol saute - 4
Céline Dion en concert : 16 dates restantes, horaires et billets - 5
Prix Nobel : qui peut proposer un nom, gardé secret pendant 50 ans
Nos dossiers
- Océan94
- Record du monde35
- Espace43
- Histoire96
- Famille96
- Évolution85
- Pouvoir d’achat140
- Climat130
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

