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En 2024, la France a consommé plus d’antibiotiques que l’année précédente, assez pour redevenir le deuxième pays le plus consommateur d’Europe, juste derrière la Grèce. C’est le constat des dernières données de Santé publique France, et il ne reste pas dans les rapports : il finit dans votre corps, au moment précis où une bactérie banale apprend à résister au médicament censé l’éliminer. La bonne nouvelle, c’est que le levier le plus efficace tient dans une ordonnance et dans quelques réflexes que vous pouvez adopter dès la prochaine cystite ou angine.
En bref
- La consommation d’antibiotiques en ville a atteint 22,1 doses pour 1 000 habitants et par jour en 2024, en hausse de 5,4 % sur un an.
- La France est repassée au 2e rang européen des plus gros consommateurs, derrière la Grèce.
- L’objectif national est de descendre à 650 prescriptions pour 1 000 habitants par an d’ici 2027, contre plus de 860 aujourd’hui.
- Pour la bactérie la plus fréquente des cystites, 7 % des cas résistent déjà aux antibiotiques urinaires récents.
Reprenons depuis le chiffre qui fâche. Exprimée en doses définies journalières, l’unité de référence qui permet de comparer les pays entre eux, la consommation en secteur de ville a atteint 22,1 doses pour 1 000 habitants et par jour en 2024, soit 5,4 % de plus qu’en 2023. Côté prescriptions, la hausse est de 4,8 %, avec plus de 860 ordonnances d’antibiotiques pour 1 000 habitants sur l’année. Autant dire que le léger reflux observé en 2023 ne s’est pas confirmé : la France a retrouvé ses niveaux d’avant la pandémie de Covid-19.

Ce que la surconsommation fabrique, dans votre corps
L’antibiorésistance n’est pas une abstraction de laboratoire. C’est ce qui arrive à une bactérie quand elle croise un antibiotique trop souvent, à trop faible dose ou pour rien : elle développe une parade, puis la transmet à ses voisines. L’Assurance maladie le rappelle sans détour : une fois acquise, cette résistance ne disparaît plus, elle se diffuse jusqu’à ce que le médicament devienne inutile contre toute une famille de bactéries.
Les exemples ne sont pas exotiques, ce sont vos infections les plus banales. La cystite, d’abord. La bactérie le plus souvent en cause, Escherichia coli, est résistante depuis longtemps à l’amoxicilline, l’antibiotique le plus prescrit. Pire, dans 7 % des cas, elle résiste désormais aux céphalosporines de troisième génération, des molécules pourtant plus récentes. Pour Klebsiella pneumoniae, une autre bactérie urinaire, ce taux montait à 16 % en 2017, contraignant les médecins à sortir des antibiotiques de dernier recours. Concrètement, cela veut dire des symptômes qui durent, des rechutes, parfois une hospitalisation pour une infection qui se soignait hier en quelques jours.
Le coût n’est pas que théorique. En France, en 2015, environ 125 000 infections à bactéries multirésistantes et plus de 5 500 décès ont été attribués à ces résistances. La résistance n’attend pas non plus les antibiotiques humains : entre 2013 et 2023, l’exposition des animaux d’élevage a baissé de 40,8 % grâce aux plans Écoantibio, preuve qu’agir sur la consommation déplace réellement l’aiguille. Chaque ordonnance évitée quand elle n’est pas nécessaire est une dose de pression en moins sur ces bactéries.
Le deuxième rang d’Europe, et l’objectif que la France rate encore
Pour situer la France, il faut sortir du miroir national. À l’échelle de l’Union, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (l’ECDC) mesure chaque année la même unité, ville et hôpital confondus. En 2024, la moyenne européenne s’établissait à 20,3 doses pour 1 000 habitants et par jour, avec un écart du simple au triple entre le pays le plus sobre, autour de 9,8 doses, et le plus consommateur, près de 29,9. La France se range nettement dans le haut du tableau, au deuxième rang derrière la Grèce. Le tableau ci-dessous met ces repères côte à côte.
| Repère | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Consommation en ville, France, 2024 (doses pour 1 000 hab./jour) | 22,1 | Santé publique France, données 2024 |
| Évolution sur un an (2023 à 2024) | +5,4 % | Santé publique France, données 2024 |
| Prescriptions, France, 2024 (pour 1 000 hab./an) | plus de 860 | Santé publique France, données 2024 |
| Objectif national de prescriptions d’ici 2027 | 650 pour 1 000 hab./an | Stratégie nationale antibiorésistance (SPF) |
| Moyenne européenne, 2024, ville et hôpital (doses/1 000 hab./jour) | 20,3 (de 9,8 à 29,9 selon les pays) | ECDC, rapport ESAC-Net 2024 |
| Rang européen de la France | 2e consommateur, derrière la Grèce | Santé publique France et Assurance maladie |
| La moyenne européenne (ECDC) additionne ville et hôpital, alors que les chiffres français cités portent sur le secteur de ville : les valeurs ne sont pas directement superposables, mais situent les ordres de grandeur. | ||

L’objectif fixé par la Stratégie nationale de prévention des infections et de l’antibiorésistance est clair : passer sous les 650 prescriptions pour 1 000 habitants par an d’ici 2027. Avec plus de 860 ordonnances en 2024, la marche reste haute. Une partie de la hausse récente s’explique par une saison hivernale chargée et par des prescriptions chez les enfants pour des infections le plus souvent virales, contre lesquelles un antibiotique ne sert à rien.
C’est précisément là que se loge votre marge de manœuvre. Un antibiotique n’agit que sur les bactéries, jamais sur un virus : une angine, par exemple, n’est bactérienne que dans environ 20 % des cas, et un test rapide en pharmacie ou au cabinet permet de trancher en quelques minutes. Depuis le 19 juin 2024, les pharmaciens peuvent d’ailleurs délivrer certains antibiotiques sans ordonnance pour les angines et les cystites, mais uniquement après un test rapide positif. Le réflexe utile n’est donc pas de réclamer une boîte, c’est de demander si elle est vraiment nécessaire, de respecter la dose et la durée prescrites, et de rapporter les comprimés restants à la pharmacie plutôt que de les garder pour la prochaine fois.
La prochaine cystite ou la prochaine otite de votre enfant ne décidera pas, à elle seule, du sort de l’antibiorésistance en France. Mais elle pèse dans la balance, exactement comme les 22,1 doses qui ont fait remonter le pays au deuxième rang. C’est rassurant, au fond : le geste qui compte est à votre portée, et il ne coûte rien.
Questions courantes
Pourquoi la France consomme-t-elle autant d’antibiotiques ?
Plusieurs facteurs se cumulent : des prescriptions élevées en médecine de ville, des infections hivernales souvent virales traitées par antibiotique, et une habitude culturelle de prescription. En 2024, la consommation est repartie à la hausse de 5,4 %, ce qui replace la France au 2e rang européen.
Qu’est-ce que l’antibiorésistance, concrètement ?
C’est la capacité d’une bactérie à résister à un antibiotique. Elle apparaît quand le médicament est utilisé trop souvent ou mal, et une fois acquise, elle ne disparaît plus. Résultat : des infections banales deviennent plus longues et plus difficiles à soigner.
Un antibiotique soigne-t-il une angine ou un rhume ?
Pas un rhume, qui est viral. Pour une angine, l’antibiotique n’est utile que dans les cas bactériens, environ 20 % du total. Un test rapide en pharmacie ou au cabinet permet de savoir s’il est nécessaire.
Les bactéries des cystites résistent-elles déjà ?
Oui, en partie. Escherichia coli, la bactérie la plus fréquente des cystites, résiste depuis longtemps à l’amoxicilline et, dans 7 % des cas, à des antibiotiques plus récents (céphalosporines de 3e génération).
Que puis-je faire à mon niveau ?
Ne pas réclamer ni réutiliser d’antibiotiques, demander à votre médecin s’ils sont vraiment nécessaires, respecter la dose et la durée prescrites, et rapporter les boîtes entamées en pharmacie. Prévenir les infections (hygiène, vaccination) reste le meilleur moyen d’en éviter l’usage.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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