Une bénévole range des cartons de dons alimentaires dans une salle d'association

La France bénévole 2026 : 13 millions donnent leur temps, mais 500 000 piliers manquent à l’appel

Un Français sur quatre est bénévole. Derrière ce socle stable, la 21e enquête de Recherches & Solidarités montre une colonne vertébrale associative qui s'effrite, semaine après semaine.

Sommaire
  1. En bref
  2. Un Français sur quatre, un socle qui tient
  3. La colonne vertébrale qui s'effrite
  4. Qui sont-ils, et pourquoi ils s'engagent
  5. Questions courantes

Ils tiennent le stand du dimanche, la permanence du mardi soir, la maraude qui repart quoi qu’il arrive. En 2026, ils sont environ 5,2 millions de Français à donner du temps chaque semaine à une association, tout au long de l’année. Ils étaient 5,7 millions un an plus tôt. Ce demi-million de bénévoles très investis qui manque à l’appel, c’est le vrai signal de la 21e édition de l’enquête La France bénévole, publiée fin mai par Recherches & Solidarités. L’engagement, lui, ne s’effondre pas. Il se transforme, et se fragilise là où il était le plus solide.

En bref

  • La part des Français bénévoles chaque semaine passe de 11 % en 2025 à 10 % en 2026, soit environ 500 000 piliers en moins (Recherches & Solidarités, 21e édition).
  • 25 % des Français de 15 ans et plus donnent du temps à une association, soit 13 à 13,5 millions de personnes, une proportion en légère hausse depuis 2010 (23 %).
  • Les motivations restent altruistes : 85 % veulent « être utiles et agir pour les autres », 61 % s’engagent pour la cause défendue.
  • L’engagement se vit positivement (81 % citent le plaisir et l’épanouissement), mais le contexte économique et social en freine 8 %.

Un Français sur quatre, un socle qui tient

Commençons par la bonne nouvelle, car elle est réelle. Un quart des Français de 15 ans et plus donnent du temps gratuitement à une association, soit entre 13 et 13,5 millions de personnes selon l’enquête IFOP menée pour Recherches & Solidarités en janvier 2026, auprès de 3 155 personnes. Cette proportion n’a pas reculé : elle a même légèrement progressé depuis 2010, où elle s’établissait à 23 %. Sur ce total, dix millions de bénévoles agissent régulièrement, au moins une fois par mois. Le bénévolat français n’est donc pas une cause perdue, contrairement à une petite musique tenace. Il reste un fait de société massif, ancré dans les territoires, que la plupart d’entre nous côtoyons sans toujours le nommer.

Deux bénévoles distribuent des boissons chaudes lors d'une maraude en soirée
Les engagements réguliers, cœur du fonctionnement quotidien des associations.

Mais un chiffre stable peut cacher un basculement. Derrière ces 25 %, les façons de s’engager, elles, bougent beaucoup. Et ce mouvement dessine deux France du bénévolat qui s’éloignent l’une de l’autre.

La colonne vertébrale qui s’effrite

C’est l’expression qu’emploient les auteurs pour désigner ceux qui s’engagent chaque semaine : la « colonne vertébrale » des associations, celles et ceux sans qui la porte n’ouvre pas. Or cette part recule. Elle représentait 12,5 % de la population en 2010, 11 % encore en 2025, et tombe à 10 % en 2026. En volume, cela fait passer ce noyau dur de 5,7 à 5,2 millions de personnes en un an, soit environ 500 000 bénévoles très investis en moins. Le repli n’est pas anodin, car ce sont ces engagements réguliers qui font tourner les permanences, les entraînements, les distributions alimentaires.

Part des Français bénévoles chaque semaine dans une association : 12,5 % en 2010, 11 % en 2025, 10 % en 2026
Graphique Actu Alt Plus. La colonne vertébrale des associations s’érode : le noyau des bénévoles hebdomadaires passe sous la barre des 10 %. Source : Recherches & Solidarités, La France bénévole 2026.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Dans le même temps, l’engagement ponctuel progresse : 4,5 % des Français s’y adonnaient en 2010, ils sont 6 % en 2026. On donne un coup de main sur un événement, une collecte, un festival, puis on repart. Cette mobilité nouvelle correspond à des vies plus contraintes et à une envie d’agir concrètement sans s’enchaîner à un mandat. Pour les associations, elle est à double tranchant : plus de bras disponibles, mais moins de continuité.

Qui sont-ils, et pourquoi ils s’engagent

Le portrait des bénévoles hebdomadaires reste marqué : parmi eux, 58 % sont des hommes et 42 % des femmes. Les motivations, elles, tiennent bon et restent largement tournées vers les autres. Interrogés sur ce qui les fait avancer, 85 % des bénévoles répondent vouloir « être utiles et agir pour les autres », et 61 % citent la cause défendue par leur association. Le bénévolat apparaît d’abord comme une manière d’agir, bien plus que comme un engagement militant. Cette année, l’enquête s’est aussi penchée pour la première fois sur les émotions ressenties : elles sont très majoritairement positives, 81 % évoquant le plaisir et l’épanouissement, avec des ressentis plus intenses chez les plus jeunes.

Reste que le contexte pèse. Les incertitudes économiques et sociales agissent comme un moteur pour certains, mais découragent 8 % des bénévoles. Surtout, l’étude pointe une « fracture associative » qui se creuse : les personnes les moins diplômées, souvent les plus exposées aux difficultés, s’engagent moins chaque semaine qu’auparavant. L’engagement associatif reproduit ainsi, à sa manière, des inégalités qu’on aurait aimé le voir combler. Cette logique d’entraide, on la retrouve chez les grands réseaux de solidarité, comme lors des campagnes des Restos du Cœur qui misent de plus en plus sur les jeunes.

Une salle de club sportif associatif vide, matériel posé sur un banc
Un demi-million de bénévoles hebdomadaires en moins : ce sont ces places-là qui se vident.

Ce que raconte au fond cette édition, c’est une générosité intacte dans son intention, mais qui a de plus en plus de mal à s’inscrire dans la durée. Les associations le savent : accueillir un renfort d’un jour ne remplace pas celui qui revient chaque semaine depuis dix ans. Le prochain défi ne sera pas de trouver des volontaires, ils sont là. Ce sera de leur donner envie de rester.

Questions courantes

Combien de bénévoles en France en 2026 ?
Entre 13 et 13,5 millions de Français de 15 ans et plus donnent du temps à une association, soit un sur quatre (25 %), selon l’enquête IFOP menée pour Recherches & Solidarités en janvier 2026. Parmi eux, dix millions s’engagent au moins une fois par mois.

Le bénévolat recule-t-il en France ?
Le taux global d’engagement est stable, voire en légère hausse depuis 2010. Ce qui recule, c’est le bénévolat le plus régulier : la part des Français engagés chaque semaine passe de 11 % en 2025 à 10 % en 2026, soit environ 500 000 personnes de moins.

Pourquoi les gens deviennent-ils bénévoles ?
Les motivations restent altruistes : 85 % veulent être utiles et agir pour les autres, 61 % s’engagent pour la cause défendue par leur association. Le bénévolat est vécu très positivement, 81 % citant le plaisir et l’épanouissement.

Qu’est-ce que la « colonne vertébrale » des associations ?
C’est le terme employé par l’étude pour désigner les bénévoles qui s’engagent chaque semaine, tout au long de l’année. Ils font fonctionner les permanences et les activités au quotidien, et leur nombre est passé de 5,7 à 5,2 millions entre 2025 et 2026.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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