Enfants assis en cercle dans une salle de classe modeste, engagés dans une activité d'apprentissage par le jeu

La Fondation LEGO investit 97 millions de dollars pour que des enfants de zones de guerre puissent jouer et apprendre

Un partenariat de cinq ans entre la Fondation LEGO et l'IRC vise à atteindre 5 millions d'enfants en Afrique de l'Est et au Moyen-Orient grâce à des programmes d'apprentissage par le jeu. Annoncé le 27 mai 2026.

Dans le camp de réfugiés de Nakivale, dans l’ouest de l’Ouganda, les enfants apprenaient les couleurs en choisissant des mangues et des bananes pour les partager avec leurs camarades. Avant ce programme, beaucoup ne venaient plus à l’école. Certains ne comprenaient ni le swahili ni l’anglais, la langue d’enseignement. Aujourd’hui, une enseignante dit qu’ils arrivent le matin en courant. Ce type de classe, c’est ce que la Fondation LEGO et l’International Rescue Committee veulent désormais déployer à grande échelle : 97 millions de dollars sur cinq ans, annoncés le 27 mai 2026, pour que des millions d’enfants en zones de conflit aient accès à quelque chose qu’on leur a volé.

Le programme s’appelle PlayMatters. Il ne dicte pas aux enseignants ce qu’ils doivent enseigner : il leur donne des outils pour adapter leurs cours aux besoins réels d’enfants traumatisés par la guerre, les déplacements ou la famine. Des mangues en plastique pour apprendre les couleurs, des présentations orales pour reconstruire la confiance, des groupes tournants pour développer le sens des responsabilités. Ces méthodes existent depuis quelques années, mais les financements humanitaires les classaient traditionnellement comme des dépenses secondaires. L’éducation, et surtout le jeu, attendaient derrière les urgences médicales et alimentaires.

Enseignant guidant des enfants dans une activité d'apprentissage avec des objets colorés en forme de fruits
Dans les camps de réfugiés, les enseignants formés par PlayMatters adaptent leurs méthodes aux besoins des enfants déplacés.

Le droit de jouer comme premier droit

Le partenariat vise 5 millions d’enfants en Afrique de l’Est et au Moyen-Orient. Les pays actuellement ciblés incluent l’Éthiopie, le Liban, les territoires palestiniens, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, la Syrie et l’Ouganda. Mais le cadre est volontairement souple : les conflits bougent, les crises migrent, les classes de 25 élèves peuvent devenir des classes de 150 du jour au lendemain quand un camp se remplit. L’IRC doit pouvoir déplacer l’argent en temps réel sans attendre des cycles de financement rigides.

David Miliband, président de l’IRC, le formule ainsi : « Les enfants nés dans un conflit se font voler leur enfance. Mais ce qui est remarquable, c’est que si vous leur en rendez un morceau, ils en font quelque chose. » Sidsel Marie Kristensen, directrice de la Fondation LEGO, insiste de son côté sur l’urgence du contexte mondial : les aides au développement baissent partout, les États-Unis et plusieurs pays européens ont réduit leurs contributions internationales cette année. Dans ce vide, la philanthropie privée ne peut pas tout combler, mais elle peut tenir des programmes que les États abandonnent.

L’IRC et la Fondation LEGO ne se découvrent pas en 2026. En 2019, ils ont travaillé ensemble sur « Ahlan Simsim », une émission de Sesame Workshop aidant les enfants touchés par les crises syrienne et rohingya. Ce nouveau partenariat à 97 millions de dollars est d’une autre ampleur. Il s’ajoute à un engagement séparé de 30 millions de dollars avec le réseau Co-Impact pour des solutions locales en matière d’éducation et de bien-être des enfants dans des contextes de crise.

Radio portative dans un habitat modeste, outil d'accès à l'éducation pour les enfants isolés
Au Soudan du Sud, les inondations coupent les routes six mois par an. La radio devient alors la seule fenêtre sur l’école.

La radio au Soudan du Sud, les émotions en Éthiopie

Certains dispositifs du programme illustrent à quel point « éducation en zone de guerre » n’est pas une abstraction. Au Soudan du Sud, les inondations rendent les routes impraticables pendant six mois par an. Des émissions de radio, diffusées dans plusieurs langues locales, permettent aux enfants de continuer à apprendre depuis chez eux. En Éthiopie et en Tanzanie, une émission radiophonique aide les enfants à nommer leurs émotions, avec des personnages culturellement familiers. Nommer ce qu’on ressent quand on a vécu un bombardement, c’est déjà une forme d’apprentissage que l’école classique ne peut pas toujours offrir.

Martin Omukuba, directeur du projet PlayMatters, rappelle que « faire entrer les enfants dans l’éducation » suppose d’abord de s’assurer qu’ils sont en vie et stabilisés. Le financement flexible de la Fondation LEGO permet à l’IRC de couvrir des besoins qui ne rentrent pas dans les cases habituelles, du matériel sanitaire à la nutrition, quand la situation l’exige. Cette fluidité est ce qui permet au programme de fonctionner là où les autres s’arrêtent.

En France, plusieurs ONG actives dans l’aide à l’enfance et l’éducation en situation d’urgence, comme Aide et Action ou Solidarité Laïque, travaillent sur des approches similaires. Le principe du jeu comme vecteur d’apprentissage n’est pas nouveau en pédagogie, mais son application systématique dans des contextes humanitaires reste rare et sous-financée. Ce que ce partenariat rend visible, c’est la valeur de long terme d’une enfance où le cerveau a pu apprendre, jouer et se reconstruire, même au milieu du chaos.

Pour les enfants de Nakivale, de Damas ou de Juba, il ne s’agit pas d’un programme de bien-être optionnel. Il s’agit de savoir si, dans vingt ans, ils auront un bagage pour construire quelque chose.

En bref

Qui finance et qui met en oeuvre ce programme ?
La Fondation LEGO finance à hauteur de 97 millions de dollars sur cinq ans. L’International Rescue Committee (IRC) met en oeuvre le programme PlayMatters sur le terrain, dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est et du Moyen-Orient.

Qu’est-ce que l’apprentissage par le jeu dans ce contexte ?
Ce n’est pas du jeu libre. C’est une méthode structurée où les enseignants utilisent des activités concrètes, partage de fruits en plastique, jeux de groupe, presentations orales, pour enseigner les mêmes matières scolaires, mais adaptées aux enfants traumatisés et souvent multilingues.

Combien d’enfants sont visés ?
5 millions d’enfants en Afrique de l’Est et au Moyen-Orient, dans des pays comme l’Éthiopie, le Soudan du Sud, la Syrie, l’Ouganda ou le Liban.

Pourquoi le programme est-il décrit comme flexible ?
Les crises évoluent vite. Une classe peut passer de 25 à 150 élèves en quelques jours. L’IRC doit pouvoir réorienter les fonds selon les besoins, sans attendre des cycles d’approbation longs.

C’est la première collaboration entre les deux organisations ?
Non. En 2019, elles avaient déjà travaillé ensemble sur l’émission Ahlan Simsim, aidant les enfants touchés par les crises syrienne et rohingya.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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