Un jeune enfant passe un test de vue dans une salle de classe de maternelle

Dépistage en maternelle : un enfant sur quatre a un vrai trouble de la vue ou du langage

Une expérimentation menée directement à l'école a repéré des milliers de petits jamais examinés. Chez un quart d'entre eux, un trouble à suivre. Ce que cela change pour les parents.

En bref

Publié le 4 juillet 2026 · Mis à jour le 6 juillet 2026 à 16h01

À retenir

  • Sur l’année scolaire 2024-2025, 18 100 enfants de maternelle ont été dépistés pour la vue et 11 200 pour le langage, directement à l’école (Assurance Maladie, 2 juillet 2026).
  • Pour chaque dépistage, un enfant sur quatre présentait un trouble à suivre.
  • Chaque année, près d’un enfant sur quatre en petite section n’a pas de bilan de santé de la PMI.
  • L’Assurance Maladie propose de généraliser ce dépistage dès la maternelle.

Pourquoi ça compte

Un souci de vue ou de parole passe souvent inaperçu à cet âge : l’enfant ne sait pas qu’il voit ou entend autrement. Repéré tôt, un défaut de vision ou du langage se corrige bien mieux qu’à sept ans, avant que les apprentissages ne se compliquent.

L’Assurance Maladie a rendu ces chiffres publics le 2 juillet, dans son rapport annuel. L’idée de l’expérimentation était simple : aller vers les enfants là où ils sont déjà, en classe, plutôt que d’attendre que les familles poussent la porte d’un cabinet. Sur une année scolaire, des milliers de petits ont ainsi été examinés pour la vue, des milliers d’autres pour le langage. À chaque fois, le même constat : un enfant sur quatre concerné par un trouble bien réel, à prendre en charge.

Ce qui frappe, c’est que ces enfants allaient à l’école comme les autres. Un petit qui plisse les yeux, se rapproche du tableau ou bute sur certains mots, on met souvent cela sur le compte du caractère ou de l’âge. Le dépistage, lui, tranche.

Salle de classe de maternelle calme avec petit mobilier et matériel pédagogique
Le dépistage se fait désormais là où les enfants passent leurs journées : à l’école.

Derrière ce résultat se cache une faille connue. Chaque année, près d’un enfant sur quatre en petite section ne bénéficie pas du bilan de santé de la PMI, ce rendez-vous censé justement repérer ces troubles autour de 3 ou 4 ans. Assuré par les services de Protection maternelle et infantile, il reste le principal filet avant le CP. Mais, faute de moyens ou d’une couverture homogène sur le territoire, il ne touche pas tous les enfants.

Nombre d'enfants de maternelle dépistés pour la vue et le langage sur l'année scolaire 2024-2025, et part présentant un trouble à suivre.
Graphique Actu Alt Plus. Source : Assurance Maladie, rapport Charges et Produits 2027.
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Le graphique le dit d’un coup d’oeil : le dépistage de la vue a concerné le plus grand nombre d’enfants, celui du langage un peu moins, et dans les deux cas, la même proportion d’un quart bascule vers un suivi.

Pourquoi ne pas attendre que l’enfant grandisse ? Parce que le temps joue contre nous. L’oeil se construit dans les premières années, et un défaut non corrigé peut mener à une amblyopie, cet « oeil paresseux » difficile à rattraper passé un certain âge. Corrigé tôt, avec de simples lunettes ou un cache, il se répare souvent bien. Le langage suit la même logique : accompagné avant le CP, un trouble laisse l’enfant aborder la lecture sur un terrain plus solide.

Un orthophoniste présente un imagier coloré à un enfant vu de dos
Repéré tôt, un trouble du langage s’accompagne avant même l’entrée au CP.

Le rapport ne se contente pas de constater : il propose de généraliser ce dépistage pour qu’il devienne systématique dès la maternelle, y compris pour ceux qui échappent aujourd’hui à la PMI. En attendant, le message aux parents tient en peu de mots. Un enfant qui ne se plaint pas ne va pas forcément bien. Le pédiatre ou le médecin traitant peut vérifier vue et langage lors d’une consultation, et orienter si besoin vers un orthoptiste, un ophtalmologiste ou un orthophoniste. Rester attentif ne veut pas dire s’alarmer : cela veut dire ne pas laisser passer, parce que ce qui se répare à quatre ans se répare rarement aussi bien à sept.

Pour aller plus loin : notre dossier complet sur l’enfance en France, notre point d’entree sur les aides, les ecrans, l’ecole et la sante des enfants.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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