
Sommaire
Panorama
Publié le 1 juillet 2026 · Mis à jour le 6 juillet 2026 à 16h00
Une chambre qu’on prépare pour un enfant qu’on ne connaît pas encore, une place à table qui n’était pas prévue, une valise posée dans une entrée. Pendant longtemps, c’est cette scène, celle de l’accueil dans une famille, qui a résumé la protection de l’enfance en France. Elle est en train de reculer. Selon le dossier publié le 30 juin par la Drees, la part des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance vivant chez une assistante familiale est passée de 56 % en 2006 à 35 % fin 2024, quand l’établissement est devenu, lui, le premier mode d’accueil. Et derrière cette bascule, ce sont 392 600 enfants et jeunes de moins de 21 ans qui étaient suivis fin 2024, soit un sur quarante.
Pour aller plus loin : notre dossier complet sur l’enfance en France, notre point d’entree sur les aides, les ecrans, l’ecole et la sante des enfants.
En bref
- La part des enfants confiés en famille d’accueil est tombée de 56 % (2006) à 35 % fin 2024, dépassée par les établissements (40 %).
- Fin 2024, 392 600 enfants et jeunes de moins de 21 ans sont suivis par l’ASE, soit 2,4 % de cette classe d’âge.
- Les départements y ont consacré 11,7 milliards d’euros en 2024, dont 42 400 euros par an et par enfant accueilli.
- Les mesures relèvent à 79 % d’une décision de justice pour les accueils, et les écarts entre territoires restent forts.
Qui sont ces 392 600 enfants
Le chiffre dit d’abord une ampleur qu’on soupçonne mal. Fin 2024, 392 600 mineurs et jeunes majeurs bénéficiaient d’au moins une mesure d’ASE, en hausse de 1,5 % sur un an. Cela représente 2,4 % de l’ensemble des moins de 21 ans, près d’un enfant ou jeune sur quarante.
Ces mesures se répartissent en deux grandes familles. Un peu plus de la moitié, 224 700 jeunes (57 %), sont accueillis hors de leur milieu de vie habituel. Une part presque équivalente, 180 800 (46 %), reçoit une action éducative à domicile, l’intervention d’un travailleur social au sein de la famille. Rien de tout cela ne relève d’un choix administratif discret : 79 % des accueils sont décidés par un juge.

La bascule silencieuse vers le foyer
C’est le mouvement le plus frappant du dossier. L’accueil chez une assistante familiale, longtemps la norme, ne concerne plus que 35 % des enfants confiés, contre 56 % à son sommet de 2006. Sur la même période, l’établissement a pris la première place, avec 40 % fin 2024, pour la troisième année consécutive.
Ce recul n’est pas idéologique, il est d’abord démographique et humain. Le métier d’assistante familiale vieillit et peine à recruter, comme le documente la Drees dans une étude de janvier 2026. Moins de familles disponibles, et une population accueillie qui a changé : les adolescents, plus nombreux, sont davantage orientés vers le foyer. L’accueil familial reste majoritaire jusqu’à dix ans, mais dès seize ans, c’est l’établissement qui domine.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Dit autrement, l’image de l’enfant placé grandissant dans une famille correspond de moins en moins à la réalité vécue. Le point où les deux courbes se croisent, au début des années 2020, marque un changement de modèle rarement expliqué au grand public.
Où va l’argent, et pourquoi c’est votre affaire
La protection de l’enfance a un coût, et il est public. En 2024, les départements y ont consacré 11,7 milliards d’euros, en hausse de 4,6 % une fois l’inflation retirée. Quatre cinquièmes de cette somme financent l’accueil des enfants hors de leur famille.
Ramené à l’enfant, cela représente une dépense moyenne d’accueil de 42 400 euros par an. Ce montant traduit ce que la collectivité met pour qu’un enfant en danger soit logé, nourri, suivi. Il varie selon les territoires : un placement en établissement coûte plus qu’un accueil familial, si bien que là où le foyer domine, la facture par enfant monte.

La carte des inégalités entre départements
Le dernier enseignement du dossier tient à la géographie. Être un enfant suivi par l’ASE ne veut pas dire la même chose selon l’endroit où l’on naît. La part de bénéficiaires parmi les moins de 21 ans varie fortement d’un département à l’autre, et seule la moitié des collectivités se situe dans une fourchette resserrée, entre 2 % et 3 %.
Ces écarts se retrouvent dans les modes de prise en charge. Un même enfant, selon sa région, aura plus ou moins de chances de grandir en famille d’accueil plutôt qu’en foyer, et la dépense engagée pour lui ne sera pas la même. Sur une compétence assurée par les départements, cette carte à géométrie variable est l’inégalité la moins visible, et sans doute la plus déterminante.
Reste, derrière les pourcentages, une réalité tenace : chacun de ces 392 600 parcours est celui d’un enfant à protéger. Les chiffres disent seulement où et comment la société s’y emploie, et à quel point cela dépend encore de l’adresse.
Questions courantes
Combien d’enfants sont suivis par l’aide sociale à l’enfance en France ?
Réponse courte: 392 600 enfants et jeunes de moins de 21 ans fin 2024, selon la Drees, soit une hausse de 1,5 % sur un an et 2,4 % de cette classe d’âge.
Pourquoi la famille d’accueil recule-t-elle ?
Réponse courte: sa part est passée de 56 % en 2006 à 35 % fin 2024, sous l’effet du vieillissement et de la pénurie d’assistantes familiales, et d’un public plus adolescent orienté vers l’établissement, désormais premier mode d’accueil (40 %).
Combien coûte la protection de l’enfance ?
Réponse courte: 11,7 milliards d’euros dépensés par les départements en 2024, soit une dépense moyenne d’accueil de 42 400 euros par an et par enfant confié.
Les enfants sont-ils placés par un juge ?
Réponse courte: majoritairement, oui. 79 % des mesures d’accueil relèvent d’une décision judiciaire, tout comme 70 % des actions éducatives à domicile.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Grève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avant - 2
L’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à Montpellier - 3
Musées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les pièges - 4
Conseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujours - 5
600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt
Nos dossiers
- France486
- Santé208
- Science207
- Prévention194
- Culture184
- Consommation178
- Biodiversité171
- IA149
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

