Petite console portable de retrogaming tenue a deux mains dans un salon

La console à 60 euros qui fait rejouer aux jeux de vos parents : comment le rétrogaming est devenu un argument de vente

Petites consoles à 60 euros, catalogues GameCube vendus avec la Switch 2, cartouches qui prennent de la valeur : le rétro n'est plus un truc de nostalgiques, c'est une stratégie commerciale.

Sommaire
  1. En bref
  2. Soixante euros pour trente ans de jeux
  3. Quand le neuf se vend grâce au vieux
  4. Questions courantes

Pour le prix de deux places de cinéma, une petite console chinoise tient dans une poche et fait tourner trente ans de jeux vidéo, ceux auxquels jouaient des adultes d’aujourd’hui quand ils avaient dix ans. Ce détail dit un basculement plus large : le rétrogaming a quitté le grenier des nostalgiques pour devenir un levier commercial, au point que les fabricants vendent leurs consoles neuves en mettant en avant les jeux d’hier. Et ce ne sont pas seulement les quadragénaires qui rachètent leur enfance : une partie de la génération qui n’a jamais vu une Super Nintendo branchée s’y est mise aussi.

En bref

  • Au Royaume-Uni, 24 % des 13-28 ans possèdent une console rétro, selon une étude de 2025 reprise par la presse spécialisée.
  • Les petites consoles d’émulation démarrent autour de 60 euros et couvrent des décennies de catalogue.
  • Sur l’occasion, la valeur d’une GameCube a grimpé de 24 % en trois ans selon le baromètre Easy Cash, jusqu’à 93 euros en moyenne.
  • En France, l’écosystème console pèse 2,554 milliards d’euros, soit 45 % d’un marché du jeu vidéo à 5,7 milliards (SELL, 2024).

Le point de bascule tient en une statistique qui surprend. Le rétro n’est plus une affaire de souvenirs personnels : selon une étude britannique de 2025 relayée par le Journal du Geek, 24 % des jeunes de la génération Z, âgés de 13 à 28 ans, possèdent une console rétro. Un sur quatre, donc, dans une classe d’âge dont une partie n’était même pas née quand la Nintendo 64 trônait dans les salons. La nostalgie n’explique pas tout : c’est YouTube et TikTok qui ont transformé ces vieilles machines en contenu désirable, entre comparatifs original contre remake et déballages de boîtes scellées.

Jeune adulte jouant sur une petite console retro, un smartphone pose a cote
Un quart des 13-28 ans britanniques possedent une console retro : les reseaux sociaux y sont pour beaucoup.

Soixante euros pour trente ans de jeux

Le segment qui explose, c’est celui des consoles portables d’émulation. Des fabricants comme Anbernic, Miyoo ou Retroid ont fait tomber la barrière du prix : la RG35XX d’Anbernic tourne autour de 60 euros et émule jusqu’à la PlayStation 1, la Miyoo Mini Plus tient dans une poche à environ 70 euros, et il faut compter 150 euros pour une Retroid Pocket 4 Pro qui grimpe jusqu’à la GameCube. Émuler, ici, signifie simplement faire tourner sur une machine récente des jeux conçus pour une console disparue, sans posséder l’ancienne. Pour moins de 100 euros, on accède ainsi à des milliers de titres couvrant trois décennies, avec une image souvent plus nette que sur les télés cathodiques de l’époque.

Cette accessibilité s’accompagne d’une zone grise. Ces consoles se vendent vides : ce sont les joueurs qui y chargent les jeux, le plus souvent des copies récupérées en ligne. Or jouer à un titre dont on ne possède pas l’exemplaire d’origine reste, en droit français, une contrefaçon, même quand le jeu n’est plus commercialisé nulle part. Le matériel, lui, est parfaitement légal ; c’est l’usage qui se tient en équilibre sur une ligne floue.

Quand le neuf se vend grâce au vieux

Le signe le plus net que le rétro est devenu sérieux, c’est qu’on s’en sert pour écouler du matériel flambant neuf. Nintendo en a fait un argument central de sa dernière console : via l’abonnement en ligne, les joueurs accèdent aux catalogues NES, SNES, Nintendo 64, et, en exclusivité sur la nouvelle machine, à la GameCube. La marque a même remis en vente une manette au design d’époque, à 69,99 euros. On s’abonne, on rachète la manette d’hier, on rejoue aux jeux d’hier sur la console d’aujourd’hui. Sony tient une stratégie comparable avec son palier le plus cher, qui propose des classiques PS1 et PS2, au compte-gouttes.

Pour mesurer à quel point ce catalogue ancien est mis en avant, regardez comment Nintendo présente lui-même l’arrivée de la GameCube sur sa dernière console : la bande-annonce officielle vend la nouvelle machine en exhibant des jeux vieux de vingt ans.

Vidéo : Nintendo France

Cette présentation officielle illustre la mécanique décrite plus haut : le rétro n’est pas un bonus discret, c’est l’argument de vente que la marque place au premier plan pour donner envie de la machine neuve.

Le commerce physique suit le mouvement. Micromania a lancé fin 2025 un service de rachat de jeux rétro déployé dans ses quelque 400 points de vente, avec plus de 700 titres référencés. Quand le premier réseau français de magasins de jeux vidéo se met officiellement à reprendre des cartouches de PlayStation 1, c’est que le marché a changé de nature. Ce basculement de l’objet démodé vers l’objet convoité, on le retrouve ailleurs dans la culture pop, jusque dans le retour ritualisé de la cassette audio et de son rembobinage au crayon.

Etagere de vieilles cartouches de jeux video et manette d'epoque exposees comme des objets de collection
Sur l’occasion, certaines consoles prennent de la valeur d’annee en annee.

Reste à mesurer le poids réel de tout cela. Les chiffres mondiaux du seul rétro circulent beaucoup, sans source d’autorité ouverte qui les confirme : tenons-nous en au documenté. En France, le marché du jeu vidéo a pesé 5,677 milliards d’euros en 2024, selon l’essentiel du jeu vidéo publié par le SELL, le syndicat des éditeurs. L’écosystème console y représente à lui seul 2,554 milliards d’euros, soit 45 % du total. C’est dans cet ensemble que le segment rétro vient se loger, porté autant par les portables à bas prix que par la spéculation sur l’occasion.

Car sur le marché de seconde main, les prix grimpent. D’après le baromètre Gaming 2025 de l’enseigne Easy Cash, repris par Boursorama, la valeur moyenne d’une GameCube a progressé de 24 % en trois ans pour atteindre 93 euros, et celle de la Game Boy Color a bondi de 45 %, passant de 65 à 94 euros. Sur la même plateforme, les ventes de consoles et de jeux de plus de vingt ans ont augmenté de 12 % en un an. Le tableau ci-dessous met en regard ces deux faces du marché, la porte d’entrée à bas coût et la cote qui s’envole.

Le rétrogaming en chiffres : la porte d’entrée à bas prix et la cote de l’occasion
IndicateurValeurSource
Console portable d’émulation, entrée de gamme (Anbernic RG35XX)environ 60 €Journal du Geek, juin 2026
Manette GameCube sans fil rééditée (abonnés en ligne)69,99 €Journal du Geek, juin 2026
Prix moyen d’une GameCube d’occasion (+24 % en 3 ans)93 €Baromètre Easy Cash 2025, via Boursorama
Game Boy Color d’occasion (+45 % en 3 ans)de 65 à 94 €Baromètre Easy Cash 2025, via Boursorama
Marché français du jeu vidéo (2024)5,677 milliards €SELL, L’essentiel du jeu vidéo
Part de l’écosystème console dans ce marché2,554 milliards € (45 %)SELL, L’essentiel du jeu vidéo

Au fond, ce retour vers le passé raconte autre chose qu’un caprice de collectionneurs. Face à des jeux récents qui réclament des téléchargements de plusieurs dizaines de gigaoctets, des mises à jour permanentes et des micro-paiements, beaucoup de joueurs redécouvrent le plaisir d’allumer une machine et de jouer tout de suite. Le secteur l’a transformé en rayon, en abonnement et en argument de vente. La prochaine console que vous verrez vantée pour ses graphismes de pointe vous promettra peut-être, dans le même souffle, de rejouer à un titre de vos quinze ans.

Questions courantes

Qu’est-ce que le rétrogaming, exactement ?
C’est le fait de jouer à des jeux vidéo anciens, généralement sortis il y a vingt ans ou plus, soit sur les consoles d’origine, soit sur des machines récentes capables de les faire tourner par émulation.

Combien coûte une console rétro portable ?
Les modèles d’entrée de gamme démarrent autour de 60 euros, comme l’Anbernic RG35XX. Pour faire tourner des jeux plus récents, jusqu’à la GameCube, il faut plutôt compter autour de 150 euros.

Est-ce légal de jouer à de vieux jeux par émulation ?
La console d’émulation est légale. En revanche, télécharger et jouer à un jeu dont on ne possède pas l’exemplaire d’origine reste, en droit français, une contrefaçon, même si le titre n’est plus vendu nulle part.

Pourquoi les vieilles consoles coûtent-elles de plus en plus cher ?
Parce que la demande dépasse l’offre disponible. Selon le baromètre Easy Cash 2025, le prix moyen d’une GameCube d’occasion a grimpé de 24 % en trois ans, jusqu’à 93 euros.

Pourquoi les fabricants misent-ils sur le rétro ?
Parce que la nostalgie fait vendre du neuf. Nintendo propose les catalogues anciens, dont la GameCube, via l’abonnement de sa dernière console, et a même réédité une manette d’époque à 69,99 euros.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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