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Ruth Webb, designer de théâtre, Amy Webb, illustratrice, et Lisa Schneidau, autrice environnementale, ont remis le 14 mai 2026 Lostwithiel sur la carte des arts de rue avec une proposition difficile à ignorer : fabriquer des géants de bois, de tissu et de papier mâché pour porter des histoires de paysages menacés.
L’histoire, racontée par The Guardian, tient dans un contraste très visuel. D’un côté, des créatures immenses qui avancent avec tambours, lanternes et cortèges. De l’autre, des matériaux pauvres, fragiles, bricolés collectivement, capables de donner une présence publique à une rivière, une lande ou une forêt.
Repère : The Lost Giants se présente comme un collectif de créateurs de « giants and beasts of disguise », né d’une tradition de fabrication de géants vieille de 35 ans à Lostwithiel, en Cornouailles. Le groupe travaille sur des ateliers, des processions et des événements où l’objet culturel n’est jamais seulement décoratif : il oblige une communauté à se rassembler autour d’un corps plus grand qu’elle.
Un géant oblige la ville à lever les yeux
Lisa Schneidau raconte au Guardian qu’au Nouvel An, les géants ont commencé à surgir de plusieurs coins de Lostwithiel avant que les habitants ne sortent de chez eux et se regroupent en une grande procession. « C’était absolument extraordinaire », dit-elle. La formule n’a pas besoin d’être gonflée : on comprend très bien l’effet d’une rue qui change d’échelle en quelques minutes.

Le collectif a été fondé en 2023 par Ruth Webb et Amy Webb, avant l’arrivée de Lisa Schneidau l’an dernier. Le portrait publié par Ffern précise leur terrain commun : des artistes de l’ouest de l’Angleterre, réunies par l’amour des géants, des bêtes de procession et de la joie du cortège.
Ruth Webb résume leur pouvoir d’une phrase utile : « Ils nous offrent une raison de nous retrouver. » Un géant demande un atelier, de la place, des matériaux, des bras pour le porter et un récit partagé. Il transforme la fabrication en événement avant même la sortie dans la rue. C’est aussi pour cela qu’il peut servir une campagne écologique : il ne distribue pas seulement un message, il force un groupe à faire corps autour de ce message.
Les matériaux restent volontairement lisibles : bois, tissu, papier mâché, carton, roseaux tressés, sisal. Le Guardian cite Old Crockern, gardien vengeur de Dartmoor, et une escouade d’animaux envoyée devant la cathédrale Saint-Paul en octobre 2024 pour demander davantage de réensauvagement sur des terres de l’Église d’Angleterre. La culture populaire sort alors de la vitrine pour entrer dans le conflit public.
Une archive pour éviter que les monstres dorment
La renaissance passe aussi par la mémoire. La page Lostwithiel Giants Archive explique que le projet rassemble des images, des coupures de presse et des souvenirs liés aux parades depuis 1990. Le site Lostwithiel Giants Archive prolonge cette collecte, avec les noms des géants, les dates, les traces et les appels aux habitants.
Ce travail d’archive compte autant que le cortège. Sans lui, le folklore devient un souvenir vague, accroché à quelques photos jaunies. Avec lui, on voit la chaîne : un premier géant nommé Peter en 1990, des ateliers, des retours, des oublis, puis une génération qui décide de ne pas laisser dormir les créatures au grenier.

L’écologie cherche un corps public
Le soutien financier vient de la Ffern Folk Foundation, qui accompagne en 2026 un nouveau projet avec un groupe environnemental. The Lost Giants doit co-créer une créature façonnée par les paysages, les écologies et les récits locaux du sud-ouest de l’Angleterre. Le collectif a lancé un appel à candidatures : il cherche des groupes capables d’expliquer pourquoi un géant serait important pour leur territoire.
La tradition britannique est plus ancienne que cette relance. Le Salisbury Museum rappelle que le géant de Salisbury, lié à une guilde de tailleurs, remonte probablement au XVe siècle. Les créatures de Cornouailles ne surgissent donc pas de nulle part : elles reprennent un vieux langage public, en le branchant sur les rivières, les landes, les bois et les communs.
À regarder dans une procession
Pour comprendre ces géants, il faut moins compter les mètres de hauteur que suivre le trajet. Qui fabrique ? Qui porte ? Où l’objet dort-il entre deux sorties ? Quelle cause accepte de se traduire par une créature fragile plutôt que par une banderole classique ? Un monstre de papier ne protège pas à lui seul une rivière, mais il donne aux habitants une forme commune, visible, photographiable, assez étrange pour que l’on demande ce qu’elle raconte.
Questions courantes
Qui sont The Lost Giants ? The Lost Giants réunit Amy Webb, Ruth Webb et Lisa Schneidau, un collectif de l’ouest de l’Angleterre qui fabrique des géants, des processions et des créatures de rue.
Pourquoi ces géants parlent-ils d’écologie ? Le collectif travaille avec des groupes locaux pour donner une forme visible à des paysages, rivières, bois ou terres menacés, sans transformer le folklore en simple décor.
La tradition de Lostwithiel est-elle récente ? La parade de Lostwithiel remonte à 1990, mais elle s’inscrit dans une histoire plus longue des géants processionnels britanniques.
La suite se jouera dans le choix du prochain groupe environnemental. Quel paysage aura besoin d’un corps ? Quelle rivière, quelle lande ou quel bois méritera que des habitants passent des soirées entières à lui fabriquer une silhouette immense, lente et impossible à ignorer ?
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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